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Le ministère de l’Intérieur et le CRA répondent aux critiques des ONG et de l’ONU sur le dossier des migrants

“C’est un acharnement contre l’Algérie”

Le traitement du problème des migrants, un fardeau pour l’Algérie. © Louiza ammi/Archives Liberté

Selon eux, les autorités algériennes n’expulsent pas les migrants, mais les rapatrient, à la demande de leurs homologues nigériennes, dans le cadre de la convention bilatérale signée entre les deux pays.

Régulièrement épinglées ces derniers temps dans les rapports établis par des ONG étrangères et des organismes internationaux, y compris l’ONU, sur le dossier des migrants clandestins, les autorités algériennes sortent de leur mutisme. La première réponse émane du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire ainsi que du Croissant-Rouge algérien (CRA), qui dénoncent un “acharnement contre l’Algérie” dont les positions de principe, dit-on, incommoderaient les décideurs des pays occidentaux accusés de cette propagande. C’est, en effet, le discours tenu, hier, par le coordinateur du Centre opérationnel chargé de la migration au ministère de l’Intérieur, Hacen Kassimi, et la présidente du CRA, Saïda Benhabylès, invités au Forum de la Chaîne I de la Radio nationale.
Les deux responsables s’en prennent particulièrement au rapporteur spécial de l'ONU sur les droits des migrants, Felipe Gonzalez Morales, qui a accusé, tout récemment, l’Algérie de maltraiter les migrants clandestins en provenance du Niger et de les expulser de manière quasi automatique. Une accusation qualifiée d’“infondée” par les deux invités de la radio, qui récusent le vocable expulsion. Selon eux, les autorités algériennes n’expulsent pas les migrants clandestins, mais les rapatrient, à la demande de leurs homologues nigériennes, en mettant en avant la convention bilatérale signée entre les deux pays.
M. Kassimi accuse ouvertement le représentant de l’OIm au Niger d’être “complice”.
Selon lui, les migrants clandestins sont “encouragés” par des parties travaillant pour les intérêts géostratégiques et géopolitiques de pays occidentaux convoitant la région du Sahel. Il n’accuse pas moins les réseaux de trafic d’enfants et de femmes dans la même région. Le représentant du ministère de l’Intérieur avance des statistiques effarantes à ce titre.
Il existerait, selon lui, au moins
7 000 passeurs agissant sur la bande frontalière du sud du pays. Le nombre des véhicules 4x4 rentrant sur le territoire algérien est, quant à lui, estimé à quelque 14 000 véhicules par jour ! Ce trafic, ajoute M. Kassimi, générerait une moyenne de 40 millions de dollars par mois pour ces réseaux. Cette ressource, dit-il, est recyclée dans la contrebande, le trafic d’armes et le terrorisme. De son côté, Mme Benhabylès charge des parties internes d’alimenter en “fausses informations” les ONG et les organismes internationaux dont l’objectif, considère-t-elle, est de “salir” l’image de l’Algérie. Elle fait allusion particulièrement aux animateurs de la Plateforme migration Algérie (PMA), lancée en 2015, sur les réseaux sociaux par des associations, des collectifs et de personnes pour défendre les droits des migrants. Défendant son bilan, Mme Benhabylès a rappelé, dans la foulée, que les opérations de rapatriement des migrants durant ces dernières années auront coûté à l’Algérie la bagatelle de “20 millions d’euros”.
Par ailleurs, la sortie médiatique des deux responsables, visiblement préparée, coïncidait, apprend-on d’eux-mêmes, avec la tenue, dans la même journée, d’un Conseil interministériel restreint, exclusivement dédié à la question des migrants. Ce Conseil, qui réunira l’ensemble des membres de l’Exécutif concernés directement ou indirectement par le dossier des migrants clandestins, indique le représentant du département de Noureddine Bedoui, sera consacré essentiellement à la définition du budget nécessaire pour la prise en charge des flux migratoires transitant par les frontières du sud du pays. Les wilayas de Tamanrasset, Adrar et Illizi, rappelle M. Kassimi, sont les plus touchées par le fléau. Selon lui, la prise en charge des migrants clandestins passe par le développement des régions du sud du pays. D’où, rappelle-t-il, la stratégie globale adoptée par l’Algérie, afin de faire face à ce fléau qui, avertit-il, connaîtra des proportions de plus en plus importantes à l’avenir.


Farid Abdeladim
 



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