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Bras de fer, blocage et malaise à l’APN

Bouteflika, l’arbitre qui ne dit plus rien

© D. R.

La résistance du président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Saïd Bouhadja, face au processus de destitution engagé contre sa personne, par les groupes parlementaires de la majorité, notamment celui du Front de libération nationale (FLN), a, visiblement, de quoi mettre le pouvoir dans une position inconfortable. Voire embarrassante.
D’ordinaire, les commis du système remettent le tablier sans faire de vagues, lorsque cela est exigé d’eux. Et Saïd Bouhadja, pour avoir depuis toujours fréquenté le pouvoir, ne peut pas méconnaître les procédés de révocation, ni d’ailleurs qui peut les inspirer, une fois le processus de déchéance décidé et sérieusement entamé. Qu’est-ce qui fait donc que le président de l’APN, qui n’a pas la réputation d’être un batailleur, refuse de céder à la demande ferme et express de la majorité parlementaire ? La réponse est certainement contenue dans les propos de Saïd Bouhadja, qui ne semble pas être très “convaincu” de l’origine de cette injonction. Et il le dit sans détour dans une déclaration faite au journal électronique TSA : “Il faut d’abord que je sache s’il s’agit d’une démission ou d’un limogeage. Il faut qu’on me l’explique, je demande à être convaincu. La démission est un acte volontaire. Je m’accorde deux à trois jours de réflexion.” Autrement dit, et Saïd Bouhadja a eu déjà à le souligner, il n’est pas “pressé de partir” tant que la “partie” qui l’a désigné à ce poste ne lui passe pas un coup de fil. Le président de l’APN parle certainement de la présidence de la République.
C’est du moins ce qu’il laisse entendre dans son entourage. À la presse, aussi. Mais voilà que du côté de la première institution du pays, aucun signe n’est donné. Pas le moindre, à vrai dire.
Il y a, cependant, le groupe parlementaire du FLN, le chef du parti Ould Abbes, aussi, qui évoquent des décisions verbales provenant du chef de l’État, Abdelaziz Bouteflika. Vraiment ? De toute manière, le troisième personnage de l’État ne semble pas trop y croire. Lorsque ceux-là lui avaient demandé de rétablir le secrétaire général de l’APN dans ses fonctions, au nom d’une missive verbale du président de la république, Saïd Bouhadja avait refusé d’abdiquer. Aujourd’hui encore, il refuse de partir. Il veut s’accorder du temps, et surtout, “comprendre”.
Comprendre, décidément, qui veut sceller son sort et s’il en a la prérogative. En un mot, Saïd Bouhadja veut savoir si c’est réellement Abdelaziz Bouteflika qui veut le “démissionner”. Et les doutes du président de l’APN, aujourd’hui formulés publiquement, ne sont pas pour arranger les affaires du système. Bien au contraire, les suspicions de Saïd Bouhadja ont de quoi conforter la thèse de l’opposition, comme quoi “ce sont des centres d’intérêts occultes qui dirigent actuellement le pays, en lieu et place d’un Président malade et pas très au fait de ce qui s’entreprend en son nom”. Aussi, les doutes du groupe des 19, pour la plupart des personnalités qui avaient fréquenté le chef de l’État et qui demandaient à le rencontrer au lendemain de sa reconduction pour un quatrième mandat, pour vérifier si certaines décisions qui “ne lui ressembleraient pas” étaient réellement prises par lui. L’épisode Bouhadja apporte également de l’eau au moulin de l’ancien chef de la DGSE, Bernard Bajolet, qui soutenait récemment qu’“Abdelaziz Bouteflika est maintenu en vie artificiellement” et que “cette momification du pouvoir algérien sert certains groupes qui, ainsi, se maintiennent au sommet et espèrent continuer à se maintenir et à s’enrichir”. C’est dire que le bras de fer en cours au sein de l’APN aura achevé de démontrer que la question de la vacance du pouvoir en Algérie n’est pas une simple vue de l’esprit… de l’opposition.
Dans un système politique tel que celui de l’Algérie, lorsqu’il y a un chef à bord, une institution parlementaire ne peut pas connaître une situation de blocage, moins d’une année après son élection.


Mehdi Mehenni


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