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Le président est apparu mardi affaibli et incapable d’effort

Bouteflika : le spectre flou du 5e mandat

Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, lors de sa visite à la zaouïa Belkaïdia. ©APS

Le chef de l’État n’a pas eu la force de tirer la cordelette pour dévoiler la plaque “inaugurale”.

Pour la seconde fois en un mois, le président de la République est sorti sur le terrain pour procéder à des inaugurations. Les images de sa sortie, transmises en différé, ont plus suscité la compassion de nombreux Algériens que le soutien, comme escompté par les promoteurs du cinquième mandat parmi les partis de l’alliance présidentielle et de ceux soutenant son programme. En effet, les Algériens ont eu, encore une fois, à découvrir le président Bouteflika toujours affaibli et diminué par la maladie, à la gestuelle lente et le bras incapable de faire le moindre effort.
Cela n’est qu’une apparence, dans l’optique de Djamel Ould Abbes, secrétaire général du FLN, analysant la première sortie du Président pour inaugurer la mosquée Ketchaoua et l’extension du métro d’Alger, l’essentiel est dans les autres capacités du Président, ses capacités mentales, louées également par l’ancien ministre des Affaires étrangères, Lakhdar Brahimi, et surtout sa qualité de rassembleur. Ould Abbes en veut pour preuve, les foules qui viennent le voir, l’acclamer et lui demander de poursuivre son œuvre qui a commencé par la paix et la stabilité et maintenant la phase de développement du pays. Les mêmes arguments qui ont prévalu en 2014 pour accréditer et valider l’idée d’un quatrième mandat sont repris en 2018 pour préparer l’opinion publique à l’éventualité d’un cinquième mandat.
Une perspective quasiment certaine pour Ould Abbes quand bien même il aurait été contraint de nuancer ses propos à ce sujet alors que ses partenaires, notamment le RND d’Ahmed Ouyahia, le MPA d’Amara Benyounès et TAJ d’Amar Ghoul ont choisi la prudence.
Les lectures maison faites de ces sorties plaident toutes en faveur d’un nouveau mandat pour le président Bouteflika. Ses sorties inscrites au registre des activités ordinaires du Président sont rares mais poursuivent de démontrer, si besoin est, qu’il travaille et qu’il est occupé. Cela d’autant plus que le contexte régional et la situation interne voudraient qu’il soit sur tous les fronts. Tous les ministres qui vont sur le terrain le font sous le sceau “d’une instruction ou orientation” du président de la République omniprésent dans toutes leurs activités.
Pour les promoteurs du 5e mandat, le président Bouteflika est le seul garant de la stabilité du pays et de son unité. D’où leur appel du pied. Ou alors, hypothèse peu probable, la mise en scène vise à, justement, créer ce sentiment global de compassion qui sera le déclic à un appel massif pour qu’il se préserve et se retire de la vie politique. Et ce serait pour lui épargner d’être exposé de la sorte et pour ne pas continuer à susciter toutes ces réactions indignées. Le système pourra s’ouvrir une porte de sortie honorable et le temps de mettre en œuvre le plan B pour l’échéance de 2019 où il sera encore le maître du jeu.
Mais une telle perspective, aussi peu improbable soit-elle, porte le risque d’être contre-productive pour le système dans la mesure où elle offre des arguments solides aux partis de l’opposition et aux opposants au cinquième mandat pour mettre à nu sa stratégie même si l’on sait que ces acteurs ne sont pas en mesure d’influer directement ou considérablement sur le résultat de ce scrutin.
Mais vu l’opacité du système politique, le manque de visibilité et surtout le silence du Président sur son avenir politique, les seconds couteaux semblent s’affairer à une mission de brouillage étant eux-mêmes incertains des choix préfigurés en haut lieu.
Des optiques qui, en définitive, en l’absence de la parole du Président et surtout en l’absence d’indices, donnent lieu à des lectures et des scenarii que certains commencent à interpréter avec zèle. Les Algériens ont retenu l’image d’un Président qui n’a pas eu la force de tirer la cordelette pour dévoiler la plaque “inaugurale”.

Djilali B.


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