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Opération de vote en France

Des consulats accusés de fraude au profit du FLN

Opération de vote de la communauté algérienne en France. © D.R.

La liste des récriminations comporte des faits relatifs au bourrage des urnes et à la manipulation des registres d’émargement des électeurs. Des responsables de postes consulaires sont également montrés du doigt pour avoir fait campagne en faveur des candidats de l’ex-parti unique.

L’opération de vote pour les législatives algériennes en France n’a rien de différent de celle qui s’est déroulée en Algérie. Elle est caractérisée par un faible taux de participation (estimé par les représentants de certains candidats  dans les bureaux de vote à 8%) et des soupçons de fraude massive en faveur des deux candidats FLN qui ont été élus dans les régions nord et sud de la France. Selon plusieurs sources, des faits avérés de tripatouillage des résultats ont été constatés dans plusieurs bureaux de vote. Les candidats du RCD, du FFS, d’El-Moustakbel et de la liste indépendante dirigée par l’ex-députée Chafia Mentalechta ont d’ailleurs introduit un recours pour l’annulation des suffrages dans le bureau décentralisé de Creil, dans le val d’Oise (nord de Paris). Dans cette région, la consule est accusée d’avoir laissé le candidat du FLN organiser lui-même l’opération de vote. “Je me suis rendu dans le bureau de Creil. Des personnes sans badges faisaient campagne devant la porte et demandaient aux votants de choisir systématiquement le bulletin numéro 34 qui désigne le représentant du FLN. La consule à qui j’ai demandé de remettre de l’ordre s’est contentée de dire que tout se déroule normalement”, raconte Mme Mentalechta.
De son côté, Abderrahmane Meziane Cherif, ancien consul général de l’Algérie à Paris, a, dans un communiqué rendu public jeudi, accusé ouvertement la diplomate de partialité : “Il est apparu clairement que la consule d’Algérie à Pontoise (Val d’Oise), s’était transformée en agent électoral pour un candidat du FLN qui s’est pratiquement installé dans les lieux, transformant les locaux consulaires, en principe neutres, en PC personnel. Il ne s’agit pas d’une calomnie, dans la mesure où il existe des preuves (vidéos et photos) établissant ces faits de manière rigoureuse. Comment une responsable consulaire peut-elle se mettre de manière aussi ostentatoire au service d’un candidat ?”, a-t-il dénoncé, tout comme l’a fait l’Association de la communauté algérienne établie à l’étranger (DZ Alcaee). Cette organisation a mis en exergue le rôle d’un responsable des associations au consulat de Pontoise, Djamal Bouras (réélu député FLN de la région nord). Plus globalement, l’association s’est élevée dans une missive adressée à l’ambassade d’Algérie à Paris, contre le rôle de soutien que plusieurs consuls ont joué en faveur des candidats de l’ex-parti unique. Certains auraient organisé des réunions publiques alors que d’autres auraient, comme le souligne Meziane Cherif, fourni les adresses des électeurs au candidat FLN qui les auraient utilisées pour distribuer des flyers et des prospectus de campagne. “Les données personnelles de ces citoyens auraient été ainsi divulguées, causant un préjudice certain, non seulement à nos compatriotes émigrés, mais aussi à l’institution consulaire, pour le seul bénéfice d’un candidat”, s’est indigné l’ancien consul qui a, en outre, fait état d’une fraude caractérisée.
“Cette fraude donne amplement raison à Ould Abbes lorsqu’il dit que l’état, c’est le FLN”, observe pour sa part Mme Mentalechta. L’ex-députée assure que le trafic des résultats a ciblé en grande partie les bureaux décentralisés installées dans les villes éloignées des postes consulaires où la communauté algérienne est nombreuse. Elle cite des cas avérés à Rouen, Caen, Sarcelles et Lille. “Nous avons pris des photos d’urnes où des piles de bulletins ont été alignées”, déplore l’ex-candidate. Selon elle, les remplissages ont eu lieu durant l’entracte de trois jours qui a caractérisé cette année le vote en France (les suffrages ont eu lieu les 29 et 30 avril puis le 4 mai). “Les urnes étaient à l’abri des regards et personne n’y a eu accès sauf les agents de l’État”, souligne Mme Mentalechta. Notre interlocutrice évoque aussi la manipulation des registres d’émargement des électeurs pendant cette période. Elle a eu, par ailleurs, à constater que le FLN a dépêché des observateurs dans tous les bureaux de vote, pour contrôler le déroulement du scrutin. “Ils étaient en force sans compter le fait qu’ils ont bénéficié de l’ensemble de l’appareil de l’État du sommet jusqu’au planton”, fait encore remarquer l’ex-députée.
Comparant les élections qui viennent d’avoir lieu à celles de 2012, elle estime que  l’enjeu politique pour le système est cette fois différent. “Il y a cinq ans, le pays allait mieux. Le Président n’était pas malade. Aujourd’hui, nous sommes face à un système aux abois qui a besoin de tout verrouiller”, explique celle qui a représenté les Algériens de France pendant les cinq dernières années à l’APN. Empêchée de retourner dans l’hémicycle, elle reste néanmoins optimiste, assurant que “l’Algérie est en train de clôturer un cycle et se dirige irrémédiablement vers un nouveau cycle”.


S. L.-K.

 



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1 réactions
Brahms le 07/05/2017 à 19h25

A peine 8 % de votants et que des vieux venus voter. Beaucoup rêve, ils sont toujours dans le mite du retour au pays mais après 40 ans en France c'est très difficile de revenir dans un pays qui ne s'intéresse jamais à vous.

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