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A la une / Actualité

Le phénomène du travail au noir prend de l’ampleur

3 464 employeurs ne déclarent pas leurs travailleurs

La non-déclaration des nouvelles recrues à la Sécurité sociale par les employeurs a atteint un seuil alarmant en Algérie, à tel point que les pouvoirs publics ont buté sur des situations inextricables. Hier, le responsable du contrôle des conditions du travail au ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Mourad Yataghène, a révélé que 11 187 travailleurs ne sont pas déclarés à la Sécurité sociale.
Aussi relatif que cela puisse paraître, ce chiffre ne prend pas en considération les recrues qui exercent dans des entreprises clandestines, des ateliers cachés et chez les entreprises du secteur des services qui, souvent, recourent à l’informel pour faire fructifier leurs activités au grand dam des droits des travailleurs. M. Yataghène, qui s’exprimait au magazine L’invité de la rédaction de la Chaîne III, a révélé que ce taux ne concerne que l’année 2016 et que seulement 6 520 travailleurs ont pu être régularisés. “Durant cette période, nos services ont effectué plus de 250 000 visites qui ont touché plus de 3 millions travailleurs”, a indiqué M. Yataghène.
À ce propos, les inspecteurs chargés du contrôle des conditions du travail ont relevé que 3 464 employeurs ne déclarent pas leurs travailleurs. Concernant les entreprises réfractaires, l’intervenant a estimé que “les entreprises publiques déclarent de facto les travailleurs à la Sécurité sociale. Le problème réside plutôt au niveau des entreprises privées”. À ce propos, il dira que “la plupart de ces infractions ont été relevées dans le secteur privé, notamment au niveau des petites et très petites entreprises. Les grandes sociétés ont des traditions de gestion et assurent généralement leurs travailleurs”, estimant que “le gros du travail de contrôle devrait se situer au niveau des entreprises comptant moins de 10 employés. C’est là que nous focalisons nos contrôles”.
Par ailleurs, M. Yataghène a abordé le travail au noir des ressortissants étrangers, notamment les Chinois et les Subsahariens, qui activent dans le secteur du bâtiment et celui des services. En ce sens, il révélera que ses services ont relevé 1 710 infractions durant le premier semestre 2017. “La quasi-totalité active de manière régulière et exerce sur des chantiers identifiés dans le cadre des projets de l’État. Car le travail des étrangers est réglementé en Algérie. En revanche, nous avons trouvé 1 710 employés étrangers en infraction avec la loi, notamment des Chinois et des Subsahariens. Mais il y a toutes les nationalités.”
Cela dit, l’orateur a estimé que “certains travailleurs participent à cet état de fait. Mais en cas d’accident du travail ou de mort d’homme, la situation devient alors très compliquée, que ce soit pour l’employeur ou pour l’employé. La question est de savoir alors qui prendra en charge le sinistre ?” Du coup, il préconise que l’employé fasse valoir ses droits, et ce, en interpellant son employeur dès le début. Car la déclaration à la Sécurité sociale revêt un caractère obligatoire. Du reste, d’autres aspects seront pris en charge dans le cadre de la nouvelle loi du travail. Pour rappel, et selon l’Office national des statistiques, 4 755 000 travailleurs, sur une population active estimée à plus de 10 millions, soit 42,4%, ne bénéficient pas d’une protection et ne sont pas assurés.

FARID BELGACEM


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