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Angela Merkel aujourd’hui à Alger pour une visite officielle

Alger-Berlin : le “casse-tête” migratoire


Après le report de sa visite en février 2017 pour cause de “bronchite aiguë” du chef de l’État algérien, la chancelière allemande, Angela Merkel, effectue, aujourd’hui, une visite officielle d’une journée en Algérie, sur invitation d’Abdelaziz Bouteflika. Cette visite, la seconde après celle de 2008, s'inscrit dans le cadre de la concertation bilatérale de haut niveau, selon la terminologie officielle. Elle “vient renforcer les relations d'amitié et de coopération qui existent entre l'Algérie et la République fédérale d'Allemagne, et qui connaissent un développement appréciable dans tous les domaines, illustrées notamment par les nombreuses visites échangées entre les hauts responsables de part et d'autre”, a indiqué un communiqué de la présidence de la République. À l’occasion, les deux parties procéderont à un échange de vues autour des grandes questions d'intérêt commun, en particulier la crise en Libye, la question du Sahara occidental, la situation au Mali et dans la région du Sahel, ainsi qu'au Proche-Orient, tout comme elles poursuivront la concertation sur les questions globales comme la migration et le terrorisme transfrontalier, ajoute encore le communiqué. Un menu assez fourni, en somme. Mais si la visite est essentiellement à connotation économique, l’Allemagne étant le quatrième fournisseur de l’Algérie avec plus de 3 milliards de dollars et où opèrent 300 entreprises, deux principaux sujets vont focaliser les débats entre la chancelière et les dirigeants algériens : la question sécuritaire et la question migratoire. En visite au Mali, où l’Allemagne participe à Minusma, et au Niger en octobre 2016, Angela Merkel avait promis d’aider ces pays sur le plan du développement et sur le plan militaire. Mais Angela Merkel, qui parle également dans la peau d’une influente dirigeante au niveau européen, sait que la guerre contre le terrorisme au Sahel ne peut se faire sans l’appui de l’Algérie dont l’expérience dans la lutte contre ce fléau est appréciée. Il s’agit donc pour l’Allemagne, qui doit certainement se soucier des réseaux dormants après les attentats, notamment chez ses voisins belges et français, de renforcer la coopération avec l’Algérie, principale puissance régionale. Cette position lui confrère également, sujet connexe, un rôle dans la lutte contre l’immigration clandestine, véritable casse-tête, autant pour l’Algérie que pour l’Allemagne. Si l’Algérie, qui a rejeté l’idée développée en Europe de création de centres de rétention sur son territoire, cherche des solutions en amont, à travers des aides au développement de l’Afrique pour fixer les populations, Berlin, épinglée par ses pairs européens, cherche à trouver les meilleurs instruments pour juguler le phénomène migratoire, mais également trouver une solution aux nombreux demandeurs d’exil présents sur son territoire. Angela Merkel, critiquée sur le dossier, y compris dans sa famille politique, est d’autant pressée qu’elle s’apprête à affronter une échéance électorale, les élections régionales. Dans ce contexte, Angela Merkel entend faire avancer le projet de loi adopté par son gouvernement, mais qui attend le feu du Parlement et qui suscite quelques réticences, notamment chez les défenseurs des droits de l’Homme, visant à considérer le Maroc, l'Algérie et la Tunisie comme des pays sûrs, ce qui permettrait à Berlin d'expulser plus facilement les demandeurs d'asile en provenance des États concernés. Il s’agira donc probablement pour la chancelière d’obtenir des “garanties” de la part d’Alger pour accueillir ses ressortissants dont les demandes d’asile sont rejetées à plus de 99% par les autorités allemandes. Alger acceptera-t-elle ? On en saura davantage lors de la conférence de presse qu’Angela Merkel animera, aujourd’hui, en compagnie d’Ahmed Ouyahia, après l’entrevue avec le président Bouteflika.                           

Karim Kebir



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