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Journée d’étude autour du pacifisme de la révolte contre le système à Bouira

Analyse du “miracle algérien”


La contestation populaire du 22 février contre le régime et les symboles du pouvoir en Algérie a laissé sans voix, par son pacifisme, le monde entier. Cet aspect pacifique de ce soulèvement populaire a été abordé, hier, lors d’une journée d’étude organisée par l’association des psychologues “Savoir et bien-être”, à la bibliothèque centrale de Bouira. Les intervenants, à l’image des Drs Karim Mekiri et Mahmoud Boudarène, respectivement enseignant en sociologie à l’université de Bouira et médecin psychiatre, ont tenté d’expliquer et de décortiquer la métamorphose de la société algérienne sous l’angle de ce mouvement. “Ce qui s’est passé depuis le 22 février 2019, on peut aisément le qualifier de miracle”, a indiqué le Dr Boudarène. 

Selon lui, l’insurrection populaire contre le régime et ceux qui l’incarnent était prévisible dans la mesure où les signaux d’une explosion sociale imminente étaient au rouge. “Le miracle réside dans le fait que cette société, et non des individus précis, a été immunisée contre la violence. Une immunité acquise dans la douleur et la souffrance des années de braise de la décennie rouge”, analysera M. Boudarène. D’après lui, c’est cette immunité qui a permis à notre pays de ne pas sombrer dans la spirale du Printemps arabe de 2011 et, par conséquent, d’échapper de justesse à ses terribles répercussions. “La société algérienne a énormément appris de ses propres drames et de sa propre tragédie (…) Le pacifisme de la révolution actuelle est, selon moi, la résultante d’un long et périlleux processus vers la liberté, entamé il y a près de quarante ans”, a-t-il explicité. La violence qui caractérisait la société algérienne, notamment dans les manifestions et les stades, M. Mahmoud Boudarène l’a totalement imputée au pouvoir en place, en précisant qu’elle a été sciemment enracinée dans les mœurs. “Le système a déshumanisé la société et a tenté d’extraire cette empathie envers autrui qui fait de nous des êtres humains civilisés”, a-t-il souligné. 
En effet, selon le conférencier, le pouvoir, à travers sa répression systématique de toute expression populaire, a “inoculé” le virus de la violence au peuple, afin de le défaire de tout esprit de solidarité et d’empathie. “Lorsqu’on voit des millions d’Algériens et d’Algériennes sortir dans la rue sans casser la moindre branche et nettoyer derrière eux, on ne peut que s’incliner devant cet éveil des consciences”, se félicitera le Dr Boudarène. De son côté, Karim Mekiri a abordé le sujet sous l’angle de la métamorphose de la violence en créativité et moyen d’expression. “
Dans un passé pas très lointain, on constatait la violence partout et sous toutes ses formes les plus extrêmes, or depuis le soulèvement populaire du 22 février, cette violence s’est muée en moyen d’expression et de créativité. Il n’y a qu’à voir les pancartes, les slogans et autres expressions utilisés lors des marches du vendredi. On frôle carrément le génie”, fera remarquer M. Mekiri. 
Mieux encore, selon lui, la société algérienne, à travers toutes ses composantes, s’est découvert un “sacerdoce”, celui de se libérer. “Aujourd’hui, le pacifisme est devenu l’outil absolu contre toute forme de répression et je crois que notre peuple en a pris conscience”, a-t-il conclu.  


RAMDANE BOURAHLA



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