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Belaïd Abdeslam ou la mémoire sélective

Nous aurions aimé éviter le commentaire sur un personnage qui a occupé de hautes fonctions dans l’État algérien. Ne serait-ce que par respect à toutes ces lourdes charges qu’imposait le poste de chef de gouvernement, au début des années 1990, lorsque le terrorisme faisait des ravages et que la Nation était menacée de disparition. Mais peut-être que M. Belaïd Abdeslam ne nous a pas trop laissé le choix, lui qui, à partir de son pays d’accueil, la France, a pris attache avec un média mercenaire(1) pour régler ses vieux comptes. L’histoire retiendra certainement qu’Abdelaziz Bouteflika a constamment engagé des personnalités, autrefois respectées et respectables, dans des considérations personnelles et conjoncturelles jusqu’à les traîner dans la boue, pour ensuite s’en défaire. Belaïd Abdeslam en fait désormais partie, lui qui, à travers son entretien téléphonique avec la chaîne TV mercenaire, a fini d’achever le peu de crédit qu’il a pu économiser jusque-là. Mais plutôt que de solder ses vieilles querelles avec le capitaine d’industrie, Issad Rebrab, nous aurions aimé voir l’ancien chef de gouvernement rentrer au pays et participer sereinement au débat national. N’y a-t-il pas, en effet, matière à parler de la vacance du pouvoir, de l’inertie des institutions de la République, de la crise économique qui ronge le pays et de l’absence de toute perspective et visibilité sur l’avenir ? De toutes ces évidences, M. Belaïd Abdeslam n’a vu et n’a retenu que le rachat d’actions du groupe El Khabar par une filiale de Cevital, Ness-Prod. Le reste, tout le reste, a peu d’intérêt, sinon aucune importance à ses yeux. Nous aurions aimé aussi que M. Belaïd Abdeslam nous parle de son passage à la tête du gouvernement, puisqu’il se fait, aujourd’hui, un devoir d’évoquer le passé. Revenir, par exemple, sur son fameux discours historique où il déclarait en direct à la Télévision nationale, devant les Algériens : “C’est l’armée qui m’a fait venir et seule l’armée peut me faire partir.” Cela ne l’empêche pas aujourd’hui de participer à une campagne de lynchage dirigée contre un investisseur algérien au motif supposé que celui-ci aurait bénéficié de l’appui de cette même armée qui a fait de M. Belaïd Abdeslam un chef de gouvernement, de son propre aveu !
L’ancien chef de gouvernement peut aujourd’hui nous éclairer sur ceux qui l’ont hissé à de hautes fonctions avant de le démettre. Nous livrer des noms et des témoignages qui aideraient à rétablir certaines vérités, ou encore nous en dire un peu plus sur cette pratique qui consistait à vendre du pétrole en pleine mer, clandestinement, par bateaux entiers. Au lieu de cela, M. Belaïd Abdeslam ne semble avoir le souvenir que pour les vieilles rancœurs personnelles. Et M. Belaïd Abdeslam peut avoir raison d’invoquer partiellement l’histoire. Car, il est des souvenirs durs à évoquer, comme le jour où il a quitté le Palais du gouvernement pour aller directement à l’aéroport d’Alger, Houari-Boumediene, prendre un avion vers son pays d’accueil, la France, où il réside depuis. Encore une fois, vu son âge avancé, nous n’aurions pas aimé incommoder M. Belaïd Abdeslam dans son confort parisien, mais hélas, il est venu vers nous, et nous nous sentons le devoir de faire preuve d’hospitalité à son égard.

(1) Appel pressant au directeur de ce média : nous aimerions vous voir consacrer vos capacités d’investigation, celles-là même qui vous ont permis de mettre la main sur un rapport d’enquête de l’APN, afin de révéler à l’opinion nationale le contenu du rapport de cette même assemblée suite à l’enquête parlementaire sur la fraude électorale de 1997. Mais, de grâce, pas de faux !


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