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Lakhdar Bouregaâ, ancien commandant de l’ALN

“Ce soulèvement est exceptionnel et exige des réponses”

Lakhdar Bouregaâ, hier, au Forum de “Liberté”.© Yahia Magha/Liberté

Lakhdar Bouregaâ, ancien commandant de l’ALN de la Wilaya IV historique, n’a pas tari d’éloges, hier, au Forum de “Liberté”, sur le mouvement citoyen en cours actuellement.

L’ancien chef militaire de la compagnie Zoubiria de la Wilaya IV durant la Révolution a estimé que “même durant la guerre de Libération, le peuple ne s’était soulevé de cette manière”. “Les Algériens n’étaient pas unis comme ils le sont actuellement”, a-t-il dit, expliquant que durant la Révolution, “la lutte armée a été initiée par un groupe de grands hommes, mais il y avait des dissensions et des contradictions au sein du peuple”, contrairement, a-t-il martelé, à “ce soulèvement dont le peuple a parlé comme un seul homme”. 

Lakhdar Bouregaâ ne s’est pas empêché de faire le parallèle entre les deux périodes, même si elles sont distinctes, reconnaît-il, afin “de situer le débat en fonction des évolutions qu’a connues le monde depuis”. “Plus d’un demi-siècle après la guerre, l’âme de la Révolution est toujours là et elle s’exprime à travers ce mouvement”, a-t-il dit, estimant que “le peuple algérien a, encore une fois, épaté le monde entier”. Partant de ce constat, Lakhdar Bouregaâ presse “les décideurs” de répondre “favorablement et promptement aux exigences légitimes du peuple”. “Ils ne doivent pas s’éterniser”, a-t-il rappelé. 

Les mises en garde 
Le plaidoyer de l’ancien commandant de l’ALN en faveur du mouvement et ses revendications n’est pas uniquement dicté par la nécessité “d’écouter le peuple” et d’accéder favorablement à sa demande, mais il vise, a-t-il dit en substance, “à couper l’herbe sous le pied des manœuvriers de tout acabit”. Il est convaincu que les hommes du système s’emploient depuis un moment — cela se comprend par les tergiversations à répondre à la rue — “à mettre sur pied un contre-mouvement”. Cette contre-révolution qui se prépare dans les laboratoires du système, de l’avis de l’invité de Liberté, ne vise pas moins que la diffraction du mouvement. Exemples à l’appui, il a souligné que les walis préparent un contre-mouvement et prennent attache avec des commis de l’État pour en faire partie. Il considère également que “des parties étrangères” s’affairent à briser cette dynamique citoyenne. Il cite le chef militaire libyen Haftar, les Français… “Un ami égyptien m’a informé que depuis le début du mouvement en Algérie, Al-Sissi ne dort plus”, témoigne-t-il à ce propos. Lakhdar Bouregaâ considère que toutes ces parties “peuvent s’ingérer pour contribuer au sabordage de ce mouvement”. L’ancien maquisard a lancé, à l’occasion, un message à Gaïd Salah et à Saïd Bouteflika, les invitant “à prendre leurs distances” des Émiratis pour l’un et des Français pour l’autre. Sur sa lancée, et comparant l’histoire de la guerre, dont il a été témoin et acteur, au mouvement en cours, Lakhdar Bouregaâ considère que “les soulèvements des peuples” ne sont pas “une sinécure”. 
Tout en accablant “les milices” formées par Boumediene vers la fin de la guerre “pour orchestrer des putschs à répétition contre la légitimité et la volonté populaire”, Lakhdar Bouregaâ met en garde “contre toute velléité de répression”. “Une goutte de sang d’un citoyen versée ouvrira la voie à tous les dérapages”, a-t-il mis en garde, appelant le vice-ministre de la Défense “à préciser sa position”. “Êtes-vous avec le peuple ou contre lui ?”, a-t-il lancé, estimant qu’à l’heure actuelle, le chef d’état-major “tient le bâton par le milieu”. “L’ANP de 2019 n’est surtout pas celle de 1962, qui a tiré sur des éléments de l’ALN”, a rappelé l’ancien maquisard à l’adresse d’Ahmed Gaïd Salah. Il considère qu’on ne peut se suffire de donner “des illusions” à un peuple “uni et qui exprime pacifiquement ses exigences”. Il a appelé aussi à la poursuite de tous ceux qui sont impliqués dans des affaires de corruption, estimant que le 4e mandat de Bouteflika “était celui de tous les excès et des abus des corrompus”. “Pourquoi arrêter Haddad et pas Saïd Bouteflika et les autres ?”, s’est-il interrogé pour condamner “cette façon d’amadouer le peuple avec des effets d’annonce”. 


Mohamed Mouloudj


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