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A la une / Actualité

Le déplacement est justifié officiellement par “des contrôles médicaux périodiques”

Bouteflika depuis hier en Suisse

Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika. © D.R

Le communiqué de la présidence de la République ne précise pas la nature des contrôles médicaux que le chef de l’État va subir, ni la durée de son séjour en terre helvétique.

Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, s’est rendu, hier, en Suisse pour y subir, officiellement, des “contrôles médicaux périodiques”. Ce déplacement  du chef de l’État en terre helvétique pour des raisons de santé, a été annoncé par la présidence de la République dans un court communiqué, répercuté par l’agence de presse APS. “Son Excellence
M. Abdelaziz Bouteflika, président de la République, a quitté Alger ce lundi 27 août 2018 à destination de Genève en Suisse pour y effectuer des contrôles médicaux périodiques”, indique ainsi le communiqué, rédigé dans le même style que ceux diffusés auparavant par la même institution pour informer des déplacements d’Abdelaziz Bouteflika pour des soins à l’étranger.
Le document ne précise donc ni la nature des contrôles ni la durée du séjour du Président en Suisse. Intervenant dans un moment où des partisans de la pérennité du pouvoir en place, partis politiques et autres thuriféraires se recrutant parmi les organisations de la société civile et les personnalités nationales, s’activent à asseoir l’option du 5e mandat, cette évacuation pour “contrôles médicaux périodiques” relancera, à coup sûr, le débat sur la capacité de Bouteflika à assumer les hautes charges d’un président de la République. Ceci, surtout que jusque-là, la santé du chef de l’État n’a pas fait l’objet de bulletins médicaux. L’opinion ne sait de la santé de Bouteflika que ce qu’affirment certains chefs de partis qui évoluent dans la proximité des centres du pouvoir. Une communication qui, parfois, renforce plus qu’elle ne dissipe les doutes.
Des doutes qu’alimente aussi la réduction drastique des apparitions publiques de Bouteflika. En effet, depuis sa sortie de l’hôpital français du Val-de-Grâce en 2013, le président de la République a réduit ses activités publiques au strict minimum protocolaire. En 2013, le chef de l’État a été admis au Val-de-Grâce pour un AVC. Un communiqué de la République avait alors, on se le rappelle, indiqué que le chef de l’État était atteint d’un “accident ischémique transitoire” sans séquelles, autrement dit un mini-AVC. Depuis juillet 2013, la communication autour de la santé du chef de l’État relève des secrets du palais. Des communiqués épisodiques annoncent le déplacement de l’homme vers l’hôpital de Grenoble, dans le sud de la France, où son médecin traitant exerçait. Mais ces voyages, parfois tus à Alger, sont souvent révélés par les médias français. Ce qui a poussé les autorités algériennes à choisir Genève, une destination plus discrète et visiblement plus sûre pour un homme dont la discrétion est une vertu cardinale. La maladie du chef de l’État, gérée avec de la prudence par les autorités dans un premier temps, s’est banalisée au fil du temps. Devant l’évidence, les hauts responsables de l’État n’hésitent pas à admettre la situation. Mais tous s’échinent à affirmer que si le chef de l’État est diminué physiquement, ses capacité intellectuelles sont “intactes”. Amara Benyounès, président du MPA, Mouvement populaire algérien, et fidèle soutien du chef de l’État, a indiqué un jour que “le président de la République réfléchit avec sa tête et non avec ses pieds”. Puis, plus récemment encore, le porte-parole du RND, Seddik Chihab, a indiqué que les “Algériens ont accepté” un chef de l’État “malade”. Mais quoiqu’ils affirment, il reste vrai que la maladie du chef de l’État impacte négativement le fonctionnement des institutions du pays. L’Algérie n’est plus pratiquement représentée dans les  rencontres internationales. Et le pays ne reçoit pratiquement plus de visites d’État. Depuis l’annulation, en mars 2015, de la visite de la chancelière Angela Merkel — qu’on annonce de nouveau à Alger en septembre — rares sont les chefs d’État qui se sont hasardés à se rendre à Alger. Ceux qui viennent sont reçus à Zéralda mais pas au palais d’El-Mouradia.
Sur le plan interne, les réunions du Conseil des ministres se déroulent de manière épisodique. Et l’absence du président de la République a même créé des cafouillages jamais connus au sein des institutions de l’État. Ainsi, à l’été 2017, l’ancien Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune a été limogé trois mois seulement après avoir été nommé.
Pis encore, le gouvernement de ce dernier a été marqué par d’incroyables capharnaüms marqués par l’annonce de la nomination d’un ministre qui a été limogé deux jours seulement après sa désignation. C’est dans cet interminable scénario où Abdelaziz Bouteflika alterne de longues absences et des épisodes de voyages médicaux que ses partisans lui préparent un mandat à vie.


Ali Boukhlef

 


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