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LES DÉMARCATIONS DE LA FEUILLE DE ROUTE DU CHEF de L’ÉTAT S’ACCÉLÈRENT

Consensus pour le lâchage de Bouteflika

Les dernières sorties médiatiques des alliés de Bouteflika montrent que les lignes commencent à bouger et que le départ du Président à la fin de son mandat apparaît comme une option tranchée au sein du pouvoir.

Le maintien d’Abdelaziz Bouteflika à la tête de l’État après l’expiration de son mandat actuel et l’organisation d’une conférence nationale inclusive ne fait pas l’unanimité au sein même de ses alliés historiques. Rejetées par la rue, les propositions formulées dans les deux derniers messages attribués au chef de l’État font un flop au sein de ses soutiens.
Depuis quelques jours, c’est un nouveau consensus qui se dessine et ne vise nullement à défendre la feuille de route de Bouteflika. Cette concordance des positions, spontanée ou concertée, concerne le lâchage de Bouteflika par plusieurs de ses courtisans. En effet, cette évolution n’est pas l’œuvre d’une seule formation réputée proche de Bouteflika, mais elle est partagée, par plusieurs autres partis. Le premier à donner le la de cette “désobéissance” a été Ahmed Ouyahia, SG du RND. Quelques jours seulement après son renvoi du Premier ministère, il a appelé “à la satisfaction immédiate des revendications de la rue”. Ensuite, c’est le porte-parole du RND qui a jeté un pavé dans la mare en annonçant que le soutien au 5e mandat était “une erreur” et que “le pays est géré par des forces extraconstitutionnelles depuis quelques années”. Nonobstant le recadrage dont a fait l’objet Seddik Chihab par son parti, l’aveu qu’il avait fait a largement conforté la position de l’opposition qui a de tout temps dénoncé “une vacance du pouvoir”. Hier, c’est le porte-parole de l’instance dirigeante du FLN, Hocine Khaldoun en l’occurrence, qui s’en est pris à la feuille de route du chef de l’État, en annonçant l’inopportunité de tenir une conférence nationale inclusive. “Le FLN va réviser sa position vis-à-vis de la conférence nationale inclusive proposée comme sortie de crise”, a-t-il, en effet, avancé, ajoutant que “tout ce que proposent ces entités (pouvoir et opposition, ndlr) est refusé par la rue”. “Au FLN, nous disons que la conférence ne va pas régler le problème”, a-t-il asséné, soulignant que “ceux qui y seront conviés ne seront pas élus à cet effet”. M. Khaldoun n’a pas hésité à parler de cooptation. “Comment vont-ils faire pour coopter telle ou telle personne ?”, s’est-il, en effet, interrogé, ajoutant que ces gens qui prendront part à cette conférence “ne sont pas mandatés”. “La conférence ne servira à rien”, a-t-il fini par lâcher, indiquant que la solution réside “dans l’élection d’un nouveau président de la République”. Autrement dit, dans le départ immédiat d’Abdelaziz Bouteflika. Hocine Khaldoun préconise, pour gagner du temps, la mise sur pied d’une haute instance indépendante d’organisation des élections. Cette élection, préconise-t-il, aura lieu, une fois que des articles du code électoral seront revus pour assurer une meilleure transparence des élections. Dans sa proposition, M. Khaldoun estime que le futur élu aura à répondre aux exigences du soulèvement, donc, dans les plus brefs délais. Dans la même journée, Belkacem Sahli, président de l’ANR et fervent partisan de Bouteflika, a quasiment abondé dans le même sens en évoquant “une situation d’inconstitutionnalité” au-delà du 28 avril. C’est la première fois, en effet, que des proches de Bouteflika évoquent “l’illégitimité” de la prolongation du 4e mandat. Ces sorties spontanées ou concertées ne sont visiblement pas fortuites. Elles annoncent probablement un renversement et un retournement de positions, non seulement pour être au diapason de la rue, mais présagent, vraisemblablement, d’une évolution de la situation à un mois de l’expiration du mandat présidentiel. En affirmant pour le premier “la vacance du pouvoir”, “la nécessité de tenir une présidentielle” pour le second, mais aussi “l’illégalité de la prolongation du 4e mandat” pour le dernier, c’est un appel franc et direct pour le retrait de Bouteflika au soir du 28 avril.


Mohamed Mouloudj


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