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Il a été LAISSÉ mardi en “liberté provisoire”

Benmessaoud peut-il rester au gouvernement ?

Abdelkader Benmessaoud. © Archives Liberté

Mardi en fin de journée, le conseiller désigné par la Cour suprême pour instruire les dossiers des anciens ministres et walis concernés par le privilège de juridiction a décidé de mettre Abdelkader Benmessaoud “en liberté provisoire”. Si la mesure est courante dans les annales de la justice algérienne, elle a rarement été prononcée à l’encontre d’un haut commis de l’État en exercice, en l’espèce un membre du gouvernement. 

Quelques minutes après sa sortie de la Cour suprême, Adelkader Benmessaoud a rejoint son bureau. Le juge venait de lui signifier qu’il était en sursis. En le mettant sous le régime de “la liberté provisoire”, cela signifie qu’il peut être mis en détention à n’importe quel moment. Cela présume également que les présomptions qui pèsent sur l’homme, poursuivi pour avoir attribué des “avantages indus” et des terres à l’homme d’affaires Mahieddine Tahkout lorsqu’il était wali de Tissemsilt, sont très lourdes. Pourtant, l’homme a fait comme si rien ne s’était passé. Au sein de la classe politique, peu de responsables ont réagi. 
Seul Soufiane Djilali l’a fait promptement. Dans un tweet, le président de Jil Jadid a écrit qu’après “la série des ‘ex’, maintenant ce sont les ministres et les walis en poste qui sont sous contrôle judiciaire. Ce gouvernement désigné par la mafia doit démissionner maintenant”. Les autres politiques n’ont toujours pas réagi. Abdelkader Benmessaoud n’est pas le seul membre de l’actuel gouvernement à être entendu par la justice. Le ministre des Finances, Mohamed Loukal, a, lui aussi, été entendu quelques jours seulement après son installation. Mais il est laissé libre et aucune charge n’est retenue contre lui. 
On ne sait d’ailleurs pas quelle était sa qualité lors de cette audition qui concernait les crédits attribués à l’homme d’affaires Ali Haddad. 
La mise sous le régime de la “liberté provisoire” ne vaut certes pas une condamnation. La présomption d’innocence est donc de mise tant que le procès n’a pas eu lieu. Mais dans un gouvernement soucieux de la morale et de l’éthique politique, une mise en examen induit, par principe, des conséquences politiques. Le ministre concerné doit donc remettre sa démission, comme cela se passe dans toutes les démocraties. Ce qui se passe confirme en effet que le fonctionnement du régime actuel ne diffère pas des précédents. 
Durant le long règne d’Abdelaziz Bouteflika, des ministres et de hauts responsables étaient cités dans des affaires de corruption, mais jamais convoqués par la justice. À chaque fois que la responsabilité politique était évoquée, les responsables de l’époque évoquaient la “présomption d’innocence”. Sauf que cette fois-ci un ministre est mis en liberté provisoire. Mais il reste au gouvernement.


Ali Boukhlef


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