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Des festivités ont été organisées à travers le pays

Célébration grandiose de Yennayer

Le mauvais temps n’a pas dissuadé les populations à célébrer un legs ancestral, le nouvel an berbère. © k. tighilt/Liberté

Le nouvel an amazigh a été fêté dans toutes les régions du  pays, dans la communion, la fraternité, la convivialité et dans une ambiance festive.  

à Tizi Ouzou, l’avenue  Abane-Ramdane du chef-lieu de wilaya a connu hier un grand défilé à l’occasion de la célébration de Yennayer 2969 qui s’est ébranlé vers 10h du stade du 1er-Novembre vers la placette M’barek-Aït Menguellet, en passant par celle de l’ancienne mairie où était dressé un grand chapiteau. Outre les camions décorés, appartenant aux différentes directions et entreprises publiques, des troupes folkloriques venues des quatre coins du pays  ont présenté des animations en relation avec cette date, premier jour du  calendrier agraire, symbole de la renaissance et de la fertilité.
Une fanfare de la Protection civile a également rempli l’atmosphère de joie et de liesse et égayé par les tenues bariolées de ces milliers de manifestants qui ont pris part au défilé. Par ailleurs, l’association Tussna war Tilissa du village Tala Mensour dans la commune de Tizi Ouzou  a concocté un riche programme d’activités, notamment de la poésie, du théâtre et un gala artistique, ainsi que des expositions et une waâda. Même ambiance festive à Maâtkas où des associations ont célébré Yennayer, notamment au village Anegah où une waâda, autour d’un couscous au poulet comme le veut la tradition, a été offerte aux villageois. En outre, le président de l’APW de Tizi Ouzou, Youcef Aouchiche, a annoncé la réalisation d’une stèle dédiée au roi amazigh Chachenaq qui sera inaugurée l’année prochaine. Il a également  annoncé le lancement d’un concours de la commune la plus propre ainsi que le concours Aïssat-Rabah du village le plus propre, tenu chaque année.
À Aïn Témouchent, le complexe culturel a abrité les festivités officielles de la célébration de Yennayer — le début de  la l’année amazigh 2969 — avec l’élaboration d’un riche programme culturel et artistique.
Cette manifestation qui a été clôturée en apothéose renforce  les principes de la préservation de l’unité nationale à travers la diversité culturelle et la profondeur historique de l’identité nationale. Les activités et les expositions programmées qui se sont déroulées tout au long de la semaine ont été une occasion de faire connaître la richesse que recèle notre pays, et ce, sur tous les plans. L’exposition dédiée aux villes et aux civilisations amazighes ainsi qu’une vitrine enrichie de produits artisanaux qui reflètent toute la richesse d’une nation ont connu l’engouement du public qui a découvert la culture de Kabylie, de Béchar et de Ghardaïa.

Histoire, mémoire et tradition
Yennayer a été fété également dans le pays chaoui. À Souk-Ahras d’ailleurs, un programme aussi riche que varié de festivités a été concocté afin de marquer de la plus belle manière cet événement culturel national.
On retiendra de cette première journée de fête collective, la présence de dizaines de petits enfants, filles et garçons, vêtus d’habits traditionnels amazighs, qui ont dansé sans relâche au rythme des chants kabyles et chaouis distillés en mode D.J par l’infatigable Baddi.
Par ailleurs c’est dans une ambiance festive que se sont déroulés à Tlemcen, les défilés, les conférences et les expositions de photos. Produits artisanaux et mets culinaires traditionnels qui ont garni bien des tables dans cette région de l'Ouest. Samedi des projections de films ont été programmées à Tlemcen et dans certaines autres localités de la wilaya dont principalement Béni-Snous.
L’événement a revêtu cette année un aspect particulier du fait de l’officialisation de cette journée chômée et payée, revêtant désormais un caractère national. Le Dr Saridj Mohamed, écrivain, anthropologue et ancien professeur à l’université de Nice (France), a, pour sa part, présenté une communication sur la promotion de la langue amazighe à la faveur de son officialisation en Algérie, mettant en évidence le triptyque : racines, diversité et unité. Le Musée national d’art et d’histoire a, de son côté, élaboré un programme qui s’achèvera le 17 janvier. Ce programme aura pour thème : “Le patrimoine amazigh en association avec le secteur de la culture et le mouvement associatif.” Outre l’exposition de tableaux de peinture et de nombreux objets agraires et artisanaux d’origine berbère, le musée a mis en place des ateliers dédiés à l’initiation de tamazight à travers des ateliers de traduction animés par des universitaires et les membres de l’association Trésor touristique de Tizi Ouzou. 
À Laghouat, comme chaque année, les habitants de la cité antique des Maghraoua n’ont pas dérogé à la règle en fêtant comme il se doit Yennayer.
En effet, les foyers laghouatis ont tenu à le célébrer en famille, conciliant les usages, les caractéristiques de la région avec la tradition. Deux ou trois jours avant la fête, les commerçants — dans les magasins et sur les marchés — des villes et des villages les plus enclavés ont disposé toutes sortes de confiseries et de fruits secs ou frais.
Sur ces étals sont exposés des chocolats, des bonbons, des cacahuètes, des noix, des noisettes, des dattes, des figues sèches, des pistaches, des dattes fourrées…qui font saliver même les moins gourmands. La coutume dans cette région, c’est, comme dans d’autres régions du pays, le renouvellement des pierres du foyer de la cheminée (inyenne). La tradition, nous indique-t-on, veut que tout ouvrage commencé, tel que le tissage, soit terminé ce jour-là lequel coïncide avec le nouvel an amazigh 2969.

