A la une / Actualité

Projet de loi sur les violences faites aux femmes

Amnesty International interpelle Sellal

Le Premier ministre Abdelmalek Sellal. ©Zehani/Archives Liberté

Face à la pression des islamistes et le désengagement du gouvernement, ce projet de loi considéré comme une avancée en matière de droits humains, est resté bloqué.

Dans une pétition mise hier en ligne, Amnesty International a interpellé le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, à prendre toutes les mesures nécessaires pour que le projet de loi sur les violences faites aux femmes soit adopté dans les plus brefs délais. Adopté par le Parlement le
5 mars dernier, le projet de loi sur les violences faites aux femmes devait être validé le 22 du même mois au Conseil de la nation. Mais face à la pression des islamistes et le désengagement du gouvernement, ce projet de loi considéré comme une avancée en matière de droits humains, est resté bloqué à ce niveau. C’est dans ce sens qu’Amnesty International a lancé, hier dimanche, une pétition pour interpeller le Premier ministre Abdelmalek Sellal.
“Les violences de genre, y compris les violences sexuelles, sont des violations des droits humains touchant à l’intégrité physique et psychique des femmes et des jeunes filles. Le projet de loi sur les violences faites aux femmes, adopté par l’Assemblée populaire nationale en mars 2015, n’a toujours pas été adopté par le Conseil de la nation”, a commencé par rappeler Amnesty International. S’adressant ouvertement à Abdelmalek Sellal, cette ONG souligne dans sa pétition disponible sur son site Internet : “Nous vous appelons à prendre toutes les mesures nécessaires pour que ce projet de loi soit adopté dans les plus brefs délais. Nous vous demandons également d’adopter une législation qui pénalise la violence contre les femmes sous toutes ses formes ainsi que des mesures permettant d’améliorer l’accès des victimes à des soins médicaux et des services de soutien adéquats.” Aussi, Amnesty International considère que “malgré nos réserves sur la clause qui prévoit l’arrêt des poursuites judiciaires en cas de pardon de la victime, exposant ainsi les femmes à un risque accru de violence et de coercition pour qu’elles retirent leur plainte, ce projet de loi représente une avancée positive pour la protection des femmes et des jeunes filles contre les violences”. Depuis la reculade très contestée du gouvernement et l’étrange attitude du Sénat, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer ce blocage incompréhensible.
Contacté pour plus de détails, Brahim Mahdid, chargé de communication d’Amnesty International Algérie, a fait savoir que la pétition en question sera envoyée aux différentes associations pour la partager avec leurs militants. “Notre objectif est de faire pression sur le gouvernement pour que ce projet de loi soit débattu et adopté au cours de la session de l'automne du Conseil de la nation”, a-t-il enfin indiqué.

M. M.