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IL ESTIME QU’IL N’Y A PAS DE PORTE DE SORTIE à CETTE IMPASSE

Brahimi : “Le chef de l’État ne m’a pas mandaté”

© D.R.

L’ex-diplomate, qui avoue ne pas connaître “suffisamment l’Algérie”, s’est même emporté, allant jusqu’à déclarer que ceux qui demandent le dialogue sont “ceux qui exigent que tout le monde parte”.

L’ancien diplomate, Lakhdar Brahimi, a jeté un pavé dans la mare en révélant n’avoir été mandaté par aucun responsable pour mener les négociations avec les partis politiques et la société civile et encore moins pour vendre la feuille de route du président Bouteflika. “Est-ce qu’on m’a donné un mandat ? Certainement pas. Ni le gouvernement ni le Président”, a indiqué M. Brahimi, hier, lors de son passage à la radio Chaîne III. En déclarant de la sorte qu’il “ne roule pour personne”, l’homme “désigné”, qui mène des consultations dans un hôtel 5 étoiles d’Alger et qui a bénéficié d’un protocole digne d’un haut commis de l’État, sous-entend qu’il n’assume aucune responsabilité de ce qui pourrait découler de sa démarche, d’une part, et qu’il ne serait pas prêt à prendre un quelconque engagement vis-à-vis des personnes ou des partis qu’il rencontre, d’autre part. Dans un discours décousu, M. Brahimi estime que “voir la population dans la rue, c’est beau, mais ça ne peut pas continuer indéfiniment (…) Le Président leur a répondu, mais, encore une fois, ce changement ne peut pas se faire tout seul”. L’ex-diplomate, qui avoue, par ailleurs, ne pas connaître “suffisamment l’Algérie”, s’est même emporté, allant jusqu’à déclarer que ceux qui demandent le dialogue sont “ceux qui exigent que tout le monde parte”. “Très bien, laissez-nous partir ! On ne va pas mettre la clé sous le paillasson et partir ! Mais il faut que ce soit organisé (…) J’ai toujours cité l’exemple de l’Irak. Ils sont tous partis, mais regardez ce qui est arrivé à l’Irak”, s’est-il emporté en usant du parallèle inapproprié avec l’Irak dans le but évident de faire peur. Tout en refusant de qualifier la situation actuelle d’“impasse”, il n’a pas pris de gants pour s’attaquer à l’élite algérienne. “Les cadres suivent la rue au lieu d’essayer de diriger ce mouvement. La 2e République est une aspiration légitime, mais pas dans le désordre et pas avec le dos tourné aux autres.” Il dénie ainsi le caractère pacifique des marches populaires que tout le monde a salué, sauf lui qui y voit du désordre. Abordant la transmission générationnelle, M. Brahimi a, cependant, reconnu les erreurs commises par le système auquel il appartient. “Nous avons raté plusieurs tournants de l’histoire. Le premier, c’était en 1962. Nous nous sommes éparpillés dès le 5 Juillet”, a-t-il indiqué. Selon lui, la situation actuelle est un cumul d’erreurs commises par le système en place et qu’il n’était “pas facile de faire un diagnostic. L’impatience de la jeunesse est compréhensible. Beaucoup d’erreurs ont été commises depuis 1962. Faisons le bilan”. Aussi, M. Brahimi a refusé d’admettre que le pouvoir est confisqué par une poignée de personnes. “Entre autres oui. Je ne sais pas s’il y a une poignée ou plusieurs, mais il y a un monopole”, dira l’ex-diplomate. Il a estimé aussi que le FLN est un parti comme les autres. “En 1988, le FLN est devenu un parti comme les autres. Mais il est resté cette autre nationalité de l’Algérien. Il faut mettre le sigle au musée, pas le parti ?”  Pour fuir cette question, il déplore que ce soit la rue qui draine les foules et non pas les partis. “Je me pose des questions. Est-ce le multipartisme qui n’a pas fonctionné ? Est-ce que les partis ont déçu ? En critiquant le FLN, ce sont tous les partis que nous critiquons”, botte en touche M. Brahimi, qui semble tout ignorer de la réalité du pays et des pratiques du régime. Interrogé sur l’issue de l’impasse actuelle, il dira qu’“il n’y a pas de feuille de route acceptée par la majorité des Algériens. Je veux être rassuré, mais je ne vois pas de porte de sortie à cette crise. Je ne vois pas ce consensus”, car, estime-t-il encore, “le gouvernement essaye de parler, mais on ne l’écoute pas, la foule parle, mais on ne lui parle pas”.


FARID BELGACEM


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