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A la une / Actualité

L’état refuse de les approvisionner en matières premières

Des dizaines de minoteries inactives

Les propriétaires des nouvelles minoteries dans le pétrin. © D R

La question reste posée : comment un tel secteur d’activité, “fermé” pourtant par le gouvernement,  continue-t-il de susciter l’intérêt des opérateurs économiques ?

Plusieurs dizaines de minoteries, fraîchement édifiées, n’arrivent pas à démarrer leur activité à travers plusieurs régions d’Algérie. Les propriétaires attendent toujours l’approvisionnement de leurs usines en matières premières par les pouvoirs publics. Ce sont autant d’investissements mis en place par ces opérateurs qui se trouvent actuellement bloqués à cause de l’absence de blé tendre, indispensable pour leur production. Cette situation est, en fait, engendrée par la décision prise par le Premier ministre qui a ordonné au ministère de l’Agriculture de ne plus approvisionner en produits subventionnés par l’État les minoteries et les semouleries créées à compter de l’année 2017. Une mesure motivée par la hausse d’environ 60% de la facture d’importation des produits et autres intrants liés à l’activité céréalière. Une demande de plus en plus forte en matières premières (des céréales essentiellement) exprimée par le nombre, sans cesse en augmentation, de minoteries recensées sur le marché national. Ce dernier est saturé. Mieux, les besoins nationaux en farine et semoule ont été largement couverts par les unités déjà opérationnelles depuis des décennies. Il n’empêche que de nouvelles usines continuent curieusement à recevoir leurs agréments. Des banques leur ont même accordé des crédits pour la construction de leurs usines et l’achat des équipements nécessaires. Or, après avoir parcouru tout le chemin “semé d’embûches”, du reste, et consenti de gros efforts pour implanter leurs moulins, ces investisseurs ont été stoppés net par la décision des pouvoirs publics. “Il y a parmi nous ceux qui se trouvent criblés de dettes avant même que le projet ne voit le jour !”, déplorent-ils dans une lettre adressée au Premier ministre. Dans leur courrier, ils dénoncent une “politique de deux poids, deux mesures pratiquée par certaines institutions qui ont délivré, dans des délais records, des quotas de blé à des minoteries nouvellement créées”. Leurs diverses contestations auprès des ministères de l’Agriculture et de l’industrie se sont avérées vaines. L’on se demande, toutefois, comment un tel secteur d’activité, “fermé” pourtant par le gouvernement, continue-t-il de susciter l’intérêt des opérateurs économiques ? Certains investisseurs seraient, visiblement, attirés par les subventions accordées par l’État pour les matières premières. L’on peut citer un décret toujours en vigueur depuis 1996 qui fixe le prix du blé tendre cédé aux minotiers par l’OAIC à 1 285 DA. Un tarif jugé attractif pour réaliser de bonnes affaires. De cette matière première, quelques gérants de moulin en font un commerce juteux en doublant, voire en triplant, ses prix, indique une source. D’autres, plus perfides, utiliseraient la matière première pour fabriquer des pâtes alimentaires, du couscous ou autres produits dérivés. Ce n’est, apparemment, pas le cas de ces investisseurs qui sollicitent, à ce propos, l’intervention d’Ahmed Ouyahia pour l’ouverture d’une enquête et mettre fin à “ce cauchemar qui dure depuis plusieurs mois”. Cela dit, un observateur, très au fait du marché des céréales, se demande pourquoi de tels investisseurs privés, qui ont installé leurs usines sur fonds propres, n’achètent-ils pas, eux-mêmes, leurs matières premières à l’international ou directement chez les agriculteurs ?   


B. K.


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1 réactions
yanis le 18/03/2018 à 20h37

"pourquoi de tels investisseurs privés, qui ont installé leurs usines sur fonds propres, n’achètent-ils pas, eux-mêmes, leurs matières premières à l’international ou directement chez les agriculteurs ? "parce que ceux sont des hommes des affaires juteuses.

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