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A la une / Actualité

un climat lourd pèse sur les relations entre les deux pays

Algérie-France : ce qui ne va pas

Siège du consulat de France en Algérie. ©Archives Liberté

Déclarations controversées d’un ancien ambassadeur, restrictions sur les visas et retrait du dispositif sécuritaire autour des ambassades des deux pays, voilà qui sonne comme un grain de sable dans la relation bilatérale.

Sans faire trop de bruit, les autorités algériennes ont retiré les policiers affectés à la sécurité de l’ambassade, des trois consulats et des nombreuses résidences des diplomates français en Algérie. Les citoyens qui habitent le quartier d’Hydra, lieu d’implantation de l’ambassade et du consulat de France à Alger, ou la rue Larbi-Ben-M’hidi à Oran, où se trouve le consulat de France dans cette ville de l’ouest, ont été surpris de voir que les policiers en faction devant ces représentations diplomatiques ont déserté les lieux. Du jour au lendemain, des chemins bloqués à la circulation pour “des raisons de sécurité” sont désormais ouverts, au grand bonheur des automobilistes. Selon l’AFP, qui cite une source anonyme à Alger, la décision des autorités algériennes est en réalité une réponse à une mesure similaire prise par les autorités françaises.
Depuis quelques jours, en effet, les policiers qui gardaient la résidence de l’ambassadeur d’Algérie à Paris ont été retirés pour des raisons inexpliquées. S’agit-il d’une mesure “technique” qui vise à déployer les policiers dans d’autres sites ?

Ou s’agit-il d’un geste qui vise à gêner Alger ?
Les autorités françaises ne s’expliquent pas. Mais il est évident que ce geste est en contradiction avec l’obligation faite aux Etats de protéger les représentations diplomatiques étrangères présentes sur son sol.
Officiellement, il n’y a pas de brouille. Mais si l’ambassadeur de France à Alger, Xavier Driencourt, multiplie les sorties médiatiques pour louer des “relations apaisées”, une nouvelle grisaille dans les relations algéro-françaises apparaît.
À commencer par cette sortie controversée de l’ancien patron de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) qui a évoqué la maladie du chef de l’État algérien. Une sortie qui semble mettre les autorités algériennes dans la gêne.
Preuve en est, trois jours après cette déclaration, les autorités comme les responsables politiques proches du pouvoir préfèrent garder le silence.
Au chapitre des relations algéro-françaises, il est des signes qui en disent long sur le degré des tensions qui agitent les deux pays. C’est le cas du dossier des visas que les autorités françaises semblent employer comme nouveau moyen de pression sur leurs homologues algériennes. Depuis quelques mois, en effet, le nombre de refus de visas, y compris pour des professions qui en bénéficient facilement, a augmenté de manière très significative. Arguant, entre autres, le fait que beaucoup de bénéficiaires de visa ne reviennent pas dans leur pays d’origine, les consulats de France serrent les vis.

Ce qui bloque
Mais c’est sur le dossier de la mémoire que les choses vont mal. Malgré le geste du président français de reconnaître l’usage de la torture durant la guerre d’indépendance et sa promesse de répondre positivement à la demande algérienne de restituer les crânes de résistants exposés au Musée de l’Homme à Paris, les tensions persistent.
Du côté algérien, on réclame la libération des archives et plus de communication sur les milliers de disparus algériens durant la guerre de libération nationale. De son côté, le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, a indiqué, hier, à Constantine que l’Algérie va “recenser tous les crimes commis” par la colonisation française en Algérie.
Une exigence de plus qui s’ajoute à la longue liste des revendications algériennes sur les questions mémorielles. A commencer par la demande sans cesse répétee à la France de présenter ses excuses sur son passé colonial en Algérie. Sur le plan de la gestion des conflits régionaux, les deux pays affichent une entente de façade. Mais au fond, des tensions existent notamment sur les conflits en Libye et au Mali. C’est ce qu’a rappelé, hier, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, dans une interview accordée au journal Le Monde. “Les Algériens, avec qui nous entretenons des relations étroites, auront aussi un rôle à jouer pour qu’il y ait des avancées”, a-t-il répondu à une question sur la gestion du conflit malien. Le responsable français signifie ainsi que l’Algérie, qui a toujours observé une position qui s’oppose à toute intervention armée dans la gestion des conflits régionaux, ne s’implique pas comme le veulent les Français. C’est le cas aussi du conflit libyen dans lequel les Français veulent jouer un rôle moteur. Le problème est que face à Alger qui observe une neutralité absolue entre toutes les factions libyennes, Paris a choisi de ne parler qu’avec le gouvernement Sarraj et “l’armée nationale libyenne” de Khalifa Haftar.
Au plan économique, les relations algéro-françaises évoluent en dents de scie. La France, qui a perdu sa place de premier fournisseur de l’Algérie, trouve du mal à implanter ses entreprises dans le pays. À quelques semaines de la rencontre de la Comefa, le Comité mixte algéro-français, la haute instance créée pour suivre les dossiers économiques entre les deux pays, les investissements français en Algérie stagnent. Si de grands dossiers ont été bloqués, à l’image du projet d’implantation de l’usine de montage Peugeot, il n’y a pratiquement pas de nouvelles perspectives pour les relations économiques entre les deux pays. Tous est en stagnation.
Sur le plan politique, les échanges entre Alger et Paris sont réduits à leur plus simple expression. Il n’y a pas de déplacement de ministres prévu à moyen terme dans les deux sens. Un signe de plus que les canaux de communication entre l’Algérie et la France sont limités à leur strict minimum.

Ali Boukhlef


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