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printemps berbère

40 ans de quête et de conquêtes

© Billel Zehani/Liberté

20 AVRIL - 22 FÉVRIER
Les valeurs de libertés en partage

L’histoire est affaire d’accumulations et d’enseignements. Chaque génération mène son combat en prenant exemple sur ses devancières. Les faits glorieux comme les épisodes sombres d’hier inspirent l’action politique des acteurs d’aujourd’hui. 

“Le caractère populaire du mouvement ne devrait pas laisser croire qu’il est le fait d’une génération spontanée (dans tous les sens du mot)”, a soutenu l’anthropologue Abderrahmane Moussaoui, dans un entretien accordé à El Watan en mars 2019. Et à ce titre, le Printemps 80, qui, il y a 40 ans, a ébranlé un système uniciste et autoritaire ayant imposé une chape de plomb sur la société près de 20 ans durant, peut légitimement prétendre à une certaine paternité politique sur la révolution du sourire qui, il y a un peu plus d’un an et au moment où l’on s’y attendait le moins, a fortement secoué le pouvoir autocratique de Bouteflika en le poussant, après plusieurs semaines de manifestations de rue, au départ.

À première vue et en ne se focalisant que sur l’amplitude et la profondeur de ces deux curseurs de l’histoire contemporaine, une telle assertion pourrait paraître abusive. Il est vrai que les évènements d’Avril 80 étaient circonscrits à la seule Kabylie et ses principaux animateurs étaient tous des universitaires alors que la révolution du sourire est d’ordre national et l’ensemble de la société s’y est investi. Mais ce n’est là qu’une dissymétrie de pure forme et, à bien y regarder, ces deux séquences ont beaucoup de points de partage. D’abord le caractère de l’étincelle à l’origine de ces deux événements qui est d’essence éminemment politique.

Pour le Printemps amazigh, l’élément déclencheur était l’interdiction par les autorités d’une conférence du grand écrivain Mouloud Mammeri sur les poèmes kabyles à l’université de Tizi Ouzou. Vécu comme une agression caractérisée contre l’identité amazighe, cet oukase avait provoqué une contestation au sein de l’université avant de se propager à toute la région. Pour la révolution du sourire, la goutte qui a fait déborder le vase était la décision du président Bouteflika de briguer un 5e mandat lui qui est terrassé par la maladie et complètement paralysé. Une vraie humiliation pour de nombreux Algériens qui ont décidé d’investir la rue pour crier leur exaspération et mettre en échec cette dérive quasi monarchique.

Ensuite, la nature éminemment démocratique des revendications des artisans d’Avril 80 et celles des manifestants qui investissaient, les vendredis et mardis, les rues des principales villes algériennes depuis le 22 février 2019. Les premiers réclamaient le respect des libertés démocratiques et la reconnaissance de l’identité amazighe, les seconds revendiquaient une gestion démocratique du pays. 

Mais les similitudes entre ces deux grands repères ne s’arrêtent pas là. Les acteurs du Printemps amazigh comme les animateurs du hirak, échaudés par les expériences malheureuses du passé, ont délibérément opté pour l’action pacifique et publique, en s’interdisant tout recours à la violence. Un pacifisme qui a d’ailleurs suscité l’admiration de beaucoup d’observateurs à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.  On peut aussi relever l’altérité ou le caractère transgenre de ces deux séquences historiques.

Comme en 1980, la femme était fortement présente, et souvent aux avant-postes dans les marches du hirak. Une grande avancée démocratique qui témoigne de la maturité politique de la société algérienne plus que jamais prête à construire cette Algérie nouvelle et moderne tant rêvée, basée sur l’égalité des sexes et le mérite. 

Autre fait qui met en évidence cette filiation entre le Printemps amazigh et la révolution du sourire : ces drapeaux amazigh qui, chaque semaine et des mois durant, envahissaient les manifestations organisées dans plusieurs villes du pays. Sans parler  des militants de la première heure de la cause amazighe qui se sont naturellement investis dans le hirak. 

Aussi, il n’est pas du tout incongru que de dire que le Printemps berbère 80 et le hirak ont en partage un socle de valeurs communes et que la revendication d’une Algérie moderne et démocratique n’est point une lubie de doux rêveurs romantiques mais bel et bien une demande sociale forte. 

 

 


Arab CHIH

 

NACER DJABI, SOCIOLOGUE ET AUTEUR DES “MOUVEMENTS AMAZIGHS EN AFRIQUE DU NORD”
-“Avril 80 a remis en cause les récits historiques et culturels”

40E ANNIVERSAIRE DU PRINTEMPS BERBÈRE

-Avril 1980, un repère du combat démocratique

20 AVRIL 80, LE PREMIER PRINTEMPS “ARABE” ÉTAIT BERBÈRE
-Le Mouvement de 1980 a ouvertement assumé l’héritage des luttes


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