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La Réouverture du procès annoncée

Amar Ghoul rattrapé par “son” autoroute

© Archives. Liberté

En 2015, l’ancien ministre des Travaux publics avait répondu par écrit aux questions du juge d’instruction. 

Après un procès expéditif en 2015, le dossier de l’autoroute Est-Ouest va être rouvert. C’est la Cour suprême qui ordonne la réouverture d’une affaire qui a pourtant été jugée, il y a de cela 4 ans. L’affaire avait en effet tenu en haleine le pays. Mais au bout de plusieurs jours de procès, le juge a prononcé des verdicts qui ne concernaient que des seconds couteaux. C’est la montagne qui accouche d’une souris. Le premier responsable du secteur des travaux publics, Amar Ghoul, n’était même pas convoqué comme témoin. Pourtant, son nom était sur toutes les lèvres. Tous ceux qui sont appelés à la barre l’ont cité, ou se sont référés à lui d’une manière ou d’une autre. Mais paradoxalement, seul le juge d’instruction avait demandé son témoignage. 

Pour ne pas répondre à la convocation, l’homme a préféré répondre par écrit. “Ma réponse, je la réserve au juge”, avait répondu  alors celui qui était le puissant ministre des Travaux publics aux journalistes qui lui posaient la question. C’était du temps de l’impunité. À la fin du verdict, un ressortissant algérien établi au Luxembourg, Chani Medjdoub, a écopé d’une peine de 10 ans d’emprisonnement. Il était au moment des faits conseiller de la société chinoise Citic Crcc, elle-même condamnée à verser 5 millions de dinars au même titre que sept autres sociétés étrangères. Ancien directeur des nouveaux programmes de l'Agence nationale des autoroutes, Mohamed Khelladi a écopé, lui, d’une peine de 10 ans de prison ferme, tandis que Hamdane Rachid Salim, ex-directeur de la planification au ministère des Travaux publics, et Adou Tadj-Eddine, homme d'affaires, ont écopé, eux, de 7 ans d’emprisonnement pour, notamment, trafic d’influence.

Un ancien militaire, Ouezane Mohamed, dit colonel Khaled, a été condamné, lui, à verser la somme de 500 000 Da pour trafic d’influence. Il travaillait au moment des faits au ministère de la Justice comme conseiller. De toutes les personnes citées ou condamnées, seulement deux ont vu leurs biens immobiliers saisis et leurs comptes bancaires bloqués. Il s’agit de Chani Medjdoub et de Khelladi Mohamed. Le premier est également cité dans l’affaire de Sonatrach 2. Mais le dossier étant rangé dans un tiroir, son procès n’a toujours pas eu lieu. Appelé “projet du siècle”, l’autoroute Est-Ouest est l’un des projets les plus importants lancés depuis l’indépendance. Doté d’un budget prévisionnel de 6 milliards de dollars à son lancement en 2006, le projet a englouti plus de 15 milliards jusqu’à l’an passé. Et ce n’est pas fini, puisque le projet n’est toujours pas achevé. Outre un tronçon encore en travaux à l’extrême Est, l’État est obligé de financer des travaux de réfection apparus sur certains tronçons déjà achevés, à cause, notamment, des dégradations et des malfaçons.

À cela, il faut ajouter les pénétrantes en cours et la réalisation des airs de stationnement et des stations-service. Sans oublier les surfacturations qui ont crevé le budget de l’État. Prévu pour une dizaine d’années au maximum, le projet s’éternise. Cela étant, Amar Ghoul, aujourd’hui sénateur, désigné par Bouteflika dans le cadre du tiers présidentiel, est cité dans l’affaire Haddad. La justice n’attend que la levée de son immunité parlementaire pour l’entendre. Elle y a introduit une demande auprès du Conseil de la nation. Avec la réouverture du dossier de l’autoroute Est-Ouest, ce sont de nouveaux ennuis judiciaires qui s’ajoutent au président du parti Tajamou Amel Al-Djazaïr (TAJ), parti de l’ancienne alliance présidentielle, dont deux chefs de deux partis membres sont en détention préventive à la prison d’El-Harrach, en l’occurrence Ahmed Ouyahia et Amara Benyounès. 

 

Ali Boukhlef

 


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