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Ali Haroun raconte la crise de l’été 62

Il a souligné que la Fédération de France du FLN a récusé les décisions du congrès de Tripoli qui a consacré “l’amour du pouvoir” et “l’amour du siège”.

À sa création, la Fédération de France du FLN avait pour objectif de desserrer l’étau sur le front interne avec des activités dans les villes du pays colonisateur. Mais elle s’est retrouvée à faire face à la pression des services de police français et de l’hostilité des messalistes qui ne reconnaissaient pas l’autorité du FLN sur la résistance. Des conditions de sa création à ses prises de position notamment lors de la crise de 1962, Ali Haroun évoque, dans un entretien à l’APS, en ce 51e anniversaire de l’Indépendance, la Fédération de France du FLN qui a eu à jouer un rôle important pendant la Révolution mais est restée dans une posture “neutre” dans les conflits qui ont éclaté à l’Indépendance entre le GPRA et l’état-major de l’armée.
L’opposition des messalistes à la Fédération de France, selon Ali Haroun, membre de la fédération, ancien ministre et avocat, a non seulement freiné la réalisation de ses objectifs, à savoir créer les conditions d’engager un conflit armé en France même, mais a dégénéré en conflit fratricide. Ce conflit, a-t-il révélé, a fait des milliers de morts. Pour les messalistes, leur leader était le symbole du mouvement national alors que pour les autres, le FLN était à l’origine du déclenchement de la Révolution.
Il a, par ailleurs, révélé que l’organisation des manifestations du 17 Octobre 1961 n’était pas à l’instigation des responsables de la Révolution, mais des membres de la communauté algérienne de France. C’était en réaction au couvre-feu le soir imposé par les autorités françaises aux Algériens. Selon lui, se référant aux correspondants étrangers présents lors de la répression des manifestants, il y aurait plus de 200 Algériens assassinés par la police de Papon.  Quant au conflit qui a opposé le GPRA à l’état-major de l’armée en 1962, il a indiqué que la Fédération de France n’approuvait pas cette situation et avait préconisé la tenue d’un congrès national en Algérie durant lequel il sera procédé à la formation d’un gouvernement.
Comme elle s’est opposée à l’usage de la violence et à la marginalisation d’un gouvernement (GPRA) reconnu par plus de 50 États. La fédération était pour un régime civil. “Ni avec le gouvernement provisoire (GPRA) ni contre l’armée”, a-t-il précisé. “La Fédération de France n’était pas d’accord avec Ben Bella et Boumediène. Elle n’était ni avec le GPRA ni contre l’état-major de l’ALN”, a-t-il ajouté.
Tout comme elle a récusé les décisions du Congrès de Tripoli qui a consacré “l’amour du pouvoir” et “l’amour du siège”. Revenant sur Ben Bella, Ali Haroun a estimé qu’il ne suffisait pas d’avoir une aura pour diriger un pays. Il fallait une force. Ce qu’il n’avait pas. Boumediene avait l’armée des frontières. D’où évidemment l’alliance des deux jusqu’en 1965 et le coup    d’État.
Enfin, abordant les négociations avec la force coloniale, il a déclaré que les accords d’Évian n’étaient pas désavantageux pour l’Algérie. Notamment le maintien des forces françaises à la base de Mers El-Kebir jusqu’en 1967 et les essais nucléaires au Sahara. Il a indiqué que le projet d’accord avait été discuté et adopté en février 1962 par le CNRA qui a chargé le GPRA de négocier sur cette base. Mais l’ALN l’avait rejeté. Hormis l’autorisation des essais nucléaires qui a fait l’objet d’accords extérieurs, pour Ali Haroun, les raisons du rejet des accords ne sont pas
justifiables. Il y a d’abord cette incapacité à poursuivre la guerre. Les accords ont permis de recouvrer la souveraineté nationale reconnue d’ailleurs par la France.


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