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Transition démocratique

Ce que propose le PAD

Les membres du PAD préparent activement une conférence nationale pour la conception et la mise en place de la transition démocratique. © Billel Zehani/Archives Liberté

“Les assises pour l’alternative démocratique et la souveraineté populaire sont une étape du processus d’organisation des forces de la révolution, en prélude à une conférence nationale vouée à la conception et à la mise en place de la transition démocratique”, lit-on dans le projet de déclaration finale des assises prévues samedi, à Alger.

À deux jours des assises des démocrates, les organisateurs apportent les dernières retouches à ce qui s’apparente à la plus grande “messe” des démocrates algériens ces dernières années. La conférence aura lieu à la Safex samedi et verra la participation d’au moins 400 personnes issues de différents partis politiques, syndicats et organisations, ainsi que des personnalités qui ont souscrit aux principes contenus dans le Pacte pour une alternative démocratique. Jusqu’à hier, les organisateurs se sont penchés sur la finalisation de la déclaration finale qui va être soumise aux participants.

Dans l’avant-projet dont nous nous sommes procuré une copie, les participants s’engagent à aller vers “une conférence” nationale de l’opposition. Dans le document qui sera adopté samedi, les forces de l’alternative démocratique disent œuvrer à “la tenue d’une conférence nationale indépendante du système”. Cette rencontre “rassemblera toutes les forces agissantes (…) qui s’engagent à concrétiser les exigences démocratiques exprimées par le peuple depuis le 22 février et qui refusent le processus de restauration autoritaire” du système, indique le document. Plus détaillé encore, le document qui sera soumis aux participants samedi prochain précise que “la période de transition sera vouée à la mise en place consensuelle d’un processus constituant souverain destiné à déconstruire les fondements du despotisme et refonder l’État pour consacrer une nouvelle république, démocratique et sociale”.

Avant cela, la période de transition doit être précédée, selon le document, par “la dissolution des deux Chambres du Parlement, la dissolution du Conseil constitutionnel et le départ du gouvernement en place”. La question du chef de l’État n’est pas mentionnée. Une manière probablement de faire une concession au pouvoir puisque de toute façon, “Abdelmadjid Tebboune est président du fait accompli”, avait répondu Mohcine Belabbas, président du RCD dans une interview accordée au journal El Khabar. Pour éviter de faire peur au pouvoir et à ceux qui s’opposent à la transition, les rédacteurs précisent que la période de transition ne doit “pas dépasser un an”.

Avant de parvenir à cette étape, les rédacteurs du document expliquent les raisons de la tenue des assises “pour l’Alternative démocratique et de la souveraineté populaire”. “Les assises pour l’alternative démocratique et la souveraineté populaire sont une étape du processus d’organisation des forces de la révolution en prélude à une conférence nationale vouée à la conception et à la mise en place de la transition démocratique et du processus constituant”, indique encore l’avant-projet de la déclaration qui sera soumise aux participants à la rencontre de samedi prochain.

Pour le PAD, “la mise en place d’un authentique processus démocratique est une exigence pratique pour toute réponse sérieuse aux revendications de millions de citoyens manifestants. Cela passe par la levée immédiate des obstacles divers opposés au mouvement populaire par la contre-révolution. Il s’agit d’ouvrir l’espace public à un exercice collectif de la citoyenneté et du débat national en vue de jeter les jalons d’une nouvelle république”.

En attendant l’autorisation… 
Mais avant d’en arriver là, les organisateurs attendent la réaction de la wilaya d’Alger. Sur la base d’un accord de principe donné par la Safex, la Société algérienne des foires et exportations qui a réservé une salle à l’événement, les organisateurs ont introduit une demande auprès de la wilaya d’Alger. Jusqu’à hier, aucune notification n’était disponible. Mais un cadre du RCD a indiqué que, contrairement aux hésitations montrées la veille, la Safex ne renie pas son accord. En revanche, dans le cas où les autorités n’accorderaient pas d’autorisation, les participants se rabattront sur le siège du RCD, comme ils l’ont déjà fait par le passé. Les locaux du parti politique, situés à El-Biar sur les hauteurs d’Alger, disposent d’une salle de conférences.

Mais elle est exiguë et ne peut contenir beaucoup de monde. Les autres partis politiques faisant partie du PAD ne disposant pas de locaux suffisamment spacieux, les participants n’auront d’autre choix que de se rabattre sur la salle du siège du RCD. Outre les sept partis politiques, la Laddh et les personnalités qui composent le PAD, des figures du mouvement associatif et des représentants d’associations et de syndicats participeront aux “assises” de ce samedi. C’est le cas du vice-président de l’autre aile de la Laddh, Saïd Salhi. “En tenant compte des nouvelles décantations suite au coup de force électoral du 12 décembre, ces assises sont une autre opportunité pour renforcer le hirak, une étape importante vers la conférence nationale unitaire tant attendue par les dynamiques du hirak que ce soit de la société civile ou des partis.

Cette conférence fait son chemin lentement mais sûrement”, écrit le militant sur sa page Facebook. “Le hirak a besoin plus que jamais de rassembler ses forces pour reconstruire le rapport de force politique en appui à la mobilisation de la rue, pour arracher la transition démocratique, à même d'imposer des négociations sérieuses pour passer à la nouvelle république authentique, démocratique sociale et civile, le hirak a besoin d'un large dialogue en interne pour faire émerger la solution politique consensuelle”, a-t-il indiqué. D’autres personnalités issues du mouvement populaire vont venir de plusieurs régions du pays, selon les organisateurs. Des invitations sont lancées mais les réponses ne viennent pas forcément.

En revanche, le mouvement autonomiste RPK, Rassemblement pour la Kabylie, a décidé de boycotter cette rencontre s’insurgeant ainsi sur le fait que l’idée de l’autonomie n’a pas été retenue par les participants. Le forces du Pacte pour une alternative démocratique sont essentiellement sept partis politiques (UCP, PLD, FFS, PT, RCD, MDS, PST), une aile de la Laddh que dirige Noureddine Benissad et des personnalités nationales. Des figures comme Djamel Zenati et Ali Brahimi ont participé à certaines rencontres. Certains syndicalistes, des universitaires (à l’image de Louisa Aït Hamadouche et Nacer Djabi), des avocats et d’autres personnalités publiques participent également aux réunions du PAD. Elles seront certainement rejointes par d’autres.

 

 


Ali Boukhlef



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