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A la une / Actualité

Filière fabrication de meubles en Algérie

130 investisseurs bloqués

La restriction des importations a également impacté la filière meubles. © D.R.

L’interdiction d’importation de meubles décidée par le gouvernement n’a pas été sans conséquence sur le marché national. La mesure a engendré des perturbations dans le fonctionnement de la filière et freiné les activités de plusieurs opérateurs.
Les importateurs estiment que cette décision a été prise de manière anarchique et surprenante. Ce qui leur a valu, d’ailleurs, une perte — l’équivalent en devises — de dizaines de milliards de centimes, sommes versées en tant qu’avance à leurs fournisseurs étrangers. Dans pareilles transactions commerciales, le montant avancé, fixé entre 10 et 30% de la commande, ne sera automatiquement pas remboursé au cas où l’achat aurait été annulé. Si les pouvoirs publics avaient accordé un délai de deux à trois mois, affirment-ils, les opérateurs n’auraient pas fait perdre au pays autant de devises au moment où il en a vraiment besoin. Pis encore, la marchandise déjà dédouanée au port et celle en provenance de l’étranger dans les navires ne sera pas introduite en Algérie. “Que feront les importateurs de toutes ces marchandises ?”, se demande Bensedira Djaber, membre de la commission nationale des opérateurs spécialisés dans le mobilier, relevant de l’association des commerçants et artisans algériens (Anca). Entre-temps, les importateurs continuent de payer les surestaries à raison de 12 000 DA/ container/jour ainsi que les frais de gardiennage. Une chose est certaine, les importations de meubles, tous types confondus, sont évaluées à plus de 400 millions de dollars/an. Le classement par pays place la Chine au premier rang, suivie de la Turquie et de la Malaisie.
Par ailleurs, le dysfonctionnement constaté sur le marché, a ouvert la voie à la spéculation qui, elle-même, a donné lieu à une hausse des prix estimée en moyenne à 40%. Une chambre à coucher qui valait 200 000 DA auparavant est affichée actuellement à 280 000 DA. Une table de salle à manger avec 8 chaises, vendue à 110 000 DA est proposée à 116 800 DA.  En dépit des méfaits qu’elle a provoqués dans l’exercice de leur métier, les importateurs saluent quand même la décision “souveraine” de l’Exécutif.
Néanmoins, le ministère du Commerce aurait dû permettre aux opérateurs de constituer des stocks en attendant de trouver l’alternative à cette mesure et préparer par la même leur reconversion en fabricants. “Nous avons recensé quelque 130 importateurs qui se disent prêts à se transformer en producteurs de meubles avec leurs propres fonds”, avoue Bensedira Djaber. En revanche, cette interdiction à l’import a suscité soulagement et contentement au sein des producteurs locaux, gérants de quelque 2 000 ateliers, répartis dans diverses régions du pays. Ils fabriquent des salons, des éléments et équipements de cuisine, la bureautique (simples bureaux)… et arrivent à couvrir ainsi la demande nationale loin de toute concurrence étrangère.

Hausse de 40% des prix
Face à cette situation, la commission de l’Anca va proposer au département du Commerce lors de la réunion prévue le 20 mars prochain, d’“interdire également l’importation des salons ou de réviser à la hausse ses taxes douanières”. Pour une meilleure maîtrise de la filière notamment l’activité de chaque atelier, la commission suggère à la tutelle de créer des codes pour tout produit fabriqué, tel que cela se pratique à l’importation. En termes plus clairs, désigner sur le registre du commerce (RC), un code pour tout produit (chambre à coucher, lits, tables, chaises…) fabriqué localement. De manière plus précise, c’est de délivrer un registre du commerce suivant la spécialité de chaque fabricant et d’éliminer les RC généralistes sur lesquels est mentionné “fabricant de meubles”.  Avec une telle démarche, quand le ministère décide d’interdire un produit à l’importation, il sera en mesure de connaître les capacités de production nationales. Car, dans la fabrication des chambres à coucher, des chambres d’enfants, des lits, des tables, des chaises,… pour ne citer que ces exemples, les ateliers n’assurent que 5% des besoins nationaux. D’où la proposition de ces opérateurs de créer toute une zone industrielle spécialisée dans la fabrication de meubles. Une demande a été déposée à ce propos, auprès des services compétents de la wilaya de Boumerdès. Le wali semblait, selon eux, emballé par l’initiative. Ils sont 50 anciens importateurs qui ont déposé leurs dossiers et les fiches techniques des projets sur le bureau du wali il y a 5 mois mais, déplorent-ils, ils n’ont pas reçu de réponse à ce jour. Pourquoi toute une zone dédiée au meuble ? Les normes internationales de fabrication de ce type de produit, est-il expliqué, nécessitent une intégration ou une complémentarité de sous-traitants sur place comme cela se fait en Italie, en Espagne, en Turquie, en Chine... “Le meuble ne peut être fabriqué par un seul opérateur. Il faut qu’il y ait avec lui, des sous-traitants qui fabriquent les vitres, les accessoires en métal et en plastique, les tapisseries…”, souligne M. Bensedira. L’objectif recherché à travers cette zone, est de satisfaire la demande locale, de créer 3 000 postes d’emploi et d’en exporter l’excédent. Chaque opérateur s’est préparé pour autofinancer son projet (usine composée d’un hangar, des équipements, de la matière première…) dont le coût avoisinerait, indique-t-il, les 30 milliards de centimes. Devant la réticence des autorités, quelques opérateurs algériens se sont installés ailleurs. L’un d’eux a lancé sa propre usine dans la ville de Bursa en Turquie. Un autre a pu démarrer les travaux de réalisation de son usine en Tunisie, après avoir effectué les démarches nécessaires, accompli les procédures et obtenu un terrain en une semaine seulement. Un de leurs confrères a investi en Chine et … exporte vers l’Algérie. L’on se demande quelles seraient les raisons qui empêcheraient les autorités d’encourager ces 130 opérateurs à réaliser leurs usines en Algérie ? Comble du paradoxe, d’une part, on interdit les importations pour encourager la production nationale et, d’autre part, on bloque des projets d’investissement dans la réalisation d’usines de fabrication locale…


B. K.
 


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