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émigration clandestine

Collo : recrudescence inquiétante des “boat people”

© D. R.

Le phénomène de l'émigration clandestine via la traversée du sud vers le nord de la Méditerranée prend de l'ampleur et devient le sujet local le plus développé dehors et en famille. Les parents qui ont des jeunes sans emploi vivent une véritable angoisse vu que chaque matin les gens se réveillent avec de nouvelles tentatives de “harga”. Durant cette dernière semaine, ces tentatives ont sensiblement augmenté vu que les conditions climatiques et surtout une mer calme comme de l'huile ont encouragé même les plus hésitants à tenter l'aventure.

Ce ne sont plus les tentatives sporadiques des années précédentes, ce sont de véritables marées humaines à l'image des “boat people” qui embarquent depuis différents points du littoral skikdi et principalement à partir de la baie de Collo. Selon des recoupements, c'est une centaine de jeunes à bord d'une dizaine d'embarcations de fortune qui a pris le large à partir du littoral du massif de Collo vers les côtes italiennes durant cette dernière quinzaine.

Durant cette période, seule une tentative de 12 jeunes a avorté après l'intervention des gardes-côtes de la façade maritime de Skikda. Plusieurs points de départ sont énumérés, mais celui de la plage de Lekbiba, entre Collo et Chéraïa, est devenu la mecque des harraga au point que sur un panneau de signalisation routière, installé à l'entrée ouest de la ville de Chéraïa, la destination de l'Italie a été rajoutée ironiquement à celle indiquant la direction vers Collo et Tamanart (voir photo ci-jointe).

C'est une destination “va-t-en-guerre” car le risque est au péril de la vie, mais cela ne décourage guère des jeunes qui ont perdu tout espoir de voir les choses s'améliorer dans une région considérée comme la plus marginalisée du pays. L'émigration clandestine n'a connu de répit que durant les premiers mois du début du hirak, les jeunes pleins d'espoir espéraient que les choses changeraient avant de retomber dans le désespoir.

Dès lors, la “harga” a repris de plus belle vers l'Italie via la traversée clandestine de la Méditerranée. Une destination, il faut signaler, seulement de transit avant de gagner le nord de l'Europe, notamment l'Angleterre où les opportunités de réussir seraient meilleures qu'en Italie ou en France.

Les nouvelles des harraga qui ont réussi à débarquer sur l'autre rive de la Méditerranée, transmises via les réseaux sociaux, et qui ne montrent d'ailleurs que le côté jardin de leur vie, encouragent les autres jeunes à tenter l'aventure, à faire de même.

Ce phénomène gravissime qui est en train de vider cette région de ses jeunes a même inspiré un cinéaste amateur local qui a réalisé une série de courts métrages qui fait le buzz sur les réseaux sociaux. Les autorités concernées ont le devoir de se pencher sérieusement sur ce fléau en prenant en compte les raisons réelles qui poussent ces jeunes à risquer leur vie pour fuir leur misère.

Des efforts devront être consentis pour rétrécir le fossé du déséquilibre du développement local entre une région et une autre. Cependant, ce ne sont ni les conseils ni les conférences sur le phénomène qui vont décourager les postulants à l'émigration clandestine. Il leur faut du concret, à savoir l’espoir de trouver un emploi et de fonder une famille.
 

A. Boukarine



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