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Secteur des hydrocarbures

Des réformes à l’arrêt en attendant la transition

© D.R

La révolte populaire, pacifique et salutaire que connaît l’Algérie depuis le sursaut du 22 février n’affecte guère le secteur hautement stratégique des hydrocarbures. Les récentes évaluations d’analystes, mais aussi d’organismes internationaux, dont l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ou encore l’Agence internationale de l’énergie (AIE), n’indiquent en effet rien qui laisserait supposer un quelconque impact du contexte de contestation politique qui prévaut en Algérie depuis douze semaines sur la production pétrolière et gazière du pays. Hormis le mouvement de grève observé au sein de l’une des plus importantes filiales de la compagnie nationale des hydrocarbures, en l’occurrence l’Entreprise des grands travaux pétroliers (GTP) — qui, du reste, est liée aux revendications socioprofessionnelles des travailleurs — aucune perturbation notable n’a été signalée jusque-là dans le secteur énergétique depuis le début des marches pacifiques pour un changement de régime politique. Mieux encore, le groupe Sonatrach a même fait état, il y a à peine une semaine, de quatre nouvelles découvertes importantes réalisées en effort propre dans les domaines du pétrole et du gaz. Et comme le font si bien remarquer les observateurs, les marches pacifiques qui touchent quasiment toutes les villes du pays depuis près de trois mois n’ont entravé en rien les sites d’exploitation pétrolière et gazière dans les régions du Sud. Pour autant, hautement stratégique qu’il soit car assurant pas moins de 95% des recettes du pays à l’exportation, le secteur national des hydrocarbures risque bel et bien de subir à terme les effets, non pas du mouvement populaire en soi, mais de la crise politique et des lenteurs et résistances empêchant actuellement un processus de transition crédible et légitime pour pouvoir ensuite mettre en branle de nécessaires réformes économiques. En ce sens, la relance de l’investissement dans le domaine de l’exploration pétrolière et gazière, aux fins surtout de renouveler les réserves du pays et de freiner le déclin de la production, constitue l’une des urgences vitales auxquelles il faudra faire face, en favorisant surtout l’apport des grandes compagnies pétrolières internationales. Celles-ci, faut-il le rappeler, attendent depuis belle lurette — en tout cas bien longtemps avant le mouvement du 22 février — de voir s’améliorer un tant soit peu l’attractivité économique et la stabilité juridique de l’Algérie pour pouvoir y consentir quelques investissements et répondre ainsi aux appels d’offres que lance régulièrement Sonatrach, mais qui demeurent souvent infructueux. Aussi, le contexte énergétique mondial étant devenu hautement concurrentiel depuis la chute des prix du brut en 2014, la révision de la loi sur les hydrocarbures, attendue depuis plusieurs mois, devrait constituer un véritable point d’articulation pour améliorer l’attractivité du pays à l’investissement dans les domaines du pétrole et du gaz. Une révision, des plus vitales en somme, des dispositifs législatifs, mais qui restera, sans nul doute, suspendue à l’avènement d’un gouvernement reconnu par le peuple et qui aura, dès lors, la légitimité nécessaire pour entreprendre la réforme d’un secteur aussi sensible que celui des hydrocarbures. 

Akli R.


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