Le patrimoine culturel, un legs à sauvegarder
La célébration de cette date se fait également à travers des rituels, des sacrifices et des plats particuliers. Les maisons sont nettoyées de fond en comble, repeintes, décorées et ouvertes à la famille et aux amis pour se réunir autour d’un banquet préparé pour la circonstance. Un septuagénaire autochtone, artiste de son état, nous a indiqué que “cette fête a toujours été célébrée avec les mêmes mets, les mêmes cérémonies, les friandises et le plat principal, à savoir un couscous spécial dont la sauce est composé de différents légumes frais et secs’’. Pour célébrer dans une ambiance festive cette fête, on met une fève sèche dans la marmite, et celui qui aura la chance de la trouver dans sa cuillère sera désigné comme le plus chanceux et le plus heureux pour toute l’année.
Et pour obliger les enfants à bien manger, on leur fait peur en leur disant qu’un kamoum ou ghoul nommé “lamassa’’, viendra au milieu de la nuit pour emmener en enfer ceux qui n’ont pas rempli leur panse. Chez beaucoup de familles laghouaties, c’est aussi la première coupe de cheveux pour les petits garçons. Ainsi, l’homme le plus âgé de la famille se charge de cette mission pour que le petit vive aussi longtemps que son “vieux coiffeur”, nous dit-on. Et comme ce jour représente aussi le dernier jour de l’an qui s’achève (dernier jour de djanber), on se doit de sacrifier un coq fermier, et toute la famille se retrouve autour d’un couscous au poulet agrémenté de morceaux de viande séchée (guedid) sans oublier les belles histoires (m’hajiate) des grands-parents pour rendre éternelles les coutumes et ne pas oublier nos racines. Car, quoique plusieurs familles continuent de préparer un repas copieux le soir avec une veillée où sont servis thé et friandises, il faut dire que, malheureusement, cet événement a tendance à ne pas être fêté comme avant. Enfin Constantine, la ville du Vieux Rocher est, elle aussi, au rendez vous pour la célébration de la nouvelle année amazighe 2969. À l'instar de toutes les villes du pays, un programme de diverses activités dont des conférences en rapport avec la langue et la culture amazighes, des manifestations restituant l'art culinaire ancestral et autres expositions a été prévu.  En effet, au théâtre Mohamed-Tahar-Fergani, plusieurs manifestations et activités culturelles sont au menu de cette célébration. Il s’agit, notamment, de défilé de troupes folkloriques, d’une conférence sur l'histoire de Yennayer présentée par le docteur El-Arbi Bendehou, une exposition de costumes traditionnels, un spectacle musical, une troupe de danse folklorique de Sidi Bel-Abbès. Une pièce théâtrale intitulée Yennayer, fête de l'amour, produite par la direction de la culture et mise en scène par Gourki Salah Eddine, sera présentée. Par ailleurs, le palais de la culture Mohamed-El Aïd El-Khalifa s'est également préparé pour accueillir le nouvel an berbère par la tenue d'un salon du livre dédié à la culture amazighe et une vente dédicace de plusieurs écrivains amazighs venus de la wilaya de Tizi Ouzou, de Khenchela et de Batna. Pour sa part, la place Ahmed-Bey située au centre-ville de Constantine abritera une grande exposition qui verra la participation de 15 wilayas du pays qui feront étalage des différents produits traduisant les traditions berbères à l’image de la poterie, la bijouterie, de la tapisserie, du costume, des pâtisseries...


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