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A la une / Actualité

Les femmes et le marché de l’emploi en Algérie

De l’invisibilité à la précarité

Ghania Eddalia, ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme. ©APS

Seulement 19% des femmes algériennes travaillent. C’est ce qu’a révélé, hier, la ministre de la Solidarité nationale en marge du séminaire ayant pour thème : “La femme et le marché de l’emploi”.

Cette rencontre de deux jours qui se tient depuis hier, à l’hôtel El-Aurassi, a été organisée  conjointement par la Commission européenne pour la démocratie et le droit, le Conseil   constitutionnel et la direction générale de la Fonction publique et la réforme administrative. “Le niveau d’intégration de la femme dans la sphère économique ne reflète pas nos ambitions et le contenu de nos textes juridiques, notamment la Constitution. Nous devons œuvrer  à hausser ce taux pour correspondre au niveau  d’études et de compétence des femmes algériennes. Notre vœu est d’atteindre les 50% de présence de femmes sur le marché de l’emploi”, a ajouté la ministre de la Solidarité.
Elle affirme que l’Algérie n’est pas concernée  par la problématique de l’inégalité des salaires qui se pose aujourd’hui avec acuité dans certains pays européens. “La parité des salaires   est un droit depuis l’indépendance dans le  secteur public. Dans le secteur privé, l’inégalité des salaires existe, mais elle représente un très faible pourcentage.”
Il existe une forte présence des femmes, selon  les chiffres officiels, uniquement dans le secteur de la justice, de l’enseignement et de la santé. “Dans la sphère politique, la participation de la   femme est appréciable, mais nous aspirons  à plus”, commente la ministre.
Le président du Conseil constitutionnel a qualifié ce séminaire de “contribution très utile en écho à l’article 36 de la Constitution, suite aux amendements de mars 2016”. L’article  en question encourage l’accès de la femme aux   responsabilités dans les institutions et administrations publiques ainsi que dans les entreprises. Seulement, plus d’une année après l’introduction de cet amendement dans la loi  fondamentale, presque rien n’a été entrepris dans ce sens. À part la promulgation d’une loi  organique qui fixe un niveau de représentations des femmes dans les Assemblées à un tiers contre moins de 10% auparavant. Le président   du Conseil constitutionnel reconnaît que la mise en œuvre de l’article 36 de la Constitution “nécessitera la participation d’un grand nombre  d’acteurs et des mécanismes particuliers”, sans toutefois citer lesquels.
L’ancienne ministre déléguée à la Recherche scientifique et, actuellement, ministre de la Solidarité, Souad Bendjaballah, pense qu’en dépit de la féminisation de la Fonction publique, la  situation demeure majoritairement inégale entre les hommes et les femmes. “La femme est désavantagée par l’organisation du travail, le plan de carrière, la mobilité, la garde des enfants, le partage des tâches domestiques et le choix du déroulement du parcours professionnel. Réduire les inégalités en cours de carrière est le défi des années à venir pour plus de visibilité dans le secteur économique”, a-t-elle soutenu. L’ambassadeur de l’UE en Algérie a, d’emblée, avancé qu’il était “illusoire de parler d’égalité des salaires sur le marché de l’emploi et dans la vie économique de l’Union européenne. La femme algérienne doit contribuer à la transition économique de son pays. Nous œuvrons à intégrer cette dimension dans nos axes de coopération”. La ministre de la Solidarité nationale, Souad Bendjaballah, chargée de modérer la rencontre, a conclu : “Les femmes  sont passées de l’invisibilité à la précarité. Elles restent exposées à l’insécurité économique alors que les liens de solidarité familiale tendent à disparaître.”

Nissa H.


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