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L’historien était invité par l’ONM à intervenir sur les massacres

17 Octobre : la conférence de Daho Djerbal annulée


Pour commémorer le cinquante-sixième anniversaire des massacres du 17 Octobre 1961, l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM) a invité, hier, le sociologue et historien Daho Djerbal, à animer une conférence sur cette tragédie de la guerre de Libération nationale au musée du Moudjahid, à Alger. Seulement, voilà, à la dernière minute, les organisateurs ont annoncé la “défection” de l’intervenant sans avancer aucune explication.
Cette absence inattendue du directeur de la prestigieuse revue de critique sociale, Naqd, a donné lieu à des spéculations sachant que Daho Djerbal est actuellement au centre d’une polémique après que la direction du Salon international du livre d’Alger (Sila) a annulé sa participation à une table ronde prévue de longue date à l’occasion de la 22e édition du Sila.
Le motif insinué à travers les différentes déclarations du commissaire du Sila, Hamidou Messaoudi, est que Daho Djerbal a signé le 7 septembre une déclaration appelant à l’organisation d’une élection présidentielle anticipée en raison de l’état de santé du président Abdelaziz Bouteflika, alors que l’événement littéraire se tient précisément sous son haut patronage.
Devant la faiblesse de l’argumentaire tenu par le commissaire du Sila, il en ressort, pour de nombreux observateurs, une “censure” politique qui ne dit pas son nom. Cette “interdiction”, qui frappe, au même titre, le professeur d’université Aïssa Kadri, a vite fait de sortir de leurs gonds nombre d’universitaires, notamment des  spécialistes de l’histoire coloniale, à l’image d’Olivier Le Cour Grandmaison qui s’est solidarisé en boycottant, à son tour, la plus grande manifestation culturelle d’Algérie.
S’agit-il, donc, dans le cas d’espèce, d’une nouvelle censure ? Difficile d’y répondre formellement. Pour en savoir davantage, nous avons tenté de joindre, plusieurs fois, hier, Daho Djerbal. En vain. Toujours est-il que son intervention était fort attendue et devait trouver naturellement toute sa place s’agissant en l’occurrence d’un spécialiste de la Fédération de France. Parmi le public, on a pu distinguer, notamment, la présence de Saïd Abadou, secrétaire général de l’ONM et celle d’Ali Haroun, ancien membre du Haut Comité d'État (HCE) et auteur de La 7e Wilaya. La guerre du FLN en France.
En lieu et place de la conférence de Daho Djerbal, l’assistance (composée essentiellement de moudjahidine, de policiers, de gendarmes et de douaniers en uniforme) aura droit à plusieurs témoignages de survivants des Massacres du 17 Octobre 1961 ainsi qu’un documentaire où l’on voit, une fois n’est pas coutume, Slimane Lakhdar Bentobbal, dit Si Abdallah, dit aussi “le Chinois”, évoquant ses entretiens avec le principal négociateur français des Accords d’Evian, Louis Joxe. Faut-il rappeler, en effet, que les mémoires de Lakhdar Bentobbal, rédigées par le même Daho Djerbal, restent, toujours, sous séquestre ? Tout cela pour dire que sa “défection” d’hier n’est certainement pas un détail anodin et qu’elle révèle, peut-être, une fois de plus, toute la difficulté qu’éprouve encore l’Algérie à assumer sa propre histoire.  

Mohamed-Chérif Lachichi


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