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A la une / Actualité

Face à la répression et À la succession qui se prépare

Démission quasi générale de la société !

Les libertés d’expression et de manifestation malmenées. ©Yahia/Archivrs Liberté

Alors que le pouvoir prépare les conditions de son maintien “au pouvoir”, quelles qu’en soient les conséquences, la société algérienne, classes politique et syndicale comprises, se mure dans un silence assourdissant.
Une démission qui inquiète et n’augure rien de bon pour un pays qui vient de sortir d’une longue période d’instabilité politique et sécuritaire.

Dimanche 12 août. Alors qu’une bonne partie de la population est en congé (une petite proportion s’offre des vacances), quelques militants politiques tentent de donner de la voix. Ils se sont rassemblés à la place des Martyrs pour dénoncer le projet qui vise à offrir au chef de
l’État la présidence à vie. Des figures de l’opposition et des militants des droits de l’Homme sont embarqués dans des fourgons de police. Ils sont malmenés et soumis à des interrogatoires musclés juste pour avoir osé exprimer une opinion politique.
Au même moment, des militants et autres activistes des réseaux sociaux se trouvent derrière les barreaux. C’est le cas de Merzoug Touati qui fait une grève de la faim en prison pour protester contre les conditions de sa détention. Sa famille est inquiète. Face à ce déni de libertés, la classe politique et les associations de défense des droits de l’Homme sont quasi absentes. À l’exception de Talaïe El-Houriat et de la Laddh qui ont rendu publics des communiqués pour dénoncer la répression, c’est le vide “sidéral”. À l’image des citoyens qui, dimanche, passaient indifférents à la place des Martyrs et  ne semblaient pas être concernés par les policiers qui interpellaient des militants politiques. Comment cela est-il possible ? “Franchement, il est difficile de répondre à une telle question dans les conditions actuelles de notre pays”, a tout simplement répondu, spontanément, la sociologue Fatima Oussedik, contactée, hier, par téléphone. “Étant moi-même en manque d’horizon, il est difficile de fournir des prévisions sur quoi que ce soit”, a-t-elle encore regretté. La sociologue, qui s’est récemment distinguée en compagnie d’autres collègues en dénonçant leur mise à l’écart du Centre de recherches en économie appliquée et développement (Cread), “défie quiconque de donner des prévisions ou des perspectives pour le pays dans les années à venir. L’horizon est bouché !”. L’analyse, succincte certes, donne froid dans le dos. Dans une remarquable tribune publiée en guise d’adresse au général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, dans le journal électronique Tout sur l’Algérie (TSA), la députée du FFS et journaliste Salima Ghezali pense, de son côté, que l’immixtion, durant des années, de la “police politique”, qui a érigé la force “comme mode de régulation des structures” politiques et sociales, a créé une “situation propice à la désorientation cognitive de citoyens, qui, entre le gourdin du parkingueur, le doberman du redresseur, la milice privée du général, la vénalité du magistrat, la ‘chkara’ des clones du Bouchi, le ‘sale boulot’ du commis de service, le cachet du bureaucrate-racketteur et l’ukase de l’apparatchik, ne peuvent plus trouver d’espace où faire librement société”. “La violence et la corruption ont rongé jusqu’à l’os les structures de la société et de l’État”, ajoute la parlementaire. Autant dire que le pays est loin de se remettre de ses démons !

Ali Boukhlef


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