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A la une / Actualité

Dans un discours lu en son nom, Bouteflika évoque la situation du secteur

Agriculture : des avancées et des insuffisances

Le ministre de la Justice, Tayeb Louh, à l’ouverture des assises nationales de l’agriculture, hier, au Centre international des conférences. © D.R.

Les quelques performances réalisées ne parviennent plus, selon le chef de l’État,à garantir la sécurité alimentaire au peuple et n’arrivent plus à augmenter l’apport de l'agriculture à la croissance nationale et à la diversification de l'économie.

Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, avoue que des “avancées” ont été accomplies dans le développement agricole, en revanche des “lacunes” et des “insuffisances” persistent encore au sein de ce secteur. Des résultats “louables” ont été réalisés mais, nuance-t-il, des efforts plus accrus doivent être consentis. Car, les quelques performances concrétisées ne parviennent plus, selon lui, à garantir une sécurité alimentaire au peuple et n’arrivent plus à augmenter l’apport de l'agriculture à la croissance nationale et à la diversification de l'économie. Tel est en résumé, le constat, mi-figue mi-raisin, établi sur le secteur agricole par le chef de l’État dans son discours lu en son nom, à l’occasion de la tenue, hier, des Assises nationales de l’agriculture, par le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Tayeb Louh. Le premier magistrat du pays n’admet plus que l’agriculture soit toujours tributaire de la pluviométrie au moment où l’État poursuit ses efforts pour la construction de barrages.
“Notre pays est confronté aux changements climatiques tandis que l'activité agricole nécessite le recours à grande échelle aux techniques modernes en matière d'irrigation et d'économie d'eau”, relève-t-il. Malgré les mesures initiées par l'État pour réguler le marché de certains produits, l’“amélioration de notre produit agricole nécessite aujourd'hui une plus forte participation des industries agroalimentaires à l’exploitation de notre produit agricole, afin de couvrir les besoins du marché local, d'une part, et d'offrir des débouchés au produit agricole, d’autre part”, reconnaît Abdelaziz Bouteflika. Il exhorte, pour cela, les hommes d'affaires et les investisseurs à un “plus grand intérêt pour la promotion de nos exportations agricoles”. Pour lui, l’exportation est une activité à part entière nécessitant des capacités et des compétences complémentant le travail des agriculteurs et contribuant à la préservation des équilibres financiers extérieurs. Il lance, également, un appel aux dirigeants des banques pour encourager les exploitations agricoles et les investisseurs dans ce secteur à l'acquisition des moyens modernes, qu'ils soient mécaniques ou à caractère utilitaire.
L’autre souci qui préoccupe le Président a trait au phénomène du vieillissement qui cible le milieu agricole. Il parle d’un “désintérêt” des jeunes pour l'activité agricole et le recours insuffisant aux moyens techniques garantis par l'État. “… Nous encourageons nos jeunes à s'intéresser davantage à cette activité lucrative pour les agriculteurs et capitale pour nous tous, en tant que peuple et en tant que pays”, déclare-t-il à ce sujet. Cela passe, suggère-t-il, par la promotion de la formation dans le domaine de l'agriculture et ses filières, au sein des différents cycles du système universitaire et de formation. Son appel va aussi vers les instances en charge du soutien à l'emploi de jeunes dans le but d’orienter leurs efforts vers le secteur agricole.
Les observations de Bouteflika concernent, en outre, l'économie agricole qui, affirme-t-il, souffre d'une “faible structuration exposant cette activité fondamentale à la spéculation”. Cela étant, l’on ne doit pas oublier les soucis de l'agriculteur “quant à un marché stable et profitable à ses produits tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays”, souligne-t-il. Un problème qui doit interpeller et le secteur et ses acteurs pour “accorder davantage d'intérêt à leurs cadres, notamment aux chambres et associations professionnelles, afin de préserver leurs intérêts et permettre à notre société de bénéficier de l'effort des agriculteurs et du fruit de leur labeur”, relève-t-il. Par ailleurs, Abdelaziz Bouteflika réitère le soutien de l’État par toutes ses capacités à l'activité agricole.

Plus de 3 millions d’hectares inexploités
Il met l’accent, dans ce sens, sur la nécessité de poursuivre le programme de soutien de l'État au secteur agricole dans toutes ses composantes, qu'il a annoncé en 2009, en dépit des contraintes financières actuelles. Toutes ces orientations, conclut-il, doivent être appliquées en synergie avec les autres secteurs. Dans son intervention, le ministre de l’Agriculture, Abdelkader Bouazghi, rappelle que l’État a réservé aux différents programmes tracés pour le secteur, depuis l’année 2000, une enveloppe globale évaluée à 3 000 milliards de dinars. Plus de 12 000 PPDRI (projets de proximité) ont été également financés, 1,2 million d’unités de l’habitat rural créées et 500 000 exploitations agricoles redynamisées.
Un tel accompagnement a fait augmenter la valeur de la production agricole nationale, précise M. Bouazghi, de 359 milliards de dinars en 2000 à 3 060 milliards de dinars, soit 30 milliards de dollars, en 2017. La valeur ajoutée de l’agriculture dans le PIB est passée, d’après lui, de 8% en 2000 à 12,3% en 2017. Le secteur a pu créer 1,245 million de postes d’emploi et 22 000 PME. Sur 219 406 fermes, le ministère a délivré 180 000 actes de concessions. Toutefois, il déplore le fait que sur les 8,5 millions d’hectares de la surface agricole utile, seuls 64%, soit plus de 5 millions d’hectares, sont exploités. Le reste, soit plus de 3 millions d’hectares, ne le sont toujours pas.   


B. K.

 


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