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Latifa Belarbi-Dridj * à propos du classement meilleur climat des affaires

“Avoir pour objectif d’être dans le Top 50”

© D.R.

Nabni : L'Algérie n'arrive pas à améliorer sa position dans le classement Doing Business de la Banque mondiale. Quels sont selon vous les principales raisons de cette faiblesse du climat des affaires en Algérie ?
Latifa Belarbi-Dridj : Effectivement, l’Algérie perd dix places dans le nouveau rapport Doing Business de 2018 et se situe désormais à la 166e place derrière l’Égypte (128e), la Tunisie (77e) et le Maroc (69e) qui est désormais le premier pays maghrébin en matière de climat des affaires. Ce classement n’est pas une surprise en soi au vu des indicateurs de ce rapport et le peu de réformes qui ont été menées. Nos résultats n’ont jamais été performants malgré la timide amélioration de notre classement en 2017 grâce à la réduction du nombre de procédures pour obtenir un permis de construire et l’amélioration de notre score de création d’entreprises.
Cette année encore, notre classement global est bien en deçà de la moyenne régionale (MENA), et si nous regardons de plus près, nos pires résultats sont dans “le commerce transfrontalier” où nous sommes à la 181e position sur 190, “l’obtention de prêts” où nous sommes classés à la 177e position et “la protection des investisseurs minoritaires” 170e rang. Il est vrai que cet outil de classement est controversé chez nous, mais il reste un outil pertinent pour le benchmark international et une opportunité de faire des réformes qui peuvent nettement améliorer notre image et être une “vitrine pour notre pays” pour attirer les investisseurs. Certains pays prennent ce rapport au sérieux et travaillent d’année en année pour améliorer leurs résultats dans les indicateurs, pourquoi ne faisons-nous pas de même pour commencer ?

Nabni pense que l'Algérie devrait se fixer un objectif ambitieux : être dans le Top 50 des meilleurs pays dans le monde où le climat des affaires est propice. Trouvez-vous cet objectif réaliste ? Quelles seraient les conditions à réunir pour atteindre ces niveaux de performance ?
C’est un objectif audacieux mais tout à fait à notre portée pour peu qu’on ait une réelle volonté de l’atteindre et qu’on se dote des bons outils de gouvernance pour mener les réformes idoines dans les meilleures conditions. Pour commencer et comme proposé dans le plan Abda II, il faudrait commencer par un pilotage au plus haut niveau (Premier ministère ou présidence de la République) de concert étroit avec le secteur privé pour avoir un plan d’action détaillé et résoudre les problématiques rencontrées sur le terrain par les investisseurs. Ceci devra se faire avec un tableau de bord, une liste de “qui fait quoi” et un échéancier précis. Certaines réformes simples et rapides peuvent vite changer notre classement : c’est le cas de la transparence dans la gestion du foncier en rendant publiques toutes les procédures (cahiers de charges compris), les listes d’attributions de concessions de terrains industriels ou de zones d’activités économiques ainsi que toutes les transactions y afférentes. Un portail web et une communication transparente pourraient nous faire gagner une progression fulgurante en ce sens. Il sera donc judicieux de chercher les résultats rapides sans ignorer les chantiers de moyen et plus long termes et c’est là où le pilotage joue un rôle clé.

La dématérialisation de procédures via la mise en place d’un système de e-gouvernement peut-elle apporter des solutions pour dépasser les lenteurs bureaucratiques ?
Il est incontestable que le e-gov peut apporter une réelle solution pour plus de fluidité dans les procédures administratives et pour une plus grande transparence. Nous avons les capacités et pouvons vite avoir des résultats concrets. D’ailleurs, nous l’avons vu avec le passeport biométrique ; au-delà de son utilisation simple, il rend plus efficace la gestion administrative et procure un sentiment de communication transparente entre pouvoirs publics et citoyens (cf suivi de l’état d’avancement). Pourquoi ne nous basons-nous pas sur ce qu’on a déjà réussi en l’appliquant à ce qui a trait à l’investissement et au développement du secteur privé ?

(*) Latifa Belarbi-Drij est membre Nabni. Économiste spécialiste dans le développement du secteur privé (approche clusters), elle est conseillère en politiques publiques à l’international auprès de gouvernements et d’institutions internationales.


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Brahms le 18/02/2018 à 15h11

C'est pas difficile à comprendre. La Société étrangère voudra payer le moins d'impôt possible, rapatrier ses devises étrangères, faire du profit en exploitant la main d'oeuvre locale en offrant des postes d'emplois. C'est donc celui qui a le capital qui va fixer ses propres règles. On connait la musique.

Brahms le 19/02/2018 à 8h33

La Société Free s'est implantée au Maroc et son PDG Xavier Niel a une fortune estimée à 06 milliards d'euros. Or, le Centre d'appel Free a été en grève car les salaires sont à 5 000 dirhams marocains (438 €) par mois pour 44 heures de travail par semaine. La vie est chère et forcément c'est insuffisant pour vivre. Les capitalistes sont des requins, des avares, ils veulent gratter partout pour faire de la surface financière alors que l'argent est géré par le Démon Mamonn.

Brahms le 19/02/2018 à 8h36

Les hommes ne courent qu'après le démon Mammon. Dans le Nouveau Testament de la Bible c'est la richesse matérielle qui est personnifiée en divinité à laquelle les hommes sont susceptibles de vouer leur vie. Son adoration correspond dans l'Ancien Testament ou dans la Torah au culte du Veau d'or, et dans la morale catholique à l'avarice qui est un péché mortel.

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