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Alors qu’il peine à organiser la présidentielle

Bensalah use largement de ses prérogatives

© D.R

Le chef de l’État par intérim, Abdelkader Bensalah, peine à conduire sa mission principale, c’est-à-dire l’organisation de l’élection présidentielle (échec des consultations autour de l’instance indépendante de préparation et surveillance du scrutin, refus des magistrats et élus communaux de le superviser, rejet du corps électoral…).

En revanche, il use, sans complexe, depuis l’activation de l’article 102 le 9 avril dernier, de larges prérogatives que lui confère la Constitution. Il a procédé à la nomination d’un nouveau président du Conseil constitutionnel, quelques heures à peine après la démission de Tayeb Belaïz, alors que la loi fondamentale lui donne un délai de quinze jours. Moins d’une semaine après, il a limogé le directeur général des douanes et l’a immédiatement remplacé. Lundi dernier, profitant d’un mouvement de colère contre le wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, après l’effondrement d’une bâtisse dans la Basse-Casbah qui a fait cinq victimes, il a opéré, en fin de la journée, un mouvement partiel dans le corps des administrateurs des exécutifs de wilayas. Le lendemain,  il a démis de ses fonctions le P-DG de Sonatrach et désigné aussitôt son successeur. Des sources concordantes évoquent d’autres changements imminents à la tête d’organismes et d’organisations stratégiques. Abdelkader Bensalah a, certes, le droit de prendre ces décisions. La loi fondamentale lui interdit uniquement d’instituer un état d’exception ou d’urgence, de convoquer le Haut conseil de sécurité, de légiférer par ordonnance, de démettre le gouvernement en exercice, de réviser la Constitution, d’organiser un référendum et de signer des traités internationaux. Il est utile, néanmoins, de s’interroger sur les visées de ce qui s’apparente à un plan réfléchi, minutieusement exécuté.  Croire à une simple volonté d’apaiser une rue de plus en plus hostile aux symboles du régime est réducteur, dès lors que les personnes clairement mises dans le collimateur de millions
de manifestants (Bensalah lui-même, Saïd Bouteflika, Bedoui et ses ministres, Bouchareb, Ghoul, Amara Benyounès et Amar Saâdani…) ne sont guère inquiétées, jusqu’à présent du moins. Ce qui suppose que ces limogeages et nominations répondent à des objectifs précis, principalement celui de mettre en place un maillage administratif contrôlé en perspective de l’après-élection présidentielle. Les maîtres artisans du régime mettent visiblement à profit l’intervalle des 90 jours d’intérim à la plus haute fonction de la hiérarchie de l’État, pour repositionner leurs pions et reconstituer leur pouvoir hégémonique, ébranlé par l’insurrection populaire. Le chef d’état-major de l’anp et vice-ministre de la Défense nationale, Ahmed Gaïd Salah, poursuit de préconiser l’application stricte de l’article 102 de la Constitution, dont les dispositions permettent un changement de façade sous l’emprise du régime que, désormais, il défend franchement. Le sérail mise certainement sur l’usure de la mobilisation citoyenne par le temps qui passe sans que ses revendications aboutissent. Un pari à quitte ou double. 


Souhila H.


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