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Deux jours après la proposition du Roi du maroc pour un “dialogue direct”

Alger garde le silence

Le silence intrigant de la présidence de la République. © DR

Tout se passe comme si les autorités d’Alger entendaient déjà à travers ce black-out médiatique officiel signifier qu’elles ne sont pas disposées à donner suite à la proposition marocaine faute de gestes concrets.

Quarante-huit heures après le discours du souverain marocain dans lequel il invite les autorités algériennes à un “dialogue direct et franc”, Alger n’a toujours pas réagi. Et rien ne semble indiquer, pour l’heure, qu’elle le fera de sitôt. Mardi dernier, à l’occasion du 43e anniversaire de la “marche verte”, Mohammed VI, dans un discours qui tranche particulièrement avec ceux entendus jusque-là, a appelé l’Algérie à un dialogue “direct et franc” en proposant la création d'un “mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation” pour “dépasser les différends” entre les deux voisins.
“Depuis mon accession au trône, j'ai appelé avec sincérité et bonne foi à l'ouverture des frontières (...), à la normalisation des relations maroco-algériennes”, a affirmé Mohammed VI. Outre qu’il soutient que le niveau de représentation au sein de ce mécanisme projeté, son format et sa nature sont à convenir d’un commun accord, mais il assure que le Maroc est ouvert à d’éventuelles propositions de la part des autorités algériennes. “Le Maroc est ouvert à d'éventuelles propositions et initiatives émanant de l'Algérie pour asseoir les relations entre les deux pays sur de solides bases de confiance, de solidarité et de bon voisinage”. S’il faut bien convenir que le discours, de par sa teneur et sa tonalité, constitue une avancée et un changement dans l’attitude du royaume, si l’on se réfère à la virulence des propos entendus jusque-là, il reste que ce subit souci de rapprochement suscite bien des interrogations. D’autant qu’il intervient à la veille d’une réunion prévue à Genève, en décembre prochain, entre Sahraouis et Marocains. Une réunion à laquelle l’Algérie et la Mauritanie sont invitées en qualité d’observateurs. Aussi, il intervient une semaine après l’adoption par le Conseil de sécurité d’une nouvelle résolution prorogeant le mandat de la Minurso. Par bien des égards, la sortie du souverain vise de nouveau à suggérer que l’Algérie demeure à ses yeux la principale pierre d’achoppement dans le règlement du problème sahraoui.
D’ailleurs, dans ce mécanisme de dialogue proposé, la question sahraouie figure parmi les questions à discuter, comme l’affirme un “haut responsable” sous le sceau de l’anonymat à l’AFP. “Ce mécanisme permettrait de discuter sans tabou de toutes les questions bilatérales en suspens et de mettre tous les griefs sur la table : la drogue, la contrebande, la question du Sahara occidental, les faits historiques non clarifiés, les conventions non respectées”. Or, l’Algérie a souvent proposé de découpler le problème sahraoui de la construction de la relation bilatérale et, par ricochet, de la construction maghrébine. Un problème dont la résolution incombe aux instances onusiennes. Même si de part et d’autre, de temps à autre, des gestes sont entrepris, comme le soutien de l’Algérie à l’organisation par le royaume de la Coupe du monde 2026, il reste qu’une crise de confiance persiste entre les autorités des deux pays. Signe de cette crise : le discours du roi n’a pas bénéficié d’une médiatisation. Tout se passe comme si les autorités entendaient déjà, à travers ce black-out médiatique, signifier qu’elles ne sont pas disposées à donner suite à la proposition marocaine faute de gestes concrets. Et si l’on n’exclut pas que la sortie du roi vise également à jeter la “pierre dans le camp” algérien, dans un contexte de “turbulences” politiques internes, autant dire qu’il ne faut pas s’attendre à une réaction d’Alger. La prochaine réunion de Genève nous renseignera davantage sur les intentions de sa majesté.


K. K.

 


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