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Commission d’enquête parlementaire sur la résidence du club-des-pins

APN : le RCD poursuit son lobbying

© D.R.

Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) ne désespère pas de faire aboutir son projet de constitution d’une commission d’enquête parlementaire sur la résidence d’État du Sahel (Club-des-Pins), même si la nouvelle Assemblée populaire nationale (APN) montre déjà des signes de frilosité quant à laisser l’initiative se concrétiser. Les députés du parti, qui ont enregistré la réaction hostile de leurs collègues indépendants, nullement découragés, maintiennent de démarcher les différents groupes parlementaires pour les convaincre d’appuyer leur demande. C’est ainsi que des députés apparentés au Front pour la justice et le développement d’Abdallah Djaballah, au Parti des travailleurs de Louisa Hanoune ainsi qu’au Mouvement de la société pour la paix d’Abderrezak Makri ont été approchés. À en croire Amar Saoudi, député du RCD, ces derniers se sont montrés sensibles et ont porté de l’intérêt pour le projet. Seulement, précise-t-il, ils éprouveraient des réticences à parrainer le texte de la demande dans son contenu élaboré par le parti de Mohcine Belabbas. Ils souhaiteraient, ajoute notre interlocuteur, discuter d’un texte consensuel.
Une requête à laquelle le RCD se déclare favorable, pour peu que l’objet de la commission d’enquête ne soit pas altéré, à savoir le montant des subventions que l’État alloue à la résidence qui a un statut d’Epic, la gestion de cette résidence et les critères d’admission des locataires. “Notre démarche ne vise pas des personnes mais la gestion d’une entreprise au statut bien particulier qui émarge au budget de l’État et qui continue d’être subventionnée au moment où les temps sont à la rationalisation des dépenses  publiques”, explique A. Saoudi. Cela dit, si le RCD est confiant quant à la récolte des 20 signatures minimum nécessaires pour l’introduction de la demande d’enquête parlementaire, il n’est pas assuré en revanche de voir sa démarche aller jusqu’au bout. La formalisation de la demande est, en effet, une condition nécessaire mais elle est loin d’être suffisante. Pour que l’enquête parlementaire ait lieu, il faudra que le bureau de l’APN donne son aval à la demande.
Ce qui n’est pas acquis pour la demande que le RCD compte introduire dès la reprise des plénières de l’Assemblée. La réaction des députés indépendants à la sollicitation de leurs collègues du RCD est assurément à lire comme un signe avant-coureur de ce que sera l’attitude du bureau de l’APN, composé essentiellement des représentants de la majorité parlementaire qu’on imagine mal permettre le passage à la loupe de la gestion de Club-des-Pins où résident nombre de ministres et autres hauts cadres de l’État.
D’ailleurs, il est pour le moins singulier, pour ne pas dire incompréhensible qu’une entité parlementaire réagisse comme l’a fait le groupe des indépendants au motif que des collègues agissant sous bannière partisane tentent de les impliquer dans une initiative parlementaire. Cela s’appelle du lobbying. Il se pratique dans toutes les Assemblées du monde et n’a jamais été dénoncé comme un harcèlement ou une pression.
Cet antécédent est de  mauvais augure pour le travail parlementaire, surtout en matière d’enquêtes puisque l’Assemblée algérienne est réputée pour être celle qui bloque le plus ce genre d’initiatives. Nombre d’initiatives du genre, sur des dossiers et questions divers, ont été avortées par le passé soit par un refus franc du bureau de l’APN ou par l’entremise de procédés sournois. Cependant, à la différence des législatures passées, durant celle en cours, les instances de l’APN sont tenues de répondre à la demande, le refus devant être motivé.


Sofiane AÏt Iflis


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