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Remplacement d’Ahmed Ouyahia

Bedoui-Lamamra, un duo pour la “continuité”

Noureddine Bedoui et Ramtane Lamamra reçus, lundi dernier, par le chef de l’état. © D.R

Le nouveau Premier ministre et le vice-Premier ministre ont tous les deux servi dans des gouvernements sous Bouteflika.

On prend les mêmes et on recommence. Dans ce qui est présenté comme une réponse à la rue qui, depuis 15 jours, réclame son départ et un changement radical, le président Bouteflika, en plus du renouvellement de son offre politique (convocation de la conférence nationale, organisation d’une présidentielle anticipée, etc) faite déjà aux Algériens le jour du dépôt de sa candidature et du report de la présidentielle, a décidé de procéder à un changement de gouvernement pour gérer la prochaine étape. Il remercie Ahmed Ouyahia et nomme à sa place le binôme Noureddine Bedoui-Ramtane Lamamra, le premier comme Premier ministre et le second comme vice-Premier ministre. Pourquoi deux têtes à la tête de l’Exécutif ? Bouteflika n’a pas jugé utile de le préciser.
Lors des passations de consignes hier avec son prédécesseur, le tout nouveau Premier ministre, Noureddine Bedoui, a affirmé que “le temps et la confiance sont nécessaires pour la concrétisation de toutes les aspirations exprimées par le peuple algérien, toutes catégories confondues, dont les jeunes”. Et d’ajouter : “Je m'engage devant le peuple algérien à être à son écoute, à son service et proche de lui, notamment pour répondre aux appels que nous avons  entendus ces dernières semaines.”  Son vice-Premier ministre, Ramtane Lamamra, a estimé, dans une déclaration faite lundi soir à RFI, que les Algériens n’ont “pas droit à l’erreur”. Après avoir fait la leçon aux jeunes qui, recommande-t-il, doivent “se hisser au niveau, se mettre au diapason de cette responsabilité historique”, Lamamra a fait la ferme promesse que la prochaine présidentielle sera totalement “libre”. “Ce sera l’affaire de tout le monde”, insistait-il. Des promesses que les Algériens ont eu tout le loisir d’entendre par le passé. Et rarement, pour ne pas dire jamais, tenues, bien entendu. Cet attelage à la tête de l’Exécutif a-t-il convaincu les Algériens ? Peu sûr. En tout cas, il n’a pas gagné l’adhésion des partis de l’opposition qui en ont vu l’expression de la volonté de Bouteflika d’avoir la haute main sur la période de transition. “La nomination d’un fidèle au poste de Premier ministre et le rappel d’un bon démarcheur au plan international pour un poste de vice-Premier ministre sont des signes qui ne trompent pas sur un projet d’une vaine reprise en main devant la détermination des populations et de corporations entières”, analyse le RCD. Pour Talaie El-Houriat, la nomination de Noureddine Bedoui comme Premier ministre n’est pas de bon augure et “ne reflète manifestement pas une audace dans le changement annoncé”. Et le parti d’Ali Benflis de rappeler le beau palmarès du nouveau locataire du palais du Dr-Saâdane en matière d’atteinte aux libertés publiques. “Le nouveau Premier ministre a, en effet, déjà derrière lui un héritage bien lourd en matière de restriction des droits et des libertés à travers les reculs qu’il a fait opérer aux lois sur les partis politiques et sur le régime électoral, aux droits de rassemblement et de manifestation ainsi qu’au droit des partis à réunir leurs instances régulières. De même, qui ne se souvient pas qu’en qualité de ministre de l’Intérieur il a gagné une solide réputation dans la répression des mouvements sociaux et d’orfèvre dans l’art de la fraude électorale”. Tout est dit. Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) déplore le fait que le nouveau gouvernement ne soit pas de “consensus” présidé par “une personnalité consensuelle” qui aurait eu pour charge la “concrétisation des réformes sur lesquelles il y a consensus”. Idem pour le Parti des travailleurs qui a fait part de sa préférence pour “un gouvernement technique qui agit dans une totale transparence, composé de femmes et d’hommes probes et patriotes, capables d’être à l’écoute de la majorité, pour gérer les affaires courantes jusqu’à ce que la majorité tranche sur la nature du régime à mettre en place et donc le calendrier électoral”.
À vrai dire, la nomination de M. Bedoui, un homme connu pour être un proche des Bouteflika, comme Premier ministre, trahit le manque flagrant de volonté chez les décideurs à mener des réformes consensuelles et à changer le système. Le régime en place est toujours dans la petite ruse, érigée en mode de gouvernance, pour gagner du temps, maintenir le statu quo et garder le pouvoir.


Arab Chih

 


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