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Ils sont 2 684 à avoir séjourné dans les centres de rétention administratiVE

925 Algériens expulsés de France en 2016

©D. R.

Les ressortissants algériens constituent la population la plus “enfermée” en 2016 avec 2 684 cas, soit 12,4% de la masse globale des personnes en rétention administrative.


Pas moins de 2 684 Algériens ont fait l’objet de mesures de rétention administrative en France durant l’année 2016 et le nombre des expulsés du territoire français a atteint 925 cas. C’est ce que révèle le contenu d’un rapport consacré aux centres et locaux de rétention administrative dans l’Hexagone et établi par six ONG françaises réputées pour leur militantisme pour la défense des libertés individuelles.
Il s’agit de Solidarité Mayotte, Ordre de Malte France, La Cimade, France terre d'asile, Forum réfugiés-Cosi et l’ASSFAM. Ainsi, l’année 2016 a enregistré un accroissement sensible du nombre de personnes étrangères enfermées, soit 45 937 cas de différentes nationalités dont 4 507 enfants, selon ces ONG qui évoquent, à ce titre, “un enfermement massif des étrangers et un net recul des libertés fondamentales”. Les ressortissants algériens constituent, d’après les chiffres fournis par ces associations, la population la plus “enfermée” en 2016 avec 2 684 cas, soit 12,4% de la masse globale des personnes en rétention administrative.
Le plus grand nombre d’Algériens retenus dans ces centres est réparti entre les sites de Marseille, Bordeaux, Toulouse, Lille, Metz et Rennes. Les Albanais viennent en seconde position avec 2 467 cas. Suivent les Marocains avec 2 036 cas, les Tunisiens 1980, les Roumains 1 237 et les Afghans 1 046. Il faut savoir, cependant, que les Albanais constituent la première nationalité des expulsés depuis les centres de rétention français, puisque 81,7% d’entre eux ont effectivement été expulsés. Dans leur rapport de 67 pages, ces ONG, qui annoncent d’emblée la couleur, chiffres à l’appui, veulent, à travers ce document, interpeller, de nouveau, les institutions publiques et les parlementaires français quant aux enfermements administratifs qualifiés de “massifs” et “abusifs” prononcés par les préfectures françaises. Ces placements en rétention, devenus systématiques ces dernières années, sont en nette progression par rapport à 2015, d’après les rédacteurs de ce rapport qui constatent, en sus, que ces placements ont fini par donner lieu à “des pratiques abusives et à des situations de violations des droits des personnes enfermées”. Les six ONG françaises tiennent à relever l’incompréhensible chiffre relatif aux expulsions d’Albanais, une communauté dont le pays est pourtant candidat à l’Union européenne et dont les ressortissants, à la faveur des règlements européens, peuvent circuler dans le Vieux Continent sans visa, avec un passeport biométrique. Vraisemblablement, cette nationalité “a été exploitée par certaines préfectures pour pulvériser les records en matière d’éloignement et d’expulsion en 2016”, dénoncent ces ONG. Ces dernières déplorent, par ailleurs, la durée moyenne de rétention qui se situait entre  9 et 11 jours et qui est passée à 32 et 45 jours, et ce, depuis l’entrée en vigueur des dispositions de la loi du 16 juin 2011 qui consacraient l’allongement de la durée de rétention. Une situation qui confirme le durcissement de la politique du gouvernement français en matière d’immigration. Pour ces ONG, ces  placements en rétention administrative “renseignent bien sur les carences des politiques migratoires axées sur le quantitatif”. Elles décrivent, d’ailleurs, dans le détail, les conditions de rétention  administrative dans l’Hexagone ou en outre-mer, étayées par des témoignages des anciens locataires de ces centres. Renouvelant ses inquiétudes par rapport à une telle situation en perpétuelle dégradation, ces ONG craignent que “des placements répétés et abusifs accroissent fortement la probabilité d’assister à des tentatives de suicide ou d’avoir des pensionnaires de centres transférés vers l’hôpital psychiatrique”.

Hanafi H.


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