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Djamaa El-Barani (La Casbah)

SOS : une mosquée en péril

L’effondrement du toit de la mosquée “El barani” n’a fait aucune victime. © Liberté/Louhal N.

Cette mosquée est située sur l’avenue Taleb-Abderrahmane à Bab Jedid, soit à l’intérieur même du périmètre du secteur sauvegardé de La Casbah d'Alger.

La toiture de Djamaâ El-Barani (la mosquée de l’étranger) s'est écroulée peu après l’office de la prière d'el-maghreb, dernièrement, a déclaré l’archéologue Benlounès Omar que nous avons rencontré sur les lieux. Outre les détériorations matérielles causées à ce lieu cultuel, l’effondrement du toit de la mosquée n’a causé heureusement aucun préjudice corporel aux croyants, du fait que la chute du plafond s’était déclenchée à l’instant même où la mosquée finissait de se vider de ses fidèles. C’est dire que les Casbadjis l’ont échappé belle, du moment que l’accident a eu lieu à la hauteur du carré attenant au mihrab et au minbar de l’imam. En témoignent les vestiges de haute valeur archéologique ramassés en morceaux, classés et ordonnés avec soin aux coins de la mosquée. À ce propos, l’architecte Makhloufi Nacereddine a précisé : “Le plancher-terrasse de Djamaâ El-Barani est conçu en maçonnerie traditionnelle qui date de l’ère ottomane, à l’aide d’une enfilade de poutres que conforte un tassement de terre et que soutiennent des rondelles en bois porteuses. Seulement, l’usure du temps et surtout le déficit en matière d’entretien ont engendré le pourrissement des éléments en bois, d’où la détérioration des ancrages due essentiellement à l’infiltration des eaux et en même temps à la vétusté des poutres en bois usitées jusque-là. Autre diagnostic, l’état peu attrayant des lieux nous a permis de déceler l’épineuse difficulté liée à un cas de surcharge exercée par l’excessif poids d’une chape en béton armé, posée en dépit du bon sens et de l’interdit, sur la toiture lors de travaux de maintenance. De ce fait, la colonne a fini par céder sous le poids oppressant de la dalle en question. D’où la nécessité d’arrêter et de convenir d’une série de mesures d’urgence afin d’endiguer un tant soit peu l’infiltration des eaux pluviales à l’aide de feuilles métalliques dites TN40 et de stopper l’effondrement.” L’analyse de notre interlocuteur rejoint ainsi l’avis du DG de l’OGBEC (Office de gestion et d'exploitation des biens culturels), qui avait déclaré : “L’effondrement a été causé par le pourrissement des rondins de bois soutenant la toiture, suite aux infiltrations des eaux de pluie.” À signaler que notre interlocuteur intervient en ce moment sur divers sites de la citadelle d’Alger. Et depuis, il règne une ambiance de ruche à l’intérieur de la mosquée, où une équipe d’ouvriers s’applique à la pose d’étais en bois pour sauver ce qu’il y a à sauver, sous l’œil expert du duo archéologue et architecte qui agit pour le compte de l'OGEBC. Seulement, le mieux est que les premières mesures de confortement d’urgence au moyen d’appuis de soutènement en bois à l’intérieur et d’étais en acier rivés sur les façades principales et latérales doivent être suivies dans l’immédiat par les travaux de restauration. Et à ce propos, Omar Benlounès a précisé : “Les travaux spécifiques inhérents à la sauvegarde de lieux patrimoniaux doivent être exempts des dispositions de l’actuel code des marchés publics, qui doit être actualisé, voire amendé afin de permettre une prompt, sinon une énergique intervention là où il y a urgence, eu égard aux tracas administratifs qu’engendrent de harassantes procédures.” En effet, d’ici que l’administration ait fini d’expédier la publication de l’appel d’offres, suivie beaucoup plus tard par la procédure d’ouvertures des plis et l’élaboration du tableau comparatif des offres, le site patrimonial se sera entre-temps désagrégé bien avant le choix de l’opérateur, élu sur le tard pour la sauvegarde d’un patrimoine qui ne sera plus que ruines et poussières. L’appel sera-t-il entendu ? Donc, s’il en est une preuve, celle-ci est à chercher dans tout ce temps mis pour le lancement des travaux de sauvegarde de La Casbah. Les travaux dits d’urgence inhérent à la pose d’étais en divers îlots de La Casbah ont été livrés, il y a une année, d’où l’urgence d’être diligent dans la prise en charge de La Casbah et de Djamaâ El-Barani qui requiert l’extrême urgence de remédier au plus vite afin d’arrêter l’effondrement de ce qui reste de cette richesse nationale. Pour rappel, ce monument cultuel est situé sur l’avenue Taleb-Abderrahmane à Bab Jedid, soit à l’intérieur même du périmètre du secteur sauvegardé de La Casbah d'Alger et sous l’aile protectrice des remparts de la citadelle d’Alger, où résidait à l’époque d’El-Djazaïr El-Mahroussa (Alger la bien-gardée) le dey Hussein. Construit en 1653 de l’époque de la Régence turque d’Alger et agrandi en 1818, Djamaâ El-Barani abrita le tribunal de l’Agha, dit-on. Donc, en attendant sa réouverture, un chapiteau a été dressé dans la cour pour permettre aux fidèles de prier.


Louhal N.

 


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