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A la une / Actualité

Mobilisation des compétences expatriées

Des Algériens au Forum des diasporas africaines

Farid Yaker, du forum France-Algérie, a sans doute raison d’espérer que les prix des hydrocarbures ne montent pas très haut afin que les autorités algériennes ne détournent pas le regard des expatriés, fortement sollicités ces derniers temps, pour participer à l’effort de développement national. “La présence d’économies rentières décourage l’appel aux diasporas”, a-t-il déploré lors du Forum des diasporas africaines qui s’est tenu hier au
Palais des Congrès de Paris.
Cette manifestation d’envergure, organisée sous le haut patronage du président français Emmanuel Macron, est une première initiative qui vise à fédérer les acteurs de la coopération entre les deux rives de la Méditerranée, dans le cadre de projets de co-développement qui impliquent largement les compétences issues de l’immigration africaine en France.
Environ 2 000 participants ont pris part à cet événement où les élites d’Afrique subsaharienne étaient largement représentées. Les Algériens, qui étaient peu nombreux, ont réussi, néanmoins, à faire entendre leur voix en relatant leurs propres expériences pour construire des passerelles entre leurs pays d’accueil et d’origine.
Farid Yaker, qui milite depuis de nombreuses années pour la mobilisation des compétences expatriées en faveur du développement de l’Algérie, s’est désolé “de la perte sèche” subie par le pays, à la suite de l’exode graduel de sa matière grise. “Entre 300 000 et 500 000 cadres ont quitté l’Algérie depuis les années 70. Ce sont des promotions entières d’informaticiens, de polytechniciens et de médecins”, a-t-il indiqué, faisant remarquer, par ailleurs, que les retours au pays sont rarement réussis pour plusieurs raisons (salariales, niveau de l’école, environnement culturel…).
Pour autant, la cause n’est pas tout à fait perdue. Farid Yaker se félicite du développement encourageant de l’univers des startup qui récupèrent une partie des diplômés des universités algériennes et qui sont aidées par des expatriés (de la Silicon Valley par exemple) désireux de promouvoir l’écosystème algérien.
Il a aussi mis en exergue l’engagement des médecins qui gardent une attache avec leur pays en s’investissant dans plein de projets de soins et d’équipement. Mais au-delà des initiatives individuelles, le président du forum France-Algérie souhaite que la contribution de la diaspora soit mieux structurée et rentabilisée à travers la mise en place d’espaces de concertation avec les autorités algériennes.
Ce vœu est aussi celui de Karim Idir, président d’Afranc Network (un réseau transméditerranéen de dirigeants d’entreprise) qui se réjouit de l’annulation pour les émigrés de la règle 49/51 relative aux investissement. “Il faut aussi que nous puissions, de notre côté, saisir l’occasion pour mettre en place des partenariats et monter des projets”, fait-il savoir. Le moyen, selon lui, consiste à activer une véritable diplomatie économique qui rapproche les PME des deux côtés de la Méditerranée mais aussi de l’Afrique subsaharienne.
Ce projet est celui que défend en particulier, Amina Kara, co-présidente de l’agence de recrutement, International Talents Network (ITN). Cette ancienne responsable de la communication chez Airbus pense qu’il est possible de créer un réseau qui favorise la mobilité des étudiants africains à l’intérieur du continent.
“Les gens ignorent qu’il y a de très bonnes universités en Afrique”, explique la patronne d’ITN. Elle regrette par ailleurs que les entrepreneurs algériens, y compris dans l’émigration, ne profitent pas suffisamment des opportunités d’investissement en Afrique. En mai dernier, son agence a été sélectionnée au Sénégal parmi une trentaine d’entreprises africaines qui multiplient les initiatives innovantes en direction du continent.

De Paris : Samia Lokmane-Khelil


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