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La région souffre d’un manque drastique en eau potable

Bouzeguène se révolte et se met en grève

Les citoyens de Bouzeguène attendent toujours le raccordement aux eaux du barrage Tichy Haf. © D. R.

L’appel à la grève lancé par la Coordination des comités de villages  a été  largement   suivi  par  la  population  qui  ne  peut  plus  face  à l’interminable crise de l’eau qui dure depuis des années.

La Coordination des comités  de  villages de Bouzeguène a organisé, hier, un imposant rassemblement au chef-lieu de daïra pour protester, encore une fois, contre  les  drastiques  pénuries  d’eau  potable  auxquelles  est  confrontée la population locale depuis le début de la saison estivale et dénoncer le laxisme des  autorités  devant  le  ralentissement, voire  l’arrêt  des  deux  projets de renforcement en eau potable de la région, à savoir celui du transfert des eaux du barrage Tichy Haf et le blocage du raccordement de la nouvelle conduite d’Aderdar.

Le rassemblement a  eu  lieu sur  fond  d’une grève générale qui a totalement paralysé l’activité commerciale et le fonctionnement des institutions locales, à l’exception des services de  santé  publique, les  pharmacies  et  les  cabinets médicaux privés.

L’appel  de  la  coordination  a  obtenu un large écho puisque la plupart des habitants des 24 villages de la commune ont adhéré à cette journée qui se voulait, selon les comités de villages, un avertissement ultime adressé à tous les services relevant du ministère des Ressources en eau qui, aux yeux des villageois, ont largement failli à leurs engagements, notamment celui d’achever les projets dans les délais et d’étancher définitivement la soif des villageois.

Sur  une  immense  banderole  accrochée  au  portail  d’entrée  de l’APC, on pouvait lire :  “Bouzeguène  a  soif, l’eau   c’est  la  dignité.”  “Nous  avons longtemps pris notre mal en patience”, nous déclare, tout de go, un des membres de la coordination rencontré sur place.

Le projet de Tichy Haf a été arraché, a-t-il expliqué, par les villageois après un long bras de fer entamé depuis le mois d’août 2017, après un été douloureux qui a mis les villageois, quasiment sous perfusion, mais, a-t-il ajouté, voilà que trois longues années plus tard, les villageois doivent attendre un mois pour pouvoir, avec un coup de chance, voir l’eau couler dans les robinets, à 3h du matin.

Alors que les villageois réclamaient un raccordement au barrage de Taksebt, les services des ressources en eau du ministère, accompagnés de l’ancien wali de Tizi Ouzou, s’étaient présentés au centre culturel colonel Mohand-Oulhadj où, devant les délégués des villages, ils avaient présenté un nouveau projet, celui du renforcement en eau potable de la commune de Bouzeguène à partir de Tichy Haf, situé dans la wilaya de Béjaïa.

Mieux que ça, le représentant du ministère des Ressources en eau avait garanti la concrétisation du projet durant le premier semestre de l’année 2018 et avait, à l’occasion, rassuré les villageois qu’ils ne revivraient plus les pénuries de 2017.

Les oppositions, un problème récurrent 
Le projet fut, en effet, lancé en avril 2018, au lieudit Chréa, limite  frontalière avec la wilaya de Béjaïa, mais  voilà  que  les  délais  de  réalisation  ont été décalés au mois de décembre.

Les travaux attribués  à cinq  entreprises, dont  trois du  domaine  privé, ont accusé un long retard occasionné  surtout  par  la  non-prise en charge des oppositions apparues sur le territoire de Béjaïa, et par le non-paiement des entreprises, notamment celles relevant  du  privé qui n’arrivaient pas à payer les ouvriers.

Si avec le temps, certaines oppositions ont pu être levées, d’autres continuent encore de  bloquer  le  projet. En  parallèle, les  délégués  de  la  coordination réclamaient également  la  réhabilitation  du  projet  de la chaîne d’Aderdar qui alimentait Bouzeguène depuis 1976. 

Cette  chaîne  n’était,  certes,  pas de  nature  à  satisfaire,  à  elle  seule, l’alimentation des villages de Bouzeguène, mais la coordination tenait à sa réhabilitation pour servir d’appoint une fois le transfert Tichy Haf réalisé et aussi pour la qualité de son eau vu qu’elle alimente la région à partir d’une source de montagne.

Les services des eaux  ont  alors  dégagé  une  subvention de  20 milliards de centimes pour effectuer des travaux de déviation de cette conduite à Aït Zikki où de nombreux piquages illicites ont été effectués, mais le projet ne cesse de traîner. Une fois  réalisée, cette déviation permettrait de récupérer plus de 300 mètres cubes par  jour. Une  quantité  qui  pouvait  soulager  sensiblement  la souffrance des habitants de Bouzeguène.

Malheureusement, des habitants ont bloqué ce projet à Aït Zikki. Les délégués des villages de la commune de Bouzeguène, lésés par l’arrêt de ces deux projets, sont montés au créneau. Outre la grève générale et le rassemblement à Bouzeguène, des actions radicales sont en passe d’être mises à exécution dès les prochains jours. 
 

KAMEL NATH OUKACi

 

 


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