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Il a animé hier un débat à l’université de Béjaïa

Belaïd Abane plaide pour un directoire national de transition

Le professeur Belaïd Abane. © Archives/Liberté

“Toutes les transitions réussies sont passées par des chartes, intégrées ensuite dans les Constitutions”, a-t-il affirmé.

Le professeur Belaïd Abane a animé hier au campus de Targa Ouzemmour une conférence-débat autour d’un thème relevant de l’actualité brûlante : “Le politique et le militaire : le présent à la lumière du passé”. 
Le conférencier, auteur d’ouvrages traitant de l’histoire, consacrés notamment à l’architecte du Congrès de la Soummam, a expliqué : “Nous sommes à un moment de l’histoire où la situation du pays est bloquée.” “La relation entre le militaire et le politique n’est pas réglée”, a-t-il ajouté. Pour Belaïd Abane, le retour, présentement, du “militaire sur la scène n’est pas pour arranger les choses”, d’autant que, arguera-t-il en puisant dans l’histoire contemporaine du pays, “chaque fois que l’Algérie est en crise, on assiste au retour de l’hégémonie militaire”. Il en citera des exemples : “Lorsque les dirigeants du Crua sont allés s’installer en Tunisie, il y a eu le massacre de Melouza et la bleuite. En 1962, durant l’été de la discorde — pour reprendre Ali Haroun — il y a eu l’abattage des harkis. Durant la décennie noire, il y a eu le face-à-face entre l’armée et les groupes armés islamistes.”
Aussi, le conférencier, qui a été pédagogique sans pour autant ennuyer son auditoire par un discours académique, bien que le lieu s’y prête, plaidera pour une période de transition et la mise en place d’un directoire national souverain pour la transition, lequel doit être composé de cinq membres dont un représentant de l’institution militaire. Un directoire qui doit avoir une vision et proposer un projet social. Il a énuméré, pour ce faire, les différents mécanismes devant être mis en place pour réussir cette transition : une convention nationale sur le modèle de la Révolution française de 1789 ; la conférence nationale souveraine, laquelle est inspirée, a-t-il indiqué, de l’expérience plutôt réussie du Bénin.
Selon lui, tout cela passe par l’implication effective de l’armée, laquelle doit accompagner et faciliter cette transition, qu’il décline comme une véritable refondation de l’État et de la nation. “Sa mission est essentielle au cours de la phase de transition”, a-t-il rétorqué à un intervenant qui ne comprenait pas que l’on puisse impliquer le commandement militaire, alors que la rue réclame un État civil. Le politologue a estimé au contraire que le rôle de l’institution militaire est des plus importants. “Je ne pense pas qu’il soit possible de faire une transition sans l’armée”, a-t-il déclaré avec insistance : “C’est à elle d’impulser l’émergence d’un directoire national de transition (DNT) de cinq personnes comprenant un officier supérieur, désigné par ses pairs du haut commandement, auxquels seront confiés tous les pouvoirs de l’État.”
Il a retenu aussi le principe d’une charte nationale. 
Il faut, expliquera-t-il, que “chaque acteur politique signe cette charte pour aller ensuite à une compétition politique”. Et d’affirmer : “Toutes les transitions réussies sont passées par des chartes, intégrées ensuite dans les Constitutions.” C’est pour lui un document fondamental 
nécessaire.
 

M. OUYOUGOUTE



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