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Accablant Rapport de la commission Santé et Hygiène de l’APW d’Alger

L’hygiène, la dernière préoccupation des APC

La ville d’Alger ploie sous les ordures. ©Yahia/ Liberté

La situation est catastrophique, voire alarmante dans la première wilaya du pays. L’on dirait même que ces communes sont “orphelines” et n’ont pas d’édile pour veiller à leur destinée.
Dans son dernier rapport, la commission santé, hygiène et protection de l’environnement de l’APW d’Alger tire la sonnette d’alarme sur l’état d’hygiène et de propreté des rues, des quartiers et des cités de la capitale. Ce compte rendu traduit, dans les faits, les visites de terrain et des réunions de travail tenues avec les responsables et les élus locaux, on s’en souvient, à l’occasion du concours de la commune la plus propre. À ce sujet, le verdict de la commission que préside Mme Oulebsir Houria à l’APW ne souffre aucune équivoque, puisqu’il est sévère à l’encontre des communes qui ont délaissé le secteur de l’hygiène et de la propreté.
Mieux, cette opinion collégiale se veut un constat suivi néanmoins d’une batterie de propositions de nature à relancer l’appareil d’hygiène qui grince dans plusieurs communes et à développer ce vecteur, moteur de l’économie verte qui occupe une place de choix dans les pays avancés.
C’est dire que la compétition intercommunale lancée au début de l’année a permis de dresser un état des lieux sans complaisance et de déceler toutes les failles dans la chaîne de la gestion inhérente à la collecte des déchets et de l’état d’hygiène. En effet, il est admis qu’au plan de l’hygiène, la situation est catastrophique, voire alarmante dans la première wilaya du pays. En ce sens, plusieurs défaillances sont signalées dans ce rapport qui constitue une première dans la wilaya d’Alger.
Des carences, il y en a à tous les niveaux, notamment en ce qui concerne le chapitre de l’hygiène, en dépit de la création d’un deuxième Epic chargé de la collecte et de la gestion de déchets dans les communes de la capitale, qui s’avèrent sales et se trouvent dans un état alarmant. L’on dirait même qu’elles sont “orphelines” et n’ont pas d’édile pour veiller à leur destinée. Sans complaisance aucune, les membres de l’APW relèvent qu’il y a des communes qui nécessitent un traitement d’urgence, sinon un remède particulier en la matière. Et pour cause, tous les voyants sont aujourd’hui au rouge. “La situation à El-Harrach, Baraki, Bordj El-Kiffan, Bouzaréah, Bab Ezzouar et Gué de Constantine est catastrophique”, lit-on dans le rapport. “Celles-ci nécessitent la mise en place d’un programme spécifique afin de rattraper les lacunes.” Les auteurs du rapport ont néanmoins diagnostiqué les raisons qui expliquent l’état déplorable dans lequel se trouvent les rues et les cités de ces six municipalités. À commencer d’abord par la forte concentration de la population dans ces communes et qui influe négativement sur l’état d’hygiène.
Des perturbations et une anarchie indescriptible sont constatées dans la chaîne de ramassage et de transport des ordures ménagères. Pis, la situation a empiré avec le manque de moyens matériels et le déficit enregistré en matière de main-d’œuvre auxquels s’ajoute la situation administrative précaire des artisans de l’hygiène. La dernière raison citée est liée au chevauchement d’attributions entre les Epic de wilaya, les communes et la prolifération des marchés informels qui produisent d’importantes quantités de déchets.
 
Les caves d’immeubles, ces nids de microbes
Pour toutes ces raisons, les membres de la commission d’hygiène recommandent en premier lieu la mise en place d’une stratégie et le suivi de la collecte des ordures, notamment dans les quartiers à forte concentration humaine qui connaissent un déficit criant en matière d’hygiène. Une opération de nettoyage des caves d’immeubles des cités, notamment celles qui relèvent des OPGI, est aussi recommandée. La reprise et l’exploitation des locaux commerciaux situés en bas d’immeuble des cités relevant des OPGI est une autre solution, du fait que ces locaux sont devenus des niches à ordures et un nid où prolifèrent les fléaux sociaux. Il est également conseillé de reprendre le programme dit “Algérie la Blanche” afin de combler le déficit.
Donc, il est impérieux d’impliquer les bureaux d’hygiène communaux (BHC) dans la stratégie globale de la gestion des déchets élaborée par la wilaya d’Alger. Une urgence d’autant préconisée par la présidente de la commission d’hygiène, qui prévoit d’ailleurs d’organiser des rencontres directes avec les artisans de la propreté et les élus locaux.  
Le renforcement des moyens matériels, notamment l’acquisition des véhicules pour les BHC est fortement souhaitée. La création d’une structure spécialisée au niveau des APC et qui s’assignera la mission de balayage des artères y est citée dans le rapport.
La commission de Mme Oulebsir recommande d’ouvrir également le marché au secteur privé, notamment pour les microentreprises qui se sont investies dans la collecte des déchets recyclables. Le rôle de Monsieur Environnement s’est taillé une place non négligeable dans le rapport. Les membres de l’APW préconisent d’abord de mettre à la disposition de Monsieur Environnement local des communes et des circonscriptions administratives, des moyens matériels tels que véhicule, bureau, téléphone, etc., tout en procédant à la régularisation de leur situation administrative, étant donné que la majorité des représentants de l’environnement sont recrutés dans le cadre du dispositif du pré-emploi.
A ce sujet, il est prôné la mise en place d’un système de contrôle de la situation de la propreté tout en mettant à la disposition des citoyens un numéro vert afin de signaler les défaillances des ouvriers sur le terrain de jour comme de nuit.  Une  prise en charge particulière et urgente des déchets spécifiques produits par les bouchers, les poissonniers et les revendeurs de volailles est relevée dans le rapport. L’on citera l’exemple de la commune d’El-Harrach, qui compte, pas moins de 54 bouchers et un abattoir. C’est à se demander où sont passés leurs déchets ? Pour se faire, il est utile de créer des microentreprises spécialisées dans l’incinération. Les membres de la commission sont arrivés à la conclusion d’inscrire la construction de nouveaux centres CET pour les communes du centre et de l’est d’Alger, puisque le CET de Hamici à Mahelma n’est plus en mesure de répondre aux besoins de la capitale. Ils ont aussi relevé que le centre d’enfouissement technique de Corso devra adapter ses horaires de travail et d’ouvertures aux besoins des transporteurs d’ordures.  En matière d’embellissement, il est recommandé d’uniformiser les mobiliers urbains qui mettront en valeur le tissu urbain de la capitale. Autre recommandation, il est recommandé la reprise et la maintenance des jets d’eau, dont la majorité sont à l’arrêt, à l’exemple de celui de Bab Ezzouar, attenant à la ligne de tramway. Les municipalités doivent s’impliquer davantage dans le  nettoyage et l’entretien aux abords des bâtiments des organismes publics, à l’instar des bureaux de poste, Sonelgaz et des salles de soins.
Pour conclure, les APC sont appelés à redoubler d’effort dans la lutte contre les chiens errants et à veiller à lutter contre la déperdition de l’AEP. Les APC doivent également mettre en place des stratégies à même d’impliquer d’une façon active, le mouvement associatif et les comités de quartier pour concrétiser les plans liés à la préservation de l’environnement et de la propreté.

H. H.


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