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A la une / Actualité

Cherté de la pièce détachée

Des surfacturations frauduleuses en cause

©D. R.

Le marché de la pièce de rechange a enregistré une flambée sans précédent chez plusieurs concessionnaires automobiles algériens. Cette hausse, que d’aucuns imputent à l’érosion de la monnaie nationale, vient de trouver ses origines à la lumière d’une enquête qui a touché
30 constructeurs automobiles dans le monde. Ces derniers avaient surfacturé la pièce détachée sur les marchés européen, américain et asiatique et ont gonflé les prix à l’exportation pour engranger des sommes d’argent astronomiques, au grand dam des millions de clients dans le monde, dont l’Algérie. Et si le client algérien se plaint de la cherté du marché de la pièce de rechange, mais aussi de la pénurie qui frappe des pièces pour des dizaines de marques qui avaient baissé rideau au lendemain de la suppression des licences d’importation, il n’en demeure pas moins que les autres opérateurs qui continuent d’activer sont approvisionnés par leurs fournisseurs historiques qui ont recouru à l’usage d’un logiciel truqué pour surfacturer leurs pièces détachées. Selon le média en ligne Médiapart, qui se réfère à des documents accablants, plus de 30 constructeurs “ont engrangé 1,5 milliard d’euros en gonflant artificiellement de 15% le prix de leurs pièces détachées, estimant que l’impact de ces hausses a certainement été plus large, et ce, grâce à un logiciel fourni par le géant du conseil Accenture”. En France, aux États-Unis d’Amérique, comme en Allemagne, en Grande-Bretagne et au Japon, ce trucage a provoqué des ravages au niveau du service après-vente (SAV), selon des documents confidentiels fournis et partagés avec le réseau European Investigative Collaborations (EIC), l’agence Reuters et le quotidien belge De Standaard. Selon ces documents, grâce à un programme informatique très sophistiqué, baptisé Partneo, et qui avait été mis au point en 2006 par Laurent Boutboul, un développeur français, les opérateurs “vendaient déjà leurs pièces de rechange à des tarifs exorbitants, soit jusqu’à cinq fois leur prix d’achat en moyenne”, selon les documents confidentiels. L’enquête a révélé, en ce sens, que ces constructeurs engrangeaient jusqu’à 80% de marge sur la pièce de rechange, notamment sur les pièces détachées dites “captives”, c’est-à-dire sans concurrence, et qu’ils écoulaient chez les industriels. Ces pratiques scandaleuses avaient permis à des marques qui ont pignon sur rue “d’obtenir des résultats spectaculaires, avec 15% de hausse et un gain cumulé de plus de 800 millions d’euros à ce jour”, notamment dans l’Hexagone. Ce gros trafic n’était pas sans incidence sur le marché algérien où le client paye une simple réparation deux à trois fois plus cher chez le concessionnaire qui recourt au subterfuge de la garantie. Cette affaire prend, désormais, l’allure d’un véritable scandale international, d’autant que le marché de la pièce de rechange pèse jusqu’à 13% du chiffre d’affaires des constructeurs et près de 50% de leurs revenus nets. À ce jour, ces hausses abusives ont généré un gain de 2,6 milliards d’euros en dix ans au préjudice des consommateurs.

FARID BELGACEM


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