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le professeur Messaoud Zitouni jette un pavé dans la mare

“à peine 4% du Fonds national cancer sont consommés annuellement”

Le professeur Messaoud Zitouni. © D. R.

Le coordinateur national du PNC s’élève contre la quasi-non-utilisation du Fonds national cancer, alimenté par différentes taxes, censées, dit-il, financer la formation des personnels spécialisés, la biologie moléculaire ou encore l’oncologie.

La Journée mondiale du cancer coïncidant avec le 4 février de chaque année a été précocement célébrée cette année, en Algérie, avec le lancement officiel, hier à Biskra, de la première opération-pilote de dépistage des cancers du sein et de l’utérus. Co-organisée par le ministère de la Santé et l’association El-Amel du Cpmc d’Alger, en collaboration avec des équipes médicales spécialisées, l’opération s’inscrit dans le cadre de la mise en application du Plan national anticancer (PNC 2015-2019). Au-delà de l’instauration des réunions de concertation pluridisciplinaire au niveau des centres spécialisés, c’est la première fois qu’une action concrète est engagée sur le terrain dans le cadre de ce PNC dont l’échéance arrive bientôt à expiration. Les quatre premières années, faut-il le rappeler, ayant été essentiellement consacrées au travail théorique et à la préparation des conditions de mise en œuvre du PNC. Cette opération de dépistage, qui sera progressivement élargie à quatre autres wilayas, à savoir Tipasa, Tlemcen, Constantine et Jijel, symbolise, selon le coordinateur national du PNC, le Pr Messaoud Zitouni, “l’enracinement” de ce plan dans le système sanitaire national. Selon le Pr Zitouni, les indicateurs des premiers résultats des objectifs tracés dans le PNC 2015-2019 et l’opération de dépistage qui vient d’être lancée, auraient montré que le taux de réalisation du plan aura atteint les “70%”. Le bilan exhaustif est, néanmoins, renvoyé au mois de mai 2020, soit la date réelle d’expiration de ce plan quinquennal ordonné par le président Abdelaziz Bouteflika. C’est ce qu’a soutenu le Pr Zitouni, non sans qualifier d’“insuffisant” le budget alloué au PNC dont le montant s’élève à 185 milliards de dinars. Relevant que la gestion de ce budget échoit au ministère de tutelle, M. Zitouni réclame, désormais, un budget spécifique au prochain PNC dont l’échéance devra s’étaler de 2020 à 2024. Le professeur s’élève, en outre, contre la quasi-non-utilisation du Fonds national cancer, alimenté par différentes taxes, censées, dit-il, financer la formation des personnels spécialisés, la biologie moléculaire ou encore l’oncologie. Selon lui, à peine 4% du fonds seraient annuellement consommés, les 96% du fonds retournant automatiquement au ministère des Finances. Dans leurs interventions respectives à la même occasion, les professeurs Salah Eddine Bendib et Kamel Bouzid, chefs des services respectifs de radiologie et d’oncologie médicale au Cpmc, à qui revient le mérite, avec d’autres confrères, d’avoir lancé le dépistage, n’ont pas omis de rendre hommage à l’Association El-Amel, dirigée par Hamida et Abdenour Kettab, grâce auxquels la présente opération de dépistage est permise. Laquelle opération a été, faut-il encore le rappeler, couronnée par la création d’un service de cancérologie à l’hôpital de Biskra. Sont concernées par le dépistage du cancer du sein les femmes âgées entre 40 et 69 ans. Près de 1 000 femmes de la wilaya de Biskra sont, d’ores et déjà, inscrites pour l’examen de mammographie dans le cadre de cette opération, première du genre dans le pays. S’agissant du dépistage du cancer du col de l’utérus, un service de dépistage par la nouvelle technique par test-PVH sera également mis à la disposition des femmes dans le même établissement sanitaire de Biskra. Le nombre des cancéreux en Algérie, faut-il le souligner, s’élève à au moins 50 000. Avec une moyenne de 10 000 à 11 000 nouveaux cas par an, le cancer du sein est classé  premier cancer chez la femme après celui du col de l’utérus et le cancer colorectal. La prévention primaire et le dépistage précoce, insistent les spécialistes, restent le meilleur moyen de lutter en amont contre cette pathologie dévastatrice. D’où, toute l’importance de la présente campagne — aussi expérimentale soit-elle — qui s’étalera sur une période d’une année.


F. A.

 


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