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La présidence dément toute rencontre entre les deux hommes

Bouteflika-Ksentini : qui dit vrai ?

Siège de la présidence de la République. © D.R.

D’aucuns s’interrogent sur la véracité des faits rapportés par la presse mais également sur les arrière-pensées qui entourent autant la sortie de l’avocat que le démenti de la présidence de la République.

Alors qu’on n’a pas encore percé le secret du cafouillage ayant entouré la nomination éphémère du ministre du Tourisme lors de la désignation du gouvernement Tebboune et peu avant lui de la mise à l’écart, de façon peu orthodoxe, de l’ex-SG du FLN, Abdelaziz Belkhadem, voilà qu’un autre “incident” vient brouiller davantage la visibilité autour du fonctionnement institutionnel et les perspectives politiques du pays.
Peu après la publication hier par de nombreux titres de la presse nationale et avant par de nombreux sites électroniques des déclarations de l’avocat, Me Farouk Ksentini, évoquant les détails d’une rencontre qu’il aurait eue avec le président Bouteflika, la présidence de la République s’est fendue d’un communiqué qualifiant les propos rapportés d’“affabulations”.
“Un certain nombre de déclarations rapportées par la presse électronique et quotidienne, hier samedi 18 novembre et aujourd'hui dimanche 19 novembre 2017, stipulent que le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, aurait accordé une audience à Me Farouk Ksentini qui aurait abordé avec lui des questions ayant trait à la situation actuelle ainsi que les perspectives futures. La présidence de la République dément catégoriquement, autant la véracité de l'audience que celle du contenu qui lui est accolé et considère qu'il s'agit là de pures affabulations”, a indiqué le communiqué de la présidence de la République.
Dans les comptes-rendus publiés par la presse, l’avocat et ancien président de la Commission nationale consultative pour la promotion et la protection des droits de l’Homme (CNCPPDH) a indiqué avoir rencontré la semaine dernière, à Zéralda, le Président, avec lequel il a discuté pendant une heure. “Je le connais depuis plus de trente ans. J’ai constaté qu’il a un grand désir de se représenter pour un cinquième mandat. C’est son droit et nous le soutenons. La Constitution ne l’empêche pas de se présenter pour un autre mandat, il faut que le choix des urnes soit respecté. Je connais bien le Président, il veut rester au service de son pays et à sa disposition jusqu’à la mort”, a affirmé Me Ksentini.
Selon lui, le Président est “au courant de tout se qui se passe” dans le pays, démentant ainsi les spéculations autour d’une prétendue “perte de connaissance ou son incapacité à réfléchir”. “Son analyse de la situation politique est parfaite ; il est vrai que sa voix a baissé et qu’il a du mal à bouger ses pieds, mais sa santé mentale est bonne”, a-t-il assuré.
D’après Me Ksentini, le Président lui a dit “que l’Algérie doit se libérer des hommes d’affaires car certains ne travaillent que pour leur propres intérêts”. “L’Algérie doit rester un État social”, aurait déclaré Bouteflika. À se fier à certaines sources, Farouk Ksentini, assailli par la presse, se serait “étonné” de la réaction de la présidence de la République.
Du coup, l’on s’interroge sur la véracité des faits rapportés par la presse mais également sur les arrière-pensées qui entourent autant la sortie de l’avocat que le démenti de la présidence de la République. Quand bien même habitué à des sorties fracassantes, du temps où il était à la tête de la CNCPPDH, Farouk Ksentini, par calcul personnel ou inspiré, a-t-il menti dans l’objectif de se replacer, lui qui jusque là a souvent fait référence au président de la République sans qu’il ne soit rappelé à l’ordre ?
Dans ce contexte, il est utile de rappeler sa suggestion de l’amnistie générale, une proposition qu’il avait prêtée implicitement au président de la République. Sinon, Farouk Ksentini a-t-il trop parlé, notamment lorsqu’il a évoqué l’état de santé du Président, sujet tabou si l’en est, ou encore son ambition de rempiler pour un autre mandat et son souhait “de libérer l’Algérie des hommes d’affaires” ?
A-t-il été manipulé par quelques clans pour quelques desseins inavoués surtout que la sortie intervenait à la veille de l’élection pour laquelle les citoyens ne semblent pas emballés ? Ou le communiqué serait-il l’œuvre de forces extraconstitutionnelles, incommodées par les épanchements de l’avocat, pour reprendre un vocable d’Ali Benflis ? Quelles que soient les motivations, les objectifs ou les enjeux y afférents, cette nouvelle séquence illustre la déliquescence du fonctionnement institutionnel.
Peu avant le limogeage de Tebboune, on avait bien vu une télé privée évoquant une note de la Présidence rappelant à l’ordre celui qui sera sacrifié quelques jours plus tard. Mais aucune trace officielle, depuis, de cette fameuse note.


Karim Kebir

 



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