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A la une / Actu-Alger

Revêtement de marbre des bouches du passage-tunnel des Facultés d’Alger

“Un crime de lèse-urbain”

Bouche du passage-tunnel, place Maurice-Audin, massacrée au marteau-piqueur. © N. L. / Liberté

“Pourquoi s’en prendre à un ouvrage qui ne demandait qu’à durer dans le temps ?”, s’interrogent les passants qui rient à la vue de la cascade de malfaçons et autres anomalies que les dernières pluies ont mises à nu.

À l’heure où l’austérité est sur les lèvres de tous les responsables, il se trouve des “rond-de-cuir” au niveau de la Darq de la wilaya d’Alger pour ordonner l’acte irréfléchi de dénaturer les rambardes des six bouches du tunnel-passage des Facultés d’Alger. L’objectif est d’autant “dépensier”, autrement puéril, puisqu’il s’agit de revêtir les murets de ces bouches en plaques de marbre.
Rien que ça et quoi qu’il en coûtera au Trésor ! Du reste, l’argent public est dilapidé au marteau-piqueur qui gâte d’horribles callosités la surface autrefois si lisse du muret de la bouche du tunnel qui est en face du siège qui abrite notre pavillon national aérien. Attiré d’abord par le boucan d’enfer du marteau-piqueur et choqué par l’“ineptie” de cette fin d’année qui coïncide avec la consommation des crédits de fin d’exercice, notre présence a attiré d’autres curieux qui s’en offusquèrent d’une “bévue” coûteuse que d’aucuns parmi les badauds qualifient de crime de lèse-urbain contre l’ameublement urbain. “Pourquoi s’en prendre à la contexture d’une balustrade qui est d’autant en bon état, donc encore solide ? D’autant que l’ouvrage est identique trait pour trait à l’îlot de la place Maurice-Audin, où s’allie l’esthétique architecturale de l’université Benyoucef-Benkhedda et l’inégalable aspect de la librairie des publications universitaires”, a déclaré ce riverain qui déplore la perte d’un pan de l’architecture haussmannienne, si préjudiciable à tout le pâté d’immeubles du boulevard Mohammed-V, notamment la relation qu’il y a en matière de similitude architecturale du siège de notre compagnie nationale aérienne qui est juste en face de l’endroit où a lieu l’outrage urbain. Questionné à ce sujet, l’ouvrier ou plutôt le saisonnier ne sait rien de ce qu’il fait, si ce n’est qu’il est émarge à l’emploi précaire qui est réservé, comme de tradition, aux jeunes chômeurs de  son âge. “Mon patron opère pour le compte de la wilaya d’Alger et j’exécute ce qu’il attend de moi. Pour le reste…”, a-t-on su d’un jeunot issue d’une vague de déperdition scolaire, où l’inculture est érigée en système. Sur ce, l’ordre fut donné à mon jeune interlocuteur d’entourer le chantier d’une clôture de fortune pour dissuader les curieux de notre genre. Pendant ce temps, la bouche du passage-tunnel d’en face n’est plus qu’une tombe, tellement la similitude est évidente avec un monument funéraire. Et c’est ainsi que l’“aventureuse” main d’un apprenti-marbrier a effacé d’un coup de truelle l’esthétique d’un ouvrage d’art haussmannien. En témoigne notre photo, où les feuilles de marbre mal taillées laissent apparaître des saillies coupantes aux angles du désormais monument mortuaire. Ce faisant, osons une question à brûle-pourpoint : faut-il rire de l’incompétence du marbrier ou blâmer le fonctionnaire qui a ordonné la perte d’un ameublement urbain qu’il est difficile de reconstituer à l’identique ? “Pourquoi s’en prendre à un ouvrage qui ne demandait qu’à durer dans le temps, sachant que l’élite de nos maçons est allée en retraite sans passer le flambeau à la jeune génération montante”, a déclaré ce riverain. Et à présent que le mal est fait, les passants rient à la vue de la cascade de malfaçons et autres anomalies que les dernières pluies ont mises à nu.


Louhal N.

 


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