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Le ministère de l’agriculture persiste, l’institut pasteur se déjuge

Choléra : les contradictions qui sèment l’inquiétude

Abdelkader Bouazghi (premier à partir de la gauche), ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche. ©D. R.

La communication autour de l’épidémie a été chaotique et politisée plus que de raison.

Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la pêche, Abdelkader Bouazghi, a tenu, hier encore, à rassurer sur la qualité des fruits et légumes mis sur le marché. Interrogé lors de la conférence de presse de présentation du bilan de la campagne céréalière 2017/2018, le ministre a affirmé que les fruits et légumes produits ne sont pas contaminés et qu’ils ne constituent pas un milieu d’évolution du virus du choléra. Selon le ministre, le citoyen peut les consommer sans crainte. Mais peut-on se satisfaire de cette affirmation du ministre de l’Agriculture qui vient, encore une fois, à contresens de la version suspectant les fruits et légumes, irrigués par des eaux polluées, d’être source d’infection au choléra. Pas si sûr. En effet, ce qui augmente le sentiment de panique au sein de la population, c’est justement la confusion dans les déclarations des responsables publics sur les éventuelles causes de l’épidémie. Et la situation devient encore plus grave quand la confusion vient de l’Institut Pasteur d’Alger (IPA), censé être le mieux outillé et le plus crédible dans ce genre de cas. Mais force est de constater que l’IPA ne fait que compliquer la situation. Deux jours après avoir annoncé dans un communiqué qu’il suspectait la contamination de fruits et légumes qui auraient été irrigués par des eaux polluées d’être impliqués dans la propagation du choléra, l’Institut Pasteur se rétracte et reproche à la presse d’avoir diffusé une “information infondée”. Dans une déclaration, faite hier à la Radio nationale, le directeur de l’Institut Pasteur, Zoubir Harrat, dément “formellement les informations publiées par certains titres de presse faisant le lien entre la propagation de l’épidémie de choléra et la consommation de certains fruits et légumes”. Pourtant c’est bien l’IPA qui avait déclaré, dans un communiqué, que “la contamination de fruits (pastèque, melon non lavés) ou de légumes pouvant être consommés crus (carotte, concombre, salade, tomate, betterave), irrigués par une eau polluée par des matières fécales est également suspectée”. Les déclarations contradictoires de l’IPA compliquent davantage la situation et sèment l’inquiétude au sein de la population. Malheureusement, ce ne sont pas les seules déclarations contradictoires des pouvoirs publics sur la gestion du choléra. Après avoir identifié une source à Ahmar-el-Aïn comme étant un foyer de l’épidémie dans la région et procédé à la hâte à son ensevelissement, le directeur de la santé de la wilaya de Tipasa a déclaré, jeudi également, qu’il n’existe aucun lien entre la source et les cas d’atteinte de choléra. Un énième cafouillage qui est loin d’apaiser le degré d’inquiétude parmi la population. Hier lors de sa conférence de presse, le ministre de l’Agriculture a minimisé l’ampleur de l’irrigation par les eaux usées. Le ministre a indiqué que ce sont des cas isolés. D’ailleurs, il a précisé que les inspections réalisées depuis le début de cette année font ressortir que 40 ha irrigués par des eaux usées sur un total de deux millions d’hectares, ajoutant que, pour ces cas, les services du secteur ont, de tout temps, réprimé par des poursuites judiciaires, des saisies de l’équipement d’irrigation et la destruction systématique des cultures. Si cette pratique de l’irrigation par les eaux usées est si marginale et que les fruits et légumes irrigués par ces eaux ne constituent pas un milieu d’évolution du virus du choléra, comment alors expliquer la levée de boucliers sur cette pratique ? Hier, selon l’APS qui cite le directeur des services agricoles de Médéa, plus d’une trentaine d’hectares de cultures maraîchères, suspectées d’être irriguées par des eaux usées a été détruite récemment dans plusieurs communes de cette wilaya dans le cadre de la lutte contre les maladies à transmission hydrique (MTH).

Saïd Smati


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