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A la une / Actualité

Le premier ministre ne s’est pas rendu sur les lieux du drame

Crash : l’absence intrigante d’Ouyahia

Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia. © Archives Liberté

Cette attitude donne d’Ouyahia l’image d’un Premier ministre dont les platebandes sont scrupuleusement délimitées et dont les charges se confineraient, uniquement, dans l’intendance générale.

Mercredi, la nouvelle du crash de l’avion militaire devant assurer la liaison Blida-Tindouf, avec à son bord 257 passagers, est diffusée en boucle sur toutes les chaînes de télévision.  
Elle a vite fait le tour du monde. Sur les lieux du drame, un champ agricole, mitoyen avec l’aéroport militaire de Boufarik, des citoyens accourus des environs, les services de secours mais surtout des militaires. Le vice-ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, qui effectuait, depuis lundi, une visite de travail dans la 2e Région militaire (Oranie), écourte sa mission et vole illico vers Boufarik.
Pendant ce temps-là, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, présidait, rue Docteur-Saâdane, une réunion du gouvernement. Un cable de l’APS, diffusé peu de temps après la catastrophe, a informé, en effet, que les membres du gouvernement, qui étaient en réunion, ont observé une minute de silence. Le Premier ministre n’a pas jugé nécessaire d’interrompre la réunion pour se rendre à Boufarik, à moins d’une demi-heure de route d’Alger. Il n’a pas jugé nécessaire de le faire ou alors n’a-t-il pas eu le feu vert de le faire. La deuxième hypothèse paraît plus plausible, car, devant une telle tragédie, l’État, incarné par le président de la République et le gouvernement, se doit d’être visible.
Valable partout ailleurs, cette règle, sinon l’usage, devait l’être tout autant chez nous. L’ampleur de la catastrophe, survenue qui plus est aux portes de la capitale, recommande le déplacement sur les lieux non pas du Premier ministre seulement, mais d’une bonne partie de l’Exécutif, si ce n’est l’ensemble des ministres. On comprend que le chef de l’État n’ait pas pu s’y rendre, son état physique ne le lui permettant pas, mais qu’aucun membre du gouvernement, hormis le vice-ministre de la Défense, ne se soit avisé de faire le déplacement est pour le moins intrigant.
Vu l’état de santé de Bouteflika, il revenait au Premier ministre d’assurer pour la circonstance une présence de l’État. Et des ministres, à l’instar de ceux de la Santé, de la Solidarité, de l’Intérieur et de la Communication, devaient se rendre sur les lieux de l’accident. Or, ils ne sont allés ni à Boufarik ni à l’hôpital militaire d’Aïn Naâdja où les corps des victimes du crash avaient été acheminés, laissant à Gaïd Salah le soin d’assurer la présence de la haute autorité de l’État.
Il est vrai que le crash concernait un avion militaire, mais il n’est dit nulle part que seuls les militaires doivent y faire face. La symbolique de l’État devait être incarnée par une autorité politique, comme cela se fait un peu partout de par le monde en pareille situation. Il revenait aussi à la même autorité politique de s’exprimer et ne laisser personne d’autre le faire à sa place, encore moins un chef de parti, soit-il Ould Abbes.
On se rappelle que lors de la prise d’otages au site gazier de Tiguentourine, c’était le Premier ministre Abdelmalek Sellal qui s’était présenté devant les médias. Alors, que signifie cette attitude d’Ouyahia et de son gouvernement ? Elle donne d’Ouyahia, pour le moins, l’image d’un Premier ministre dont les platebandes sont scrupuleusement délimitées, et dont les charges se confineraient uniquement dans l’intendance générale.
D’ailleurs, jusqu’ici, pour s’exprimer sur les questions politiques intéressant le gouvernement, le Premier ministre a toujours attendu l’opportunité de se confondre avec le chef de parti pour le faire. Le constat reste valable, même s’il vient aujourd’hui au-devant de la presse.


Sofiane AÏt Iflis


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1 réactions
yanis le 14/04/2018 à 13h34

"il n'a pas eu le feu vert de le faire " ? on cherche des poux dans la tête de "kojak" , pour les "suivistes" et "démocrates" de salon ? merci, pour la censure !

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