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Quand le Corona joue les trouble-fêtes

Acheter son mouton en ligne

L’Aïd El-Adha, une fête sous haute surveillance sanitaire. © Louiza Ammi/Liberté

À l’approche de l’Aïd El-Adha, le mouton s’invite à la sphère virtuelle. Pour échapper au virus, de nombreux Algériens ont opté pour l’achat sur le Net. 

Frustrations, appréhensions et peur de la Covid marquent ces jours-ci les esprits de bon nombre d’Algériens à l’approche de la fête de l’Aïd. Rituel sacré, jour de célébration et de rapprochement pour tous les musulmans, l’Aïd de cette année ne s’annonce guère sous de bons auspices. Du fait de la propagation de la pandémie et des restrictions imposées par les autorités pour y faire face, la plupart des familles algériennes peinent en effet à accéder à l’achat d’un mouton pour accomplir le sacrifice, la symbolique et la particularité de cette grande fête religieuse. Un ennemi invisible, mais ravageur, est venu jouer les trouble-fêtes, privant nombre de foyers algériens de la joie de célébrer l’Aïd, faute de pouvoir accéder, comme à l’accoutumée, aux marchés aux bestiaux.

La fête de l’Aïd de cette année aurait même pu être complétement gâchée n’était la présence de quelques points de vente que nous avons pu visiter à la périphérie Est de la capitale, mais aussi et surtout le recours, de plus en plus répandu, au commerce de moutons en ligne. Suite à l’augmentation du bilan quotidien des cas confirmés au coronavirus en Algérie et sur instructions du gouvernement, les éleveurs se sont trouvés dans l’obligation de mettre les verrous à un nombre important de marchés aux bestiaux dans plusieurs communes d’Alger. Du coup, certains éleveurs se rabattent de plus en plus sur la vente par internet.

À la veille de l’Aïd El-Adha, et à l’inverse de certaines communes du centre de la capitale, les marchés du cheptel fleurissent un peu partout dans les régions du littoral algérois, à savoir Rouiba, Aïn Taya et Heuraoua et autres petites localités. “Aucune norme d’hygiène n’est respectée. Les gens semblent oublier le risque de propagation du virus. Et tout cela en l’absence des autorités”, déplore Wahiba, qui dit n’avoir jamais manqué le rituel du sacrifice de l’Aïd. Et d’ajouter : “Pour la première fois, depuis dix ans, nous n’allons pas sacrifier de mouton, par peur pour ma vie et celle de mes enfants.” Un choix que beaucoup d’autres citoyens sont contraints de faire en ces temps de pandémie. Malgré cela, de nombreux éleveurs n’évoquent pas de baisse importante des ventes de moutons, en comparaison aux années précédentes. “En dépit de la crise sanitaire, le marché n’a pas connu un grand recul par rapport à l’année passée”, note un ancien éleveur qui a une ferme dans la banlieue Est d’Alger.

“Comme chaque année, en cette période, les gens se ruent pour réserver leurs moutons. Sauf que, cette fois, ils s’y précipitent encore plus par crainte de nouvelles mesures sanitaires plus strictes”, ajoute-t-il. Face à ce contexte particulier, les “mouals” (maquignons) se disent, toutefois, inquiets devant la négligence des mesures de prévention. C’est le cas de Saïd, un autre éleveur de la même région. “Depuis deux semaines, les citoyens affluent tous les jours et ils sont souvent accompagnés de leurs enfants”, observe-t-il. “Jusqu’à maintenant, on arrive à gérer la situation, mais à l’approche de la dernière semaine avant l’Aïd, il risque d’y avoir beaucoup de dépassemenst, du moment où les simples citoyens, n'ayant pas d'espace pour accueillir l'objet de leur sacrifice, laissent leurs moutons ici”, souligne-t-il. 

À l’ère du digital, une bonne partie des achats des Algériens sont désormais à portée de clic. Cette année, à l’approche de l’Aïd el-Adha, le mouton s’invite dans la sphère virtuelle. Pour échapper au virus, de nombreux Algériens ont opté pour l’achat de leur mouton sur le Net, afin d’éviter les foules. C’est le choix d’Amine et de Mourad qui estiment que “bien que la vente par internet ne permette de voir que l’image et le prix et pas les défauts éventuels du mouton, cela reste la seule pratique efficace pour éviter trop de déplacements”. Pour Arezki, puisque la plupart des marchés aux bestiaux ont fermé, “les citoyens n’ont d’autre choix que de recourir au système D”. “Cela diffère complètement de la manière traditionnelle d’acheter un mouton, même si l’achat par internet a ses avantages et ses inconvénients”, souligne-t-il. “L’acheteur ou encore le vendeur peuvent démarcher sans pour autant s’exposer au risque de contamination par le virus. En revanche, cela pourrait favoriser certaines arnaques.

Les gens doivent être prudents”, explique-t-il. Les éleveurs, pour faciliter la tâche aux acheteurs, proposent la livraison à domicile du mouton “qui peut s’effectuer la veille de l’Aïd”, affirme Abdellah, un éleveur devenu, au fil des années, un adepte du Net pour cet exercice et qui affirme garantir aussi “l’état du mouton et la qualité de l’alimentation fournie”. Ayant reçu beaucoup de commandes, tant par d’anciens que par de nouveaux clients, Abdellah se dit “soulagé après quatre mois de stress et de chômage”. De bon augure pour l’Aïd.   

Kenza SIFI


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