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Forte mobilisation à Tizi Ouzou

Comme un 22 février 2019

© Liberté

Comme un peu partout dans le pays, la capitale du Djurdjura a renoué avec les vendredis du Hirak.

Alors que durant toute la matinée, rien ne présageait que la ville des Genêts se préparait à une mobilisation citoyenne, n’était l’impressionnant quadrillage policier prêt à étouffer toute tentative de manifestation. Et c’est par effet de surprise qu’une immense foule compacte a investi les principales rues de la ville.

Et ce sont les avocats qui ont donné le coup d’envoi pour ce qui allait ressembler à un remake du 22 Février 2019. Il était 10h, lorsque les centaines d’avocats, rassemblés dans l’enceinte de la cour de justice située à la sortie ouest de la ville, ont franchi le portail pour réinvestir, pour la première fois, cette rue interdite à toute manifestation depuis maintenant près d’un an. 

À peine sur la chaussée, les avocats, à leur tête le bâtonnier Salah Brahimi, déploient, d’un bout à l’autre de la rue, une large banderole sur laquelle on pouvait lire : “La volonté populaire est non négociable.”

Les slogans commencèrent aussitôt à fuser, appelant tantôt à l’indépendance de la justice et au départ du système, tantôt au respect des libertés et de la volonté populaire qui réclame un changement radical du système. Tous les slogans du Hirak ont ainsi été repris. La procession avance vers le centre-ville, mais elle ne l’avait pas encore atteint qu’elle avait déjà doublé en nombre. 

Des citoyens de passage ou venus spécialement prendre part à la célébration du deuxième anniversaire du Hirak la rejoignent spontanément. Nombreux étaient les drapeaux et les pancartes cachés sous le manteau et que l’on a brandis en se joignant à la marche.

La foule grossissait à vue d’œil. Voyant une telle marée humaine arriver, les premiers fourgons de police antiémeute, qui occupaient la place de l’ex-mairie du centre-ville, quittent les lieux en trombe. 

Rassurée par ce départ de la police qui laissait deviner que la répression n’était pas dans son agenda, la foule a, alors, entrepris de prolonger l’itinéraire de la marche jusqu’au rond-point menant vers le CHU Nedir-Mohamed, d’où la foule, qui drainait à ce moment-là plusieurs milliers de manifestants, a rebroussé chemin pour prndre la direction du siège de la cour.   

Cependant, à l’autre bout de cet habituel itinéraire des marches, à savoir à l’université Mouloud-Mammeri, l’impressionnant dispositif de la BRI, qui tentait, depuis la matinée, d’empêcher les manifestants regroupés sur place de marcher, a fini, lui aussi, par céder devant la pression.

Les étudiants et les citoyens qui s’y trouvaient entamèrent alors leur marche vers le centre-ville en scandant les mêmes slogans réclamant un changement radical du système, l’instauration d’un État civil et la libération des détenus encore incarcérés.

À la tête du premier carré de la marche, on aperçoit l’étudiant Walid Nekkiche, dont la torture a scandalisé l’opinion nationale et même au-delà des frontières. Pour lui, comme pour ses amis du Hirak qui l’entouraient, il était hors de question de ne pas participer à cette marche “quitte à retourner en prison”. 

En parcourant la rue longeant le CHU Nedir-Mohamed, la foule prend de l’ampleur, elle devient immense. Comme à l’accoutumée, il y avait autant d’hommes que de femmes, de vieux et de jeunes. Sur le boulevard Abane-Ramdane, appelé la grande Rue, une impressionnante marée humaine. Les deux marches convergent et se dirigent, dans une ambiance pacifique, vers l’habituel point de chute : le sanctuaire des martyrs de la place de L’Olivier. 

Ainsi, Tizi Ouzou a marqué le deuxième anniversaire du Hirak dans un esprit de lutte pour le changement que réclament les Algériens depuis   l’historique journée du 22 Février 2019. 
 

Samir LESLOUS


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