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A la une / Actualité

des images choquantes de la décennie noire montrées aux algériens

Chantage à la terreur

Siège de l’ENTV. ©Archives Liberté

La télévision publique est-elle en droit de diffuser de telles images sans en avertir les téléspectateurs, surtout que depuis la mise en œuvre de la réconciliation nationale, on a plutôt privilégié l’amnésie ?

Sans tambour, ni trompette, la Télévision algérienne, dans une démarche pour le moins singulière, au mépris des règles élémentaires de l’éthique, a diffusé vendredi soir, en prime time, des images choquantes, horribles et terrifiantes sur les années de terreur des années 90. Accompagnées d’une voie qui se voulait grave du commentateur, ces images montraient des scènes où des cadavres, maculés de sang ou criblés de balles, sont étalés à même le sol, des enfants transfigurés et des cris de femmes pleurant des victimes, avant que le reportage ne s’achève sur des passages de discours de Bouteflika, sous les oripeaux d’un prophète, venu rétablir la paix. Ce reportage, diffusé à l’occasion de la célébration de l’anniversaire du référendum sur la charte pour la paix et la réconciliation nationale, use du vocable “terrorisme”, sans désigner les coupables, et évoque les massacres de Bentalha, Raïs et Remka, le nombre de victimes, les dégâts économiques occasionnés par la “tragédie”, non sans rappeler, comme pour suggérer, de façon sibylline, l’exploit du Président, que “l’Algérien était en route vers l’inconnu”. La télévision publique est-elle en droit de diffuser de telles images sans en avertir les téléspectateurs, surtout que depuis la mise en œuvre de la charte pour la paix et la réconciliation on a plutôt privilégié l’amnésie ? “Les images qui ont été diffusées sont une grave violation de l’éthique journalistique ; c’est une grande atteinte à la dignité des gens qui ne sont plus parmi nous. Ces images transmettent la terreur pour tous les téléspectateurs. Et le plus grave, c’est diffusé à une heure de grande écoute de la part d’un média public. C’est tout simplement scandaleux du point de vue professionnel”, soutient Redouane Boudjemâa, enseignant à la faculté des sciences de l’information. Curieusement, la diffusion de ce reportage intervient dans la foulée de la sortie d’Ouyahia devant les parlementaires où il a dépeint une situation chaotique du pays. “Le financement interne était un impératif visant à éloigner le spectre de la faillite qui guette de nombreuses entreprises et donc les familles algériennes”, a déclaré Ouyahia devant les sénateurs, comme pour justifier le recours au financement non conventionnel, c'est-à-dire le recours à la planche à billets. “Les solutions internes visent à empêcher l'arrêt total de l'économie nationale qui entraînera des difficultés sociales analogues à celles qu'a connues le pays vers la fin des années 80”, a-t-il dit. Comprendre : à défaut d’adopter cette démarche, l’Algérie est sous la menace du chaos. Autrement dit : “ou c’est nous, ou c’est le chaos !”. “Si ce financement n'est pas appliqué en novembre, cela conduira à un arrêt total de l'économie”, a-t-il mis en garde avant de recourir même à la littérature populaire pour décrire l’ampleur de la crise : “le couteau a atteint l’os” ou encore “c’est une situation d’enfer”. Dès lors, l’on s’interroge sur le message recherché à travers la concomitance du tableau noir dépeint et de ces images de terreur, dans ce contexte de flou et d’incertitudes politiques sur fond de faillite économique. Faut-il y voir un chantage à la terreur ? “Sans aucun avertissement, le régime dans sa panique, veut terroriser par l’image pour faire accepter ses mesures impopulaires et donner une virginité à un pouvoir qui a mené le pays à la faillite”, a commenté sur sa page facebook, le député du RCD, Athmane Mazouz. “Ceux qui diffusent ces images veulent terroriser et intimider la population pour qu’elle garde le silence face à leur échec, à la cherté de la vie et aux lendemains inconnus”, souligne, pour sa part, Abderrazak Makri du MSP. “C’est de la propagande politique des années 20. Une propagande primaire. Quel message veulent-ils faire passer ?”, s’interroge, quant à lui, Redouane Boudjemâa. “Ces images nous rappellent celles de 2001 où on a cherché à pousser une partie des Algériens contre une autre. Les responsables doivent rendre des comptes. L’utilisation des morts pour la campagne électorale doit cesser”, soutient-il. Mais en tout cas, les images ont provoqué un véritable tollé sur les réseaux sociaux.

Karim Kebir


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2 réactions
kad25 le 01/10/2017 à 14h25

C'est exactement ce qui est ressenti par le peuple, un odieux chantage! Leurs expert en com montrent qu'ils sont nuls et peut être pas algériens, car ils ne semblent pas connaitre les algériens. Les algériens veulent et aiment la paix civil mais s'en foute de ce chantage pernicieux et scandaleux.

kad25 le 01/10/2017 à 16h51

Il faut dire que ces incartades de COM interviennent avec l'arrivée de BOUROUROU, le père fouettard. Éculé plus que ça tu meurs!

Commentaires
2 réactions