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A la une / Actualité

Saisie de cocaïne, arrestation de généraux et de journalistes, APN cadenassée…

Ces scandales qui torpillent le 5e mandat

Abdelaziz Ziari, ancien président de l’APN. © D.R

Le front soutenant le 5e mandat semble être, pour la présidentielle, la partie visible de l’iceberg. La partie immergée suggère d’autres scenarii.

L’ancien président de l’APN (2007-2012), Abdelaziz Ziari, interviewé jeudi par un site électronique d’information, a jeté davantage de suspicion sur la concrétisation de l’option du 5e mandat.
“On ne dirige pas un grand pays comme l’Algérie parce qu’on nous le demande. Il faut le vouloir et aussi le pouvoir”, a-t-il affirmé. Il ne s’est pas astreint à mettre au conditionnel les capacités et la volonté du président Bouteflika à continuer à conduire les affaires du pays pour cinq autres années. Il a désigné le Premier ministre Ahmed Ouyahia comme candidat sérieux à la succession s’il parvient à obtenir l’incontournable consensus au sommet du régime. L’homme qui a dit, il y a quelques années, attendre sa rencontre avec le destin est présenté, pour la première fois, par une voix du système, dans la posture d’un présidentiable.
Abdelaziz Ziari est, semble-t-il, à l’écart des centres de décision et même de l’encadrement du FLN. Sa connaissance du sérail (troisième personnage de l’État, plusieurs fois ministre, conseiller du président de la République) donne, toutefois, de la profondeur à ses déclarations.
De surcroît, l’ancien cadre de l’État a parlé deux jours à peine après une passe d’armes surprenante entre le ministre de la Justice et garde des Sceaux et le RND, parti du Premier ministre. Nul ne comprenait vraiment pour quelles raisons Tayeb Louh s’est brutalement attaqué au chef de l’Exécutif, au détour d’une activité officielle à Oran.
La réplique presque instantanée du RND est aussi déconcertante. Le Rassemblement n’a guère coutume de réagir avec une telle célérité aux invectives contre le secrétaire général. Pourtant, elles sont nombreuses et régulières, particulièrement de la part du patron du FLN, Djamel Ould Abbes. Quels que soient ses instigateurs ou ses antagonistes, l’épisode évoque subtilement la succession. Le front soutenant le
5e mandat (coalition FLN, RND, TAJ, MPA, UGTA, FCE…) ne semble être, pour la présidentielle de 2019, que la partie visible de l’iceberg. La partie immergée cache, sans doute, des scenarii insoupçonnés jusqu’alors. À y voir plus près, beaucoup d’événements concourent à torpiller le projet visant à maintenir le président Bouteflika au Palais d’El-Mouradia. Sa maladie et son âge avancé constituent, certes, des écueils de taille, au regard de la Constitution, de la morale politique et surtout du respect de la dignité humaine. Mais pas seulement. L’homme ne ferait probablement plus le consensus, malgré les apparences. La succession d’affaires scabreuses, d’événements impromptus et étranges, de tiraillements au sommet, de décisions maladroites et de contre-décisions… ne sauraient être le fruit d’un hasard ou d’une coïncidence. L’on croirait aisément que des mains invisibles tirent les ficelles comme dans un théâtre de marionnettes. Il y a eu d’abord l’éclatement du scandale lié à la saisie de 701 kg de cocaïne au port d’Oran, le 29 mai dernier. Dans le sillage, un vaste réseau de corruption dans l’immobilier est dévoilé. Cette première tempête éclabousse d’anciens ministres et walis, et emporte le DGSN, le général-major Abdelghani Hamel, et son homologue à la Gendarmerie nationale, Menad Nouba. Des changements sont opérés aux commandements des deux corps de sécurité. Le président de l’APN, Saïd Bouhadja, a été destitué sans que l’opinion publique et même les observateurs avertis soient édifiés sur les motivations réelles d’un coup de force marqué par l’affligeante image des portes de l’institution cadenassées. Il s’en est suivi la détention de cinq généraux pour corruption, puis leur libération. Enfin, l’arrestation de militants contre le 5e mandat, de blogueurs et, récemment, de journalistes du web, assortie d’un acharnement condamnable d’une chaîne de télévision privée. Malgré les panégyriques des soutiens du chef de l’État, le quatrième mandat se termine mal au plan politique, au registre des droits de l’Homme et de respect des lois, mais aussi dans une régression économique et sur fond d’une ébullition sociale. À l’extérieur aussi, l’Algérie est perçue comme un bateau au creux de la vague, sans cap précis. Rarement dans l’histoire du pays, un scrutin a porté autant d’incertitudes sur le jour d’après.


Souhila Hammadi

 


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