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A la une / Actualité

le chef de l’état a été saisi par le Comité de soutien aux investissements économiques

Blocage de Cevital : lettre ouverte au président de la République

Marche de soutien aux travailleurs de Cevital et aux investissements économiques, le mois de mai 2017, à Béjaïa. ©Archives Liberté

La Coordination nationale des comités de soutien aux travailleurs de Cevital et aux investissements économiques a saisi, hier, le président de la République par le biais d’une lettre ouverte. Elle revient, dans ce courrier, sur l’affaire du projet d’usine de trituration de graines oléagineuses de Cevital à Béjaïa, bloqué depuis un an sans aucun justificatif réglementaire. La Coordination appelle le chef de l’État à intervenir pour mettre fin à ce qu’elle qualifie de “sabotage économique”. Lire, ci-dessous, l’intégralité de la lettre ouverte.

Monsieur le Président,
Nous nous adressons à vous, aujourd’hui, pour porter à votre connaissance un crime économique flagrant et vous demander d’user de votre autorité pour y mettre un terme dans le strict respect des lois de la République.
En effet, depuis mars 2017, des équipements industriels neufs et de dernière technologie, destinés à un projet d’usine de trituration de graines oléagineuses du prestigieux groupe Cevital, sont systématiquement refoulés par le président-directeur général de l’Entreprise portuaire de Béjaïa.
Cette attitude, que nous n’avons cessé de dénoncer, est sans fondement légal ni réglementaire. C’est un dépassement de prérogative, voire un abus de pouvoir. L’unique motif officiellement invoqué, à savoir l’état de saturation du port de Béjaïa, se trouve frappé de nullité dès lors que le groupe Cevital dispose d’une assiette de terrain, située dans une zone industrielle, extérieure au périmètre portuaire et destinée à accueillir le projet.
Et au-delà du préjudice subi par le groupe Cevital, ses travailleurs et plus généralement les populations de la région de Béjaïa, la grande victime de ce crime est, incontestablement, l’économie nationale productive.
Ce crime est commis au moment où des voix, la vôtre en premier, Monsieur le Président, appellent à une accélération de la diversification de l’économie algérienne, seule alternative à la crise actuelle.
Le projet de Cevital s’inscrit justement en droite ligne de cette exigence incontournable. Il offre au pays nombre d’avantages économiques et financiers. En plus de la création de 1 000 emplois directs, le projet de Cevital aura un effet d’entraînement certain sur l’agriculture par le développement des cultures des graines oléagineuses et provoquera un regain d’intérêt chez nos agriculteurs pour l’exploitation des terres laissées en jachère. Avec la garantie d’un débouché pour les récoltes et l’assurance d’une stabilité de l’activité, ce seront plus de 100 000 emplois indirects qui verront le jour dans le secteur agricole.
Le projet assurera également les besoins de notre pays en matière d’huiles végétales brutes et de tourteaux de soja, entièrement importés aujourd’hui pour un coût de 1,5 milliard de dollars par an. Il contribuera ainsi grandement à la sécurité alimentaire de notre pays, un enjeu dont l’importance n’est plus à démontrer. Mieux encore, avec ce projet, l’Algérie pourra enfin prétendre au statut d’exportateur en dégageant un excédent de 1,5 million de tonnes qui sera destiné aux marchés extérieurs et pour une valeur de 750 millions de dollars. Au total, la balance de paiement du pays bénéficiera chaque année de 2,25 milliards de dollars.

Monsieur le Président,
Le groupe Cevital, comme nombre d’acteurs économiques publics et privés, a montré une maîtrise parfaite de la culture entrepreneuriale, une vision stratégique reconnue et un sens élevé de l’intérêt de la collectivité nationale.  C’est un atout dont rêverait tout pays soucieux de gagner les batailles d’aujourd’hui et relever les défis de demain.
L’enjeu dépasse de loin l’intérêt d’un groupe ou d’une région. Il se rapporte au devenir d’un pays, notre pays. Désormais, aucun argument valable ne peut être avancé pour justifier le blocage d’un projet de cette envergure.
Par ailleurs, ce sabotage absurde et aberrant impacte négativement la région en la privant de dizaines de milliers d’emplois et d’une source d’imposition non négligeable. Cela nourrit les frustrations, alimente le sentiment d’exclusion et élargit les fractures. La discrimination par la redistribution sélective de la richesse nationale est un renoncement à l’État de droit, à l’État tout court.
Pour rappel, la wilaya de Béjaïa a très peu profité de la récente embellie financière. Elle n’a bénéficié d’aucun projet structurant d’ampleur et les rares projets publics inscrits pour le compte de la wilaya sont soit inachevés ou alors carrément gelés.
Quant aux initiatives privées, elles peinent à connaître un aboutissement heureux en raison de la bureaucratie et de la corruption. Pire, elles sont souvent victimes de veto sans nom et sans visage.

Monsieur le Président,
Nous nous adressons à vous, après avoir épuisé toutes les voies de recours possibles et imaginables. Tous les échelons de la hiérarchie des pouvoirs publics ont été en vain sollicités. Wali, ministres et Premiers ministres se sont tous refugiés dans un silence lourd et mystérieux.
Nous nous adressons à vous en votre qualité de premier magistrat du pays pour faire respecter la règle de droit et mettre fin à l’arbitraire et à l’abus.
Votre intervention n’est pas seulement souhaitée. Elle est attendue. Car il s’agit de réengager le pays dans la voie de la reconstruction. C’est la seule alternative à l’effondrement.

BéjaÏa le 3 mars 2018
P/la Coordination Nationale,
le porte-parole, BOUZIDI Mourad


